C’est un tir à dix balles que le leader de l’opposition a choisi pour sa Private Notice Question de la rentrée. Bien qu’il ait été confronté à des difficultés pour faire accepter cette question par le bureau du Speaker, Paul Bérenger a néanmoins réussi à démontrer que les scandales se multiplient, MedPoint, Infinity, STC, Rose Garden, BOM, CEB, le chlore de la CWA, les recrutements au MITD, celui d’une Liaison Officer à la SMEDA et les propos de Dhiraj Singh Khamajeet et que les enquêtes, elles, qu’elles soient entreprises par l’ICAC ou la police, n’avancent guère. Si on a rien appris de bien nouveau, même pas s’il y a eu une quelconque démarche de l’État pour bloquer le paiement de Rs 1144,7 millions aux propriétaires de MedPoint, la question a eu le mérite de remettre quelques affaires oubliées au centre des préoccupations des parlementaires.
Le Premier ministre, à qui cette PNQ était adressée, a choisi le ton de la mesure et du consensus disant même son appréciation du souci du leader de l’opposition « for a successful fight against corruption from whichever quarters. I believe the hon. Leader of the Opposition, in his quest for truth, justice and fairness, shares my own conviction that we ought, responsibly and seriously in our respective constitutional role and not as leader of a political party, to be guided by due care and caution and not to be misled or allow ourselves to be ensnared by vested interests to thwart truth, justice and fairness ». C’était sans doute pour lui une manière d’opérer une distinction entre le MMM et ses nouveaux amis de l’opposition, le MSM.
C’est le Speaker qui s’est, en fait, attiré les foudres de l’opposition avec des prises de position parfois inexplicables et qui l’ont tellement exaspéré qu’à un certain moment, Paul Bérenger a lâché : « Ki mo ti bizin poz mo PNQ à Speaker mem », tellement ce dernier l’interrompait à chaque question supplémentaire. Tantôt pour dire que c’est au ministre directement concerné de répondre, tantôt pour justifier le fait que des réponses qui devaient être déposées ne l’on pas été parce que tel a été aussi le cas dans le passé.
Et ce ne fut pas la seule occasion où Kailash Purryag s’est, suite à ses décrets, retrouvé dans la ligne de mire de l’opposition. Abrupt vis-à-vis de Steve Obeegadoo qui annonçait plusieurs questions suite à celle, liminaire, qu’il avait adressée à Rajesh Jeetah sur l’aménagement d’un nouveau campus universitaire à Montagne Blanche en l’invitant à « start one by one », le député du MMM, qui est connu pour son élégance, n’en a pas moins été cinglant dans son explication puisqu’il a dit au Speaker que, « certainly, I have a few and I wanted to give notice. This was mere politeness, Sir ». Une véritable leçon de bonnes manières !