Corinne Desvaux de Marigny redonne une nouvelle vie à des objets en verre transparent ou en porcelaine qu’elle achète dans le quartier chinois à Port-Louis. Ainsi, assiettes, service de table, vases prennent des couleurs vives ou des couleurs plus naturelles selon ses envies. En quoi consiste cette technique? Chaque objet peint nécessite une procédure particulière, notamment pour éviter à la peinture de couler ou de«mal sécher». Après avoir trouvé l’objet, Corinne va soigneusement le nettoyer : «Il faut bien nettoyer et dégraisser le support avec de l’alcool. Une fois que le verre est débarrassé de ses salissures, je peux alors commencer à le peindre». Elle va donc travailler avec des peintures spécialement développées pour le verre et adaptées pour la cuisson au four et un tube de cerne. Le cerne est une sorte de pâte qui se présente en tube avec un embout fin qui permet d’être précis lorsqu’on l’applique. Cette pâte crée des reliefs sur le support et permet d’empêcher la peinture de couler. L’opération s’effectue en plusieurs étapes, dont la cuisson au four et le séchage qui dure 48 heures entre chaque couche de peinture. Car, quelle que soit la taille de la pièce à peindre, l’attente est longue : «Si on respecte toutes les étapes, la peinture ne sortira pas, surtout que l’objet est parfois destiné à usage alimentaire». Avant de s’adonner à cette activité, le talent de Corinne s’exprimait d’abord à travers la peinture. «Je peins depuis que je suis très jeune, mais en amateur». Après avoir passé des années à peindre des tableaux, son autre passion, la décoration, l’a conduite à trouver un moyen d’expression alliant les deux centres d’intérêt. La peinture sur verre ou sur porcelaine devient pour elle un moyen privilégié.
Les techniques, les couleurs sont une fascination nourrie lors de ses nombreux voyages et d’apprentissage auprès de différents artisans. Elle se déplaçait souvent, car elle exerçait le métier d’hôtesse de l’air. «J’ai débuté ma vie professionnelle à l’âge de 18 ans comme hôtesse de l’air. J’ai arrêté quand je me suis mariée, car difficile à concilier avec la vie de famille. J’ai alors travaillé dans une agence de voyage».Loin d’être inactive, elle s’adonne à ce qu’elle a toujours aimé: peindre. Et puis quand elle le pouvait, elle voyageait et elle profitait de ses déplacements à l’étranger pour se former à d’autres arts. Si de ses nombreux déplacements, Corinne Desvaux a gardé le goût de l’artisanat, c’est au cours d’un voyage en Afrique du Sud que cette ancienne hôtesse de l’air a trouvé son art: la peinture sur verre, séduite par le travail des artisans locaux. Les cours par correspondance ont suivi, notamment en Angleterre.
Toujours de nouvelles choses
Son amour pour la peinture sur verre a commencé par sa fascination depuis très jeune pour les vitrailles des églises. La peinture sur verre était le moyen le plus rapproché de pouvoir pratiquer cet art qui lui ressemble. Et une fois à l’aise avec cette technique, elle a commencé à travailler avec d’autres supports: porcelaine, céramique, etc. Son imaginaire et talent ont fait le reste.
«Une fois que j’avais touché à cette activité, ça m’a vraiment tenu en haleine, on découvre toujours de nouvelles choses et il y a eu une multitude de choses à peindre !»,dit-elle. Après toutes les formations qu’elle a reçues, elle peint sur plusieurs supports en multipliant ses modèles à partir de sa seule source d’inspiration: son feeling. «Je travaille au feeling, mais il arrive que je puise mes inspirations des tendances actuelles, et en fouillant sur internet». Corinne y consacre douze heures quatre fois la semaine. Pour elle, le temps consacré à son art, ce sont des instants de complicité avec la matière et les couleurs. Naissent alors des pièces ou des familles d’objets, des services de table, des cadres.
C’est en 2005 qu’elle décide de créer sa marque Rinco Arts : «C’est le pseudonyme qu’on me donnait durant mes années au collège, Rinco c’est Corinne à l’envers, mais sans l’E.».Aujourd’hui, elle compte deux gammes: une pour les touristes et l’autre pour les Mauriciens. Dans son atelier à Curepipe, Corinne y passe des heures «J’y travaille quatre fois par semaine pendant 8 heures. Quand je peins, je ne pense à rien, je suis concentrée sur ce que je fais. Je consacre un jour à la rechzerche des supports ou à faire  la livraison et le marketing», raconte-t-elle.
Dans sa collection qu’elle met en vente chez Popy’s Market à Floréal, ou encore à Essential au Caudan, ce sont des tasses, des tableaux, des assiettes et d’autres objets que l’on peut admirer. Sur chaque bout de porcelaine, verre ou céramique, apparaît une représentation des animaux, des fleurs. Passionnée par les loisirs créatifs, elle avoue qu’elle ne cessera pas d’apprendre et peut-être de se diversifier.«J’aimerais me mettre à la poterie», dit-elle.