Les foires internationales qui ont lieu régulièrement au Freeport de Mer-Rouge ou au Centre Swami Vivekananda à Pailles sont loin de faire l’unanimité chez les commerçants locaux. Le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice (FCCM) critique sévèrement ces événements qui, dit-il, portent préjudice aux commerçants de l’île qui doivent déjà faire face au fléau des marchands ambulants. Surtout qu’avec l’approche des fêtes de fin d’année ceux-ci pénalisent les importateurs locaux qui font venir, à grands frais, les mêmes marchandises pour leurs clients.
L’Asian International Trade & Cultural Expo 2014 qui a été lancée en grandes pompes vendredi dernier au Freeport de Mer-Rouge, avec un parterre d’invités constitué notamment de ministres et de parlementaires, est critiquée par le FCCM. Ce front soulève une série d’interrogations sur la tenue de ce genre de foires internationales, notamment sur l’identité des organisateurs étrangers et le nombre des participants venant de pays éloignés ayant des populations plus élevées que Maurice. Le président du FCCM, Raj Appadu, a fait ressortir que certains de ces pays, tels la Syrie et l’Egypte, étaient en proie à des troubles intérieurs sévères. « Quels intérêts portent ces pays participants pour notre île minuscule ? S’agit-il tout simplement d’un effet d’annonce afin d’attirer le plus grand nombre possible des visiteurs locaux pour encaisser les recettes provenant des droits d’entrée ? » s’interroge Raj Appadu.
Les commerçants émettent de sérieuses réserves à l’idée que les conteneurs de marchandises de ces businessmen étrangers fassent l’objet de contrôle de qualité systématique par le ministère.
Il convient de souligner que les règlements (ndlr : Consumer Protections Events Regulations) pour l’organisation des foires commerciales et des salons d’affaires ont été revus en début d’année par le ministère de l’Industrie, du Commerce et la Protection des Consommateurs. Mais, selon le FCCM, ces règlements amendés depuis le début de cette année « n’ont rien changé dans le fond puisque les mêmes organisateurs se présentent à chaque fois, quitte à changer les appellations des foires qui sont organisées ». Cette association des commerçants dit avoir demandé au ministère de tutelle si les règlements en question permettaient aux organisateurs « de tenir d’autres manifestations en même temps que les activités qui ont strictement trait à la tenue des foires commerciales ».
Le FCCM s’interroge de plus sur le droit d’entrée exigé par les organisateurs de foires comparé aux grandes foires internationales où le visiteur ne doit débourser aucune somme d’argent pour accéder au salon. « En tant que commerçant ayant fréquenté des grandes foires internationales dans plusieurs pays en vue de procéder à des prospections d’achat et d’importation des produits de consommation, nous estimons qu’aucun droit d’entrée ne devrait être exigé », fait-on remarquer.