Le Premier ministre, qui s’est adressé samedi à l’Assemblée générale des Nations unies, a plaidé en faveur d’un accord global sur le changement climatique d’ici 2015. Il n’a pas manqué de faire mention des Chagos et de Tromelin. Dans le premier cas, Navin Ramgoolam estime qu’avec l’excision des Chagos du territoire mauricien, la décolonisation de Maurice et de l’Afrique reste incomplet. Quant à Tromelin, a-t-il précisé, des discussions entre la France et Maurice se poursuivent en vue de la conclusion d’un accord de cogestion de l’île et de ses zones maritimes sans mettre en péril la souveraineté de Maurice sur l’île.
Le Premier ministre a d’emblée condamné l’attentat terroriste perpétré au Kenya et qui a fait de nombreuses victimes, qu’il qualifie de crime abominable. Navin Ramgoolam a exprimé la solidarité de Maurice envers le gouvernement et le peuple du Kenya.
La question du changement climatique a occupé une large part du discours du Premier ministre. « We must start putting the interests of our home planet above everything else », a-t-il dit. Il a observé que l’existence même des petits États insulaires en développement (PEID) est menacée si des mesures concrètes ne sont pas prises par les dirigeants du monde. Il a fait allusion au cas de Maurice qui a dû faire face à des inondations subites entraînant des pertes de vie humaine et des dégâts matériels considérables. Le Premier ministre a préconisé une collaboration plus soutenue entre les États insulaires et la communauté internationale.
Navin Ramgoolam a expliqué que les petits États insulaires sont particulièrement éprouvés par la récession économique qui entraîne des pertes d’emploi et qui exacerbe l’inégalité. Ces États sont vulnérables à des secousses externes car ils dépendent sur des marchés étrangers pour le commerce, le tourisme et les investissements. Ils sont également très inquiets concernant les prix des produits alimentaires et pétroliers qui sont très volatiles.
Navin Ramgoolam a invité les décideurs à définir une nouvelle approche par rapport aux océans du monde car la « santé de nos économies dépendra de la santé des océans ». Dans ce contexte, les Nations unies devraient prendre l’initiative d’accroître l’espace économique des petits États insulaires pour favoriser le développement durable. Maurice a pour sa part organisé un Dialogue national pour promouvoir l’économie océanique comme un pilier du développement. Les activités économiques liées aux océans pourraient permettre à des îles de surmonter leurs vulnérabilités géographiques et accéder au rang d’État-océan plus conséquent.
Le Premier ministre a réclamé une réforme radicale du Conseil de sécurité des Nations unies en affirmant que l’Afrique mérite bien sa place dans cette instance. Les petits États insulaires et l’Amérique latine devraient aussi y être représentés. Toujours dans ce contexte de la réforme de cette instance, Maurice soutient les aspirations légitimes de l’Inde à siéger au Conseil de sécurité.
Navin Ramgoolam a aussi condamné l’excision de l’archipel de Chagos du territoire mauricien par la puissance coloniale avant l’accession de Maurice à l’indépendance et cela en violation de la loi internationale. En raison de cette décision britannique, le processus de décolonisation de Maurice et de l’Afrique reste encore inachevé. « I am confident that the UK and the US would want to be on the right side of history », a souhaité le Premier ministre.
Quant à Tromelin, qui fait partie intégrante du territoire mauricien, des discussions sont engagées avec la France en vue d’une congestion de l’île et de ses zones maritimes et cela sans porter préjudice à la souveraineté de Maurice sur Tromelin.
Parlant d’un re-energised Africa, le Premier ministre a salué le retour à la normale au Mali et exprimé son optimisme quant à une solution en République démocratique du Congo et à la crise malgache et cela grâce au soutien de la communauté internationale aux efforts entrepris par la SADC dans ces deux pays. Maurice pour sa part a accueilli au début de l’année une conférence ministérielle africaine pour soutenir l’intégration régionale.
Navin Ramgoolam a d’autre part accueilli la décision du Conseil de Sécurité sur la Syrie et invité la communauté internationale à encourager le dialogue national pour permettre au peuple syrien de vivre en paix et faciliter la restauration de la démocratie en Égypte. Maurice a réitéré sa solidarité avec l’Autorité nationale de la Palestine et le peuple palestinien dans leurs aspirations à se faire admettre aux Nations unies comme État membre.
Le Premier ministre a conclu que les dirigeants du monde devraient tout mettre en oeuvre pour que le monde devienne « a better, more prosperous and safer place for the whole of humankind ». Navin Ramgoolam a expliqué que les priorités du monde devraient s’axer sur l’élimination de l’extrême pauvreté, l’autonomisation des femmes, davantage d’opportunités en termes d’éducation et d’emploi pour les jeunes, l’amélioration du service de la santé et la gestion de l’énergie, de l’eau et de l’alimentation.