Poursuivi devant les Assises pour l’assassinat de sa femme en mai 2006, Jean Désiré Huberto Charles a été appelé par la défense afin de raconter sa version des faits sous serment. Il a affirmé hier n’avoir pas tué sa femme et qu’il s’agit d’un suicide. Le prévenu a également dit qu’il manque certains détails dans ses statements. La liste des témoins a par ailleurs été amendée afin de permettre à un dénommé Farad de venir témoigner.
« Je n’ai pu voir ma femme après l’incident, d’ailleurs je reproche toujours cela à Farad », a déclaré Jean Désiré Huberto Charles. L’accusé de l’assassinat de Marie Greta Menes a été appelé à la barre des témoins hier afin de dire, sous serment, sa version des faits. Il a soutenu que son ami Farad lui a dit d’aller à la police, qui l’a retenu pendant 22 jours, ce qui fait qu’il n’a jamais pu revoir sa femme. Il a souligné qu’il manque des détails dans ses dépositions parce qu’il était sous le choc quand la police lui posait des questions. « J’ai vu la femme que j’aime brûler devant moi » a-t-il déclaré en ajoutant que « bizin pass ladan pou kone ».
Selon l’acte d’accusation logé aux Assises par le Directeur des poursuites publiques (DPP), Huberto Charles aurait immolé sa compagne. Il aurait aspergé sa femme avec du pétrole lampant avant de faire craquer une allumette. C’est la victime qui aurait fait cette déclaration à la police avant de mourir à l’hôpital de Candos où elle était admise. L’incident s’est passé le 6 mai 2006 à Solitude.
Huberto Charles nie en bloc ces accusations. Sous serment, il a soutenu qu’il aimait sa femme et n’aurait jamais pu faire un tel acte. « Je le jure… Je n’ai jamais tué ma femme », a-t-il déclaré. Le prévenu a raconté qu’il y a eu une brève dispute entre sa compagne et lui et celle-ci a déclaré que « monn plein ek sa lavi la mwa ». Il serait ensuite allé faire du bricolage. Ses sens se seraient éveillés à l’odeur du pétrole. En l’espace d’une seconde, soutient-il, Greta Menes se serait immolée à l’aide d’une allumette.
L’accusé a poursuivi son témoignage en disant qu’il a demandé à son voisin d’emmener Greta Menes à l’hôpital. Il se serait aussi brûlé en essayant de la sauver à l’aide d’une serviette. Son ami Farad l’aurait emmené à Port-Louis pour se soigner mais Huberto Charles aurait refusé disant qu’il voulait seulement voir sa femme. Insistant, Farad l’aurait convaincu d’aller à une clinique à Port-Louis.
Le prévenu, n’abandonnant pas l’idée de voir sa femme, aurait eu la mauvaise surprise d’apprendre de son ami qu’elle l’accusait d’avoir attenté à sa vie. « Mo ti dir li menti sa… Ki li pa kapav dir sa ek linn dir mwa met enn deposition », a-t-il dit. Il serait parti au poste de Pope Hennessy avant d’être pris en main par les officiers de Triolet. Quand il est sorti de la cellule policière de Rivière-du-Rempart après trois semaines, Greta Menes avait déjà rendu l’âme. « Kouma monn sorti monn al lor so tom… », a ajouté l’accusé.
La poursuite, représentée par Mes Mohana Naidoo (Assistant DPP), Vinod Rammaya et Jihad Nazir (State Counsels), procédera au contre-interrogatoire de Huberto Charles lundi. Le juge Prithviraj Fekna a toutefois mis les membres du jury en garde sur certains points soulevés par Huberto Charles lors de son témoignage. Il a expliqué que ses dires devront être confirmés par son ami Farad, qui ne serait pas à Maurice pour le moment. Les avocats de la défense sont Mes Rama Valayden, Sanjeev Teeluckdhary, Rouben Mooroongapillay, Neelkanth Dulloo et Eassen Soobramanien.