La Handicraft Training Academy, inaugurée fin de semaine dernière à Coromandel, est destinée à aider à la promotion et au développement de l’artisanat comme un business viable et durable, tout en augmentant le nombre d’artisans à Maurice.
« Je ne dirai pas que tout a été fait dans ce secteur car il reste encore beaucoup à accomplir. Mais toute chose a un début. J’espère que les artisans prendront avantage des facilités qui leur sont offertes par cette académie », a déclaré le ministre du Business et des Coopératives Sunil Bholah lors de l’inauguration de cette académie la semaine dernière. Le ministre a souhaité que les artisans puissent fabriquer des produits artisanaux de qualité, qui attireront les touristes de passage à Maurice. « De retour de Rodrigues, tous les voyageurs rentrent avec un chapeau en paille sur la tête, même s’ils ne sont pas habitués à en porter. Pourquoi ? Pour se souvenir de leur visite dans cette île. Maurice aussi doit être de même. Les touristes doivent rentrer dans leurs pays avec un souvenir de chez nous », a-t-il dit.
La création de cette académie et d’un Craft Laboratory est le résultat d’une rencontre, il y a quelques mois, entre les dirigeants de la SMEDA et les artisans engagés dans le secteur. Ces derniers ont fait état de leurs problèmes pour fabriquer et écouler leurs créations avant de soulever la question de l’importation des produits de l’étranger, qui peuvent être fabriqués à Maurice. D’après les chiffres cités par Sunil Bholah, Maurice importe pour environ Rs 200 M de produits artisanaux chaque année, principalement d’Asie et de Madagascar. « Certains de ces produits artisanaux ont trait directement au patrimoine mauricien, tel la terre des sept couleurs et le dodo, qui est unique à Maurice. Nous ne pouvons accepter une telle situation », a fait ressortir le ministre. La majeure partie des produits artisanaux, souligne-t-il, est destinée aux touristes. « Nous devons avoir de quoi offrir à ces visiteurs », insiste le ministre.
Pour développer et faire progresser ce secteur, Sunil Bholah dit miser sur la formation qui, selon lui, « a une responsabilité face au déclin de l’artisanat mauricien ». Et de poursuivre : « Nous devons donc offrir la formation voulue et trouver des marchés. Des discussions sont en cours avec les autorités aéroportuaires et celles qui gèrent des échoppes où nous pouvons exposer nos produits. Et aussi avec l’Inde et Madagascar, deux pays qui sont très forts dans ce domaine, pour qu’ils envoient des “master craftsmen” à Maurice en vue de former des formateurs. La formation reste le maître mot, pas seulement dans l’artisanat mais dans tous les autres secteurs. »