L’équipe d’Opera Mauritius est apparue sûre d’elle et confiante hier matin face à la presse, forte d’un partenariat avec la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), d’une campagne de presse fructueuse en Allemagne, et d’une formule résolument moins coûteuse que la précédente. L’opéra La Traviata sera présenté du 13 au 22 septembre au MGI avec l’Orchestre Régional de la Réunion renforcé par les solistes de métropole.
Chanté en italien, La Traviata se déroule néanmoins à Paris et les producteurs de la prochaine version mauricienne ont choisi d’en situer l’action dans les années 1920, alors que les femmes se coiffaient à la garçonne, telle Louise Brooks ou Coco Chanel, adoptaient des robes droites à taille basse, dansaient le charleston et agitaient ostensiblement de longs fume-cigare. Giuseppe Verdi a créé cet opéra en trois actes au célèbre théâtre vénitien de la Fenice, en mars 1853. Œuvre majeure du répertoire, La Traviata, qui signifie “la dévoyée”, a d’abord été intitulé Amore e morte. Si la première fut un fiasco, sa reprise un an plus tard fut un véritable triomphe.
Lors d’un dîner, Alfredo Germont, jeune homme de bonne famille, tombe amoureux de la courtisane Violetta. Par amour, cette dernière délaisse ses nombreux amants pour vivre sa passion avec Alfredo. Mais le père de ce dernier la persuade d’abandonner son fils au nom de la morale. Violetta écrit une lettre de rupture, la maladie dont elle était atteinte réapparaîtra à la faveur de son chagrin. Soutenue par sa fidèle camériste, Flora Bervoix, Violetta se meurt. Apprenant que Violetta n’a cessé de l’aimer, Alfredo reviendra vers elle furieux contre son père et repentant. Rongée par la phtisie, Violetta meurt dans ses bras.
Relativement court par rapport à Carmen, cet opéra intimiste est particulièrement long pour Violetta Fleury qui chante presque tout le temps. Véronique Zuël-Bungaroo s’en réjouit d’avance, habituée aux rôles titres tels que celui de Leila qu’elle a si bien tenu dans Les Pêcheurs de Perles. Femme éblouissante, femme amoureuse et vertueuse, femme sacrifiée, Violetta reprend le personnage de Marguerite Gauthier dans La dame aux camélias. Alexandre Dumas fils a ainsi consacré une grande part de son oeuvre à la condition féminine et à la prostitution. Marie Duplessis a été son modèle pour la création de ce personnage emblématique de la littérature romantique.