Dans une lettre au ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell, Lalit demande au gouvernement mauricien de soutenir l’Équateur dans sa démarche d’accorder l’asile politique à Julian Assange, réfugié à l’ambassade équatorienne à Londres. Des États d’Amérique latine se réunissent ce vendredi pour discuter de l’octroi de l’asile politique au cofondateur de Wikileaks.
« Ne serait-il pas approprié que le gouvernement mauricien, à travers votre ministère, accorde son soutien à ces pays d’Amérique latine qui se rencontrent ce vendredi 24 août 2012 pour discuter de l’octroi de l’asile politique à Julian Assange, cofondateur de l’organisation Wikileaks ? » écrit Lindsey Collen, porte-parole de Lalit, dans sa lettre à Arvin Boolell.
Lindsey Collen soutient que le ministre des Affaires étrangères de l’Équateur a avancé des arguments « très convaincants » pour expliquer pourquoi son gouvernement a décidé d’accorder l’asile politique au cyberactiviste. « Le gouvernement d’un petit pays a décidé de défier les nations les plus puissantes de la Terre », commente-t-elle.
L’activiste de Lalit argue que cette affaire à des liens directs avec Maurice. D’abord l’État mauricien a utilisé en partie les Wikileaks Cables de Julian Assange pour son cas contre le gouvernement britannique sous la Convention des Nations unies sur les Lois de la mer. En outre, ces Wikileaks Cables ont été acceptés comme preuves dans le procès qu’intente Olivier Bancoult aux autorités britanniques devant la justice de leur pays. « Ces Wikileaks Cables peuvent avoir un rôle clé sur la question de souveraineté et sur celle du droit de retour », estime Lindsey Collen.
Puis, poursuit-elle, ces documents ont permis au peuple de Maurice de prendre conscience de la forte pression diplomatique exercée par « l’impérialisme militaire » contre les Seychelles pour la signature d’un « Status of Forces Agreement » (SOFA) et comment le gouvernement mauricien a su résister à de telles pressions.
Enfin, Lindsey Collen rappelle que c’est un Mauricien, le défunt Chef juge Rajsoomer Lallah, qui, le premier au monde, a statué sur la nécessité de donner l’asile politique à quelqu’un qui risque la peine de mort dans un pays vers lequel on l’extrade. « Dans ce cas-là, les USA ont clairement démontré leur intention d’obtenir l’extradition de Julian Assange de la Suède vers leur territoire où la peine de mort est toujours en vigueur », commente-t-elle. « Veuillez noter, Monsieur le ministre, que M. Lallah a défendu ce en quoi il croyait en refusant le statu quo et qu’aujourd’hui, son opinion est finalement devenue une loi internationale », ajoute-t-elle.
Dans la même foulée, la porte-parole de Lalit suggère au ministre de demander au Haut Commissaire de l’Afrique du Sud à Maurice de demander à son gouvernement de soutenir également l’Équateur. « Ce serait le début de la mise en oeuvre d’un réseau de soutien panafricain à ces pays d’Amérique latine qui ont décidé d’être à côté de l’Équateur », explique-t-elle.