C’est le duo composé de Jean-Marc Ulcoq et Gilbert Merven qui a réussi un véritable tour de force dans l’exercice du choix de deux commissaires administratifs du Mauritius Turf Club pour les trois prochaines années. Avec 229 et 218 voix respectivement, Gilbert Merven et Jean-Marc Ulcoq ont réduit à quasiment néant les chances de ses challengers qui étaient Pravin Desai (122 voix) et Bruno Cayeux (124 voix), alors que Sam Coomar Heeramun était placé dans la catégorie des «also run» avec ses 8 voix. Un choix des membres du MTC — ils étaient 355 votants vendredi — qui ne reflète pas les tendances annoncées au début de la semaine écoulée. Qu’est-ce qui s’est passé dans la ligne droite? Qu’est-ce qui a causé la chute du duo Cayeux-Desai dont on disait qu’il était dans le « driving seat »? Qui a ou qui sont ceux qui ont causé cette interférence monstre pour que finalement le passage a été plus facile à obtenir pour Gilbert Merven et Jean-Marc Ulcoq?
Autant de questions qui hanteront pendant encore longtemps  les esprits, mais déjà on peut dire que quelque chose n’a pas marché dans les plans pré-électoraux de Bruno Cayeux et Pravin Desai. Le fait même que les deux hommes qui voulaient fait tomber Gilbert Merven et Jean-Marc Ulcoq, qui soit dit en passant dispose d’une «vote bank» importante sur les 355 membres qui se sont déplacés, ne se sont jamais affichés côte à côte, ne laissait présager rien de bon. Bruno Cayeux qui s’était officiellement déclaré être un candidat de «l’anti-clan» partait déjà sur un mauvais pied. Ajouter à cela, la série des sms à caractère communal qui ont circulé depuis le début de l’année et dont la note a été corsée avec la lettre anonyme qui a été envoyée à l’ICAC sur une éventuelle prise de pot-de-vin de la part d’un commissaire pour  avoir son «badge d’entrée» au sein du MTC à quelques heures du scrutin n’a eu pour effet que de regrouper tous les «fans»  en formant «collé-serré» autour du duo Ulcoq-Merven. Des actes qui ont donné ostensiblement de l’eau au moulin de ces derniers qui n’ont cessé de dire qu’ils sont victimes «d’une campagne malsaine.» A tort ou à raison, il faudra bien qu’un jour le board des commissaires ou l’administration explique comment 50 membres se sont retrouvés sur la liste des admissions pour 2012 et qui seront des votants l’année prochaine?
Atmosphère malsaine
L’atmosphère de vendredi après-midi dans les coulisses du MTC durant toute la durée de cette assemblée a été plus que malsaine. A peine le président du MTC avait eu le temps de terminer son bilan, que les attaques sont arrivées. Comme il fallait s’y attendre, le président sortant Gavin Glover a été placé au pied du mur par le duo Ramapatee et Tikanand Gujadhur sur notamment l’affaire National Theme et l’anniversaire de Bassant. Tout aussi bien  sur certaines de ses déclarations dans la presse. Avec son élégance d’homme de loi, Gavin Glover a su tiré son épingle du jeu, insistant sur le fait que l’AG annuel n’est pas le forum pour ce type d’interrogation. Dans la foulée, le Chief Stipe, Stéphane de Chalin devait aussi prendre pour son grade.
Ces prises de position n’arguaient rien de bon dans l’état d’esprit dans laquelle se déroulait cette assemblée, dont visiblement une grosse majorité n’est venue que pour faire son devoir de voter. Car ces membres ont passé le plus clair de leur temps  hors de la réunion pour le traditionnel exercice des pronostics.
A la fin de la partie protocolaire et après le début de l’exercice des dépouillements des bulletins de vote on a tout de suite vu un agâcement chez Gavin Glover. Dès les premiers 100 bulletins dépouillés, il était clair que l’avance pour le duo Merven-Ulcoq était conséquente. Et cette avance allait se creuser d’avantage puisque au décompte final, il y avait 105 voix de différence entre Gilbert Merven et Bruno Cayeux. Visiblement, le groupe qui a supporté les nouveaux commissaires ont voté bloc puisque Jean-Marc Ulcoq termine avec 218 voix, 11 voix de moins seulement que son leader. Pravind Desai quant à lui n’a pas fait mieux que l’année dernière avec seulement 122 voix.
Glover perdu dans ses pensées
Il était alors 19h15 lorsque Gavin Glover a annoncé au micro les résultats. Alors que les vainqueurs faisaient éclater les pétards et les «fans» d’Ulcoq et de Merven ont envahi le salon du MTC, Gavin Glover et Jean-Michel Giraud  avaient choisi de rester à l’écart. Les images des accolades et de la photo de famille après les résultats étaient à la fois saisissantes et inquiétantees. L’absence de Gavin Glover et de Jean-Michel Giraud laisse clairement comprendre que le board était divisé et ce qui allait se passer par la suite n’allait pas faire plaisir.
Car après avoir mis ses affaires personnelles dans sa voiture, l’homme de loi est quelque perdu dans ses pensées et prenait, sans aucun doute, la mesure  du sort qui l’attendait quelques minutes plus tard dans le bureau de Benoit Halbwachs pour le choix du président. Alors que Jean-Michel Giraud, lui, avait opté pour des discussions avec ses amis. A 19h30, les commissaires étaient appelés en réunion et en moins de 10 minutes Gavin Glover et Jean-Michel Giraud ont quitté l’un et l’autre le parking des tribunes sans un mot et prenant de court tous les journalistes au passage.
Il était 19h45 lorsque Gilbert Merven s’est approché des journalistes et sous les projecteurs, il annonça la décision du board de le nommer président du MTC pour cette année du bicentenaire. Un peu selon ses plans. Sous les applaudissements de quelques-uns de ses fans, restés jusqu’à la dernière minute.