Si le secteur de l’artisanat est malade, « le gouvernement ne le laissera pas tomber », affirme le ministre du Business et des Coopératives, Sunil Bholah. « Ce secteur a été négligé durant les années précédentes. Je vous promets des actions pour le relever et le remettre sur les rails », a-t-il déclaré hier après-midi, devant une bonne centaine d’artisans réunis au siège de la SMEDA, à Coromandel.
Sunil Bholah dit partager le constat de certains concernant l’artisanat à Maurice, selon lequel 90 % des produits vendus aux touristes à Maurice proviennent de l’étranger. Et d’ajouter qu’en termes de valeurs, le pays importe pour environ Rs 200 M de produits artisanaux. « Ce qui est très mauvais alors que nous avons 750 artisans qui travaillent à Maurice », dit-il. Le gouvernement ne peut empêcher ces importations « mais nous devons voir comment dénoncer les faux produits mauriciens tels que les terres des sept couleurs qu’on importe ».
Le ministre estime qu’on ne manque pas de produits artisanaux à Maurice. « De nombreuses opportunités existent dans ce secteur si on travaille de pair avec les différentes traditions et cultures du pays. Nous pouvons adapter cette richesse pour le bien de ce secteur », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Les artisans peuvent aussi utiliser le thé et la canne à sucre qui sont en voie de disparition pour revaloriser l’artisanat. Nous devons aller au-delà du dodo, des maquettes de bateaux, des T-shirts, des bijoux fantaisie ou des plateaux et des paniers pour offrir aux touristes des produits de qualité qui leur rappelleront leur visite à Maurice. »
S’agissant des endroits stratégiques où l’artisanat mauricien peut être mis en vente aux touristes, le ministre parle du View Point dans les Gorges de Rivière-Noire où il y a certes des vendeurs « mais ils vendent des fruits, des ananas, des concombres, des mangues, alors que des touristes visitent la région ». « C’est malheureux, il y a aussi Chamarel et Grand-Bassin. Je ne vous dis pas que c’est gagné d’avance, mais nous devons nous battre ».
Par ailleurs, relève le ministre, les artisans manquent de formation. À ce sujet, il indique avoir contacté des experts indiens dans le domaine qui sont disposés à aider les artisans mauriciens. « Nous allons aussi travailler avec les Malgaches qui sont de très bons artisans et qui savent travailler le bois ». Un Local Handicraft Steering Committee sera bientôt institué au sein du ministère du Business et des Coopératives pour se pencher sur un plan d’action pour l’artisanat.
Pour sa part, le Managing Director de la SMEDA, Pahlaj Servansingh, estime que les problèmes affectant ce secteur ne sont pas insurmontables. « Les artisans doivent être réalistes, le monde évolue, les frontières économiques disparaissent, nous ne pouvons gagner sur tous les fronts. Si le gouvernement libéralise les importations, c’est pour faciliter l’entrée de nos autres produits dans les autres pays », souligne-t-il.