Le Remake MSM/MMM a été confirmé à mains levées par une forte majorité des délégués lors de l’assemblée de décision organisée par le MMM au centre municipal de Belle Rose samedi après-midi. Par conséquent les deux partis iront ensemble au meeting du 1er mai avec un nouveau slogan et s’engageront ensemble dans la campagne électorale en vue des prochaines élections générales.
Le leader du MMM, dans son intervention, a expliqué que les négociations entre le MMM et le MSM ont été conclues avec succès. Les discussions portaient respectivement sur le programme électoral, la répartition des principales responsabilités au niveau de l’État et la répartition des candidats. Le programme s’articule, entre autres, sur la lutte contre le communalisme, la consolidation de la démocratie, la lutte contre la corruption, le law and order, l’économie et la réforme électorale. S’agissant des responsabilités au niveau de l’État, Paul Bérenger a annoncé qu’il reviendra au MMM de nommer la personnalité qui succédera à Kailash Purryag à la tête de l’État. Le MSM nommera le vice-président. Le MMM choisira également le remplaçant de Razack Peeroo à la présidence de la Chambre ainsi que l’Attorney General, alors que le Chief whip à l’assemblée nationale sera choisi par le MSM.
Paul Bérenger a insisté sur le fait que le Remake veut dire une répartition équitable des tickets pour les élections générales, à savoir 30 pour le MMM et 30 pour le MSM. La liste ne sera pas rendue publique avant l’annonce de la date des prochaines élections générales. Il a reconnu toutefois que l’élaboration d’une liste de candidats ne se fait pas sans difficultés. Selon son expérience, « pou ena l’emmerdement, pou ena zoure », comme à chaque élections générale.
Le leader des mauves a aussi évoqué l’accouchement difficile du livre blanc sur la réforme électorale par le Premier ministre qui a annoncé que le document serait publié avant la rentrée parlementaire. Le PM, dit-il, se trouve devant trois choix : soit le document n’est que du « blablabla » et il récoltera des insultes, soit le document est inacceptable et l’opposition ne soutiendra pas le projet au parlement, soit les propositions sont positives. Dans ce dernier cas, l’opposition réclamera la présentation d’un texte de loi au parlement le plus vite possible.
Paul Bérenger a aussi évoqué les tentatives qu’il a qualifié de légitimes de la part du Premier ministre de casser le Remake. « Mo pa blam li parski li part of the game ». Il a évoqué les tentatives de dernière heure pour poursuivre Pravind Jugnauth et pour présenter la réforme électorale. Dans le cas de Pravind Jugnauth, il estime que l’ICAC aura à rendre des comptes. De plus, il a estimé que Pravind Jugnauth passera facilement pour une victime d’autant qu’à Maurice la population « pa kontan kan fer dominer ». Le MMM, dit-il, soutiendra l’insistance de Pravind Jugnauth en faveur d’un early trial, et l’Opposition suit par ailleurs de très près les activités du DPP. Évoquant la rentrée parlementaire, Paul Bérenger a déploré le fait que le clerk ait été poussé vers la sortie deux ans avant qu’il n’arrive à l’âge de la retraite.
Au début de son intervention Paul Bérenger a rappelé les raisons pour lesquelles il avait pris l’initiative de créer le Remake. Il a expliqué qu’il était convaincu que l’Opposition aurait été en mesure de mettre le Premier ministre en minorité. Il a reconnu que cela n’a pas été possible à cause des transfuges. Le fait de reconnaître cela, dit-il, est un acte d’honnêteté et de courage. Il a aussi parlé de l’existence de deux courants au MMM, l’un en faveur du Remake et l’autre préférant que le MMM aille seul aux élections ou avec le soutien d’un junior partner. Il s’est lui-même prononcé en faveur du Remake « même si je ne suis pas amoureux du MSM ». Il a expliqué qu’il était prêt à toute éventualité.
Après les interventions de plusieurs délégués, c’est le courant en faveur du Remake qui a prévalu. Quelques délégués se sont toutefois prononcés contre et on a observé au moins une abstention.