Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ashit Gungah, a rassuré les entrepreneurs en déclarant que le gouvernement leur facilitera la tâche afin de créer un environnement propice à l’épanouissement des entreprises et sera à l’écoute de leurs préoccupations afin de mieux répondre à leurs attentes. « Celles-ci vont être prises en compte dans la formulation des politiques économiques nationales ». Il est intervenu, ce matin, à la 166e assemblée générale de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Maurice qui a eu lieu à l’hôtel Le Labourdonnais.
Selon le ministre de l’Industrie, le taux de croissance à atteindre est de 5,7 %. En marge de cet objectif, il a déclaré que le gouvernement veut donner une nouvelle impulsion à l’ensemble du secteur manufacturier à travers des incitations budgétaires et fiscales. « Nous devons favoriser la consolidation et la diversification dans les marchés traditionnels et non-traditionnels, y compris régionaux, en offrant une assistance aux entreprises », a-t-il déclaré. Il a estimé qu’une fois achevée, la National Export Strategy sera un instrument catalyseur qui répondra aux attentes des exportateurs mauriciens subissant une érosion de leur traitement préférentiel sur le marché international. « Le secteur manufacturier gagnera ainsi en productivité et compétitivité », a-t-il fait ressortir.
Le ministre du Business et des Coopératives Soomilduth Bholah a, lui, estimé que Maurice se trouve maintenant à une nouvelle époque « où nous sommes ouverts pour le business et nous voulons en parler. Vous avez sûrement remarqué qu’à travers la politique du gouvernement et l’esprit du budget, we mean business. Nous facilitons le lancement des affaires, les aidons à grandir, à employer et à investir pour une meilleure île Maurice », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cependant, le modèle économique adopté durant la dernière décennie a fait son temps. Nous avons progressé et nous avons besoin maintenant d’un nouveau modèle et des mesures innovatrices. Nous allons réussir si nous pouvons soutenir le nouveau modèle économique. »
Soomilduth Bholah a rappelé que la démarche du gouvernement depuis décembre dernier est de faire des Petites et Moyennes Entreprises (PME) l’épine dorsale de l’économie mauricienne. « Nous voulons créer une nouvelle race d’entrepreneurs, libérer l’esprit créatif de la jeune génération, le nourrir et le développer afin de faire d’eux des entrepreneurs de classe mondiale », a-t-il déclaré. Et de souligner que l’entrepreneuriat doit faire partie du programme d’études scolaires. « Nous voulons préparer les étudiants à naviguer à travers le chaos et faire face à la difficile situation de l’entrepreneuriat. Ce qui, pour moi, est un moyen intéressant pour stimuler le potentiel individuel à développer des solutions créatives à pouvoir faire face aux défis. »
Pour Sébastien Mamet, président sortant du MCCI, malgré le taux de croissance de 3,5 % réussi en 2014, un peu plus fort que les 3,2 % enregistrés en 2013, le taux reste encore loin du taux moyen de 5 % obtenu durant les années précédentes. « La vérité est que notre rendement est inférieur à notre niveau de développement. Nous ne devons pas nous comparer aux économies avancées car notre structure économique n’est tout simplement pas la même », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « nos taux de croissance à travers tous nos indicateurs économiques majeurs ont été soit, négatifs ou insuffisants, que ce soit au niveau de la consommation, de l’investissement ou de la balance commerciale ».
Sébastien Mamet a dit qu’autant l’investissement est important pour la croissance autant celle-ci est importante pour le premier. « Le faible taux de croissance dans le pays reflète largement la chute continue du taux de l’investissement qui est tombé à moins de 20 % alors que nous avons besoin d’un taux moins 25 % pour créer des emplois durables », a-t-il déclaré. Le taux de chômage qui, a-t-il indiqué, tourne autour de 7,8 % « nous rappelle fortement les défis qui nous attendent. »
Le président de la MCCI a estimé que des mesures fortes doivent être prises pour développer le « knowledge industry » en tant que nouveau pilier de l’économie si Maurice veut devenir un pays à hauts revenus dans le moyen terme. « Il y a lieu de motiver les entrepreneurs à investir dans l’éducation, la recherche et le développement et l’innovation en créant les conditions régulatoires, financières et fiscales nécessaires. Malheureusement, cet élément majeur n’a pas été pris en considération à l’exception de la mesure budgétaire concernant la diaspora mauricienne que nous pensons est une bonne idée pour faire revenir nos talents. »