Ouf ! Les « meetings » prennent fin demain. Il ne reste que les derniers intervenants sur le budget 2012, lequel a finalement servi de plate-forme pour un virulent règlement de comptes entre le PTr et le MSM, et à un procès en règle du président de la République, sir Anerood Jugnauth, fait par la majorité. Pour clore ces débats demain, Kee Chong Li Kwong Wing, le vice-Premier ministre et ministre des Services publics, Rashid Beebeejaun, le leader du MSM, Pravind Jugnauth et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, prendront la parole, avant le résumé des débats par Xavier-Luc Duval.
C’est la première fois que des élus – surtout ceux du PTr et du MSM – adoptent une telle attitude à l’occasion d’un débat sur le budget. Ils ont été autorisés à faire de la basse politique partisane et à faire le procès de leurs principaux adversaires du moment, au lieu de discourir intelligemment sur les propositions budgétaires faites le 4 novembre.
En effet, ça a volé bien bas depuis samedi dernier, après un démarrage plutôt intéressant de cet important exercice du calendrier parlementaire. Les effectifs du MMM sont pour la plupart restés dans le champ de leurs dossiers respectifs, et la voie montrée par leur leader, Paul Bérenger. Ce dernier, lors du coup d’envoi des débats la semaine dernière, avait, certes, formulé des critiques à l’encontre de la politique économique du gouvernement. Mais il avait conservé un ton correct et sobre tout au long de son intervention.
C’est samedi dernier, en fait, que les choses ont commencé à déraper. Shakeel Mohamed a cru bon déterrer des propos tenus par Paul Bérenger contre sir Anerood Jugnauth au milieu des années 80. L’orateur suivant, Mahen Jhugroo ne s’est alors pas fait prier pour rappeler que l’actuel ministre du Travail avait commencé sa carrière politique au MSM, et qu’il avait pris ses distances après la célèbre affaire Gorah Issac, survenue en pleine campagne municipale.
Dès lors, le ton des débats devrait prendre un pli nettement plus partisan et revanchard. Sheila Bappoo, qui intervenait lundi, s’est elle aussi attardée sur le  « remake » de la plate-forme de 2000, comme si cela figurait dans le discours du budget 2012, et a fait une sortie en règle contre certaines décisions prises durant cette période.
Et comme chaque orateur du PTr devait faire un peu mieux que le précédent, le ministre Mookhesswur Choonee s’est étonné que le MSM, qui, dit-il, ne représente que 2%, réclame le même nombre de tickets que le MMM.