S’il a habitué public et acheteurs à des paysages impressionnistes ou classiques incendiés par les flamboyants en fleurs ou des scènes port-louisiennes réalisées en compagnie de Serge Constantin, Jocelyn Thomasse et quelques autres amoureux du patrimoine de nos villes, Roger Charoux a emprunté depuis une dizaine d’années une voie parallèle qui le mène peu à peu dans le monde des formes et couleurs qui prennent sens par elles-mêmes plutôt que par la réalité à laquelle elles pourraient faire référence. La galerie Imaaya se propose de montrer cette voie de traverse, ce cheminement vers l’abstraction à travers la sélection d’une trentaine de toiles réalisées ces dernières années avec, en contrepoint, quelques petits formats tout à fait classiques. L’exposition se tient dans ses nouveaux locaux de Phoenix (bâtiment The Cubicle) du 26 septembre au 16 octobre.
Si des natures mortes, des nus ou paysages transparaissent dans la plupart de ces tableaux, nombre d’entre eux valent principalement par le pouvoir suggestif des couleurs et des formes. L’image ci-contre, qui illustre l’invitation, résulte d’une vision des champs de Médine après la coupe, étalant leurs ocres, grillés par le soleil, avec cette couleur de paille séchée se mêlant à la terre brun rouge. Dans ces vallonnements qui semblent réfléchir l’ardeur du soleil à la manière du désert, une trouée verdoyante et aquatique fait figure d’oasis et d’espoir.