Le procès intenté à Jiawed Ruhumatally, poursuivi pour l’assassinat de Gérald Lagesse lors du braquage de la MCB en février 2005, a été appelé hier devant le juge Prithiviraj Fekna, qui préside ce procès en Cour d’assises. Le juge a rejeté la motion qu’avait logée Me Zaredhin Jaunbaccus, avocat de l’accusé, réclamant que la totalité du dossier de l’affaire, dont le procès verbal des audiences de l’enquête préliminaire, soit traduit en kreol. Le juge Fekna a soutenu que l’accusé ne sera pas privé d’un procès équitable car il est représenté par un avocat qui saura lui expliquer ses droits et le déroulement des procédures lors du procès.
L’avocat de Ruhumatally avait fait valoir le droit de son client de réclamer que la totalité du dossier de l’affaire, dont le procès verbal des audiences de l’enquête préliminaire, soit traduit en kreol. La Poursuite avait objecté à la motion. Le juge Fekna s’est prononcé hier s’attardant sur l’importance qu’un accusé puisse avoir accès aux détails concernant son procès dans une langue qu’il comprend. Se référant à d’autres cas dans d’autres pays, le juge a fait ressortir que si un accusé ne comprend pas une langue, lui procurer des documents pour sa défense dans cette même langue ne sert à rien. Cependant il a soutenu que chaque cas diffère et qu’il faut prendre en considération les circonstances entourant le présent procès. Le juge Fekna a déclaré que bien que notre Constitution garantit qu’un accusé bénéficie d’un procès équitable et qu’il soit donné les moyens pour assurer sa défense dans les meilleurs conditions, il a souligné que dans ce cas, l’accusé est représenté par un avocat. Le juge a soutenu que l’avocat de l’accusé comprendra tout ce qui se passe et que les risques qu’il subisse des préjudices est inexistant. La Cour a aussi fait ressortir que dans le passé l’accusé avait donné plusieurs dépositions à la police en présence de son avocat mais ne s’était jamais plaint de ne pas comprendre ce qu’il y avait dans le dossier en raison de la langue utilisée. « The Court fails to see how he will not benefit from a fair trial » a conclu le juge rejetant ainsi la motion. Le procès reprendra sur le fond le 2 septembre et devra durer deux semaines.
Rappelons que cette affaire remonte à février 2005. Deux complices de Ruhumatally, à savoir Daniel Désiré Steve Monvoisin et Jacques Désiré Laval Sambacaille, avaient accepté les faits qui leur étaient reprochés dans le cadre de la mort de Gérald Lagesse, ancien Customer Care Supervisor de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Le Directeur des Poursuites publiques avait logé une charge d’assassinat contre les deux accusés ainsi que contre Jiawed Ruhumatally. Les deux premiers nommés avaient décidé de plaider coupable si la charge était réduite à celle de « manslaughter » (meurtre sans préméditation). Ils ont écopé de 16 ans de prison. Le juge a dit avoir pris en compte le fait que les deux hommes avaient plaidé coupable ainsi que leur situation familiale. Le ministère public était représenté dans cette affaire par le State Counsel Me Nataraj Muneesamy. Il a appelé le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer (CPMO), à la barre des témoins. Ayant autopsié le corps de la victime en février 2005, le médecin légiste a expliqué que Gérald Lagesse avait reçu des coups sur tout le corps, causant même une fracture de son os nasal. Sa mort était due à une asphyxie du fait de son bâillonnement. Lors du procès, les deux hommes ont soutenu qu’ils ne voulaient pas la mort de Gérald Lagesse. Ils ont présenté leurs excuses à la famille, à la société ainsi qu’à la cour. Steve Monvoisin avait retenu les services de Me Yanilla Moonshiram alors que Laval Sambacaille, lui, était défendu par Me Ravi Rutnah.
Les voleurs avaient emporté quelque Rs 51,8 M. Si les recherches de la police ont permis de récupérer une somme de Rs 3 M, dissimulée sous un pont à Ébène, la majeure partie du butin demeure jusqu’ici introuvable. L’enquête avait été menée par la Major Crime Investigation Team.