Sourier Errapah (34 ans), un habitant de Rose-Belle, a comparu devant la juge Gaitree Jugessur-Manna aux Assises ce matin. Accusé du meurtre du vigile Lakshman Rao Yenkadu (59 ans), dont le cadavre a été retrouvé carbonisé dans un champ de cannes en 2011, il a plaidé coupable sous une charge d’assassinat. Alors que la poursuite réclame une sentence n’excédant pas 60 ans « for a brutal killing », la défense demande une sentence ne dépassant pas 30 ans.
Sourier Errapah, alias Lallah, est accusé d’avoir assassiné Lakshman Rao Yenkadu. Il a plaidé coupable matin devant les Assises. Lors du procès, le sabre utilisé pour commettre le crime a été présenté en Cour, ainsi que les déclarations de l’accusé à la police après son arrestation.
L’irréparable s’est produit le 29 mai 2011, alors que Sourier Errapah et Josian Daniel Laverdure avaient décidé d’aller s’emparer de vieille ferraille et des batteries de véhicules dans un dépôt. Toutefois, les deux amis auraient été surpris par le veilleur de nuit, Lakshman Rao Yenkadu, aussi connu sous le nom de Vinod. Selon Sourier Errapah, le gardien les a reconnus et leur a lancé des injures. « Si li fer so bourzwa kone, la polis pou kone. Monn desid pou touy gardien-la. Monn trouv li vie e enn dimounn fasil pou bate », avait-il indiqué dans sa déclaration à la police.
Une dispute a alors éclaté durant laquelle la victime a été sauvagement agressée de « cinq à six coups de sabre » portés à la tête et au cou et aussi avec une batterie qui lui a été lancée au visage. Lorsque le vigile s’est écroulé, les deux malfrats ont brûlé la victime pour camoufler l’agression. Après quoi, ils ont pris la fuite. L’autopsie, pratiquée alors par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre, a attribué le décès à un « shock following multiple chops at head and neck ».
Douze heures après son forfait, Sourier Errapah est retourné sur les lieux du crime en se cachant dans un champ de cannes afin d’épier les mouvements de la police. Toutefois, lors d’une battue dans les parages, des membres de la MCIT l’ont aperçu avant de l’emmener au poste de police de Rose-Belle pour interrogatoire. Dans un premier temps, le suspect a nié toute implication dans le meurtre du vigile. Celui-ci a toutefois été trahi par des blessures et des traces de brûlure qu’il portait au visage. Questionné sur la provenance de ces marques, il devait rapidement passer aux aveux et relater les circonstances qui ont mené à l’assassinat du vigile.
En cour, l’accusé a présenté ses excuses, déclarant n’avoir pas eu l’intention de tuer le vigile et a demandé une dernière chance. Son homme de loi, Me Aullyboccus, a rappelé dans sa plaidoirie que son client a été surpris par le vigile ce soir-là et que son but consistait uniquement à voler de la ferraille. L’homme de loi a ajouté que c’est dans la panique que l’accusé a tiré son sabre pour agresser le vigile. L’avocat soutient que son client a coopéré pleinement avec la police, a montré des remords et a d’emblée plaidé coupable du crime commis. La défense a demandé une peine de prison n’excédant pas 30 ans.
La poursuite, représentée par Me Shakeel Bhoyroo, a elle réclamé une sentence n’excédant pas 60 ans de prison, considérant la gravité du délit. « A brutal killing », relève Me Bhoyroo. La sentence devrait être connue dans l’après-midi.