Le duel entre le duo Alain Noël-Donald Payen et Jean-Michel Giraud-Daniel Nairac a finalement tourné à l’avantage du premier nommé lors de l’assemblée générale annuelle élective du Mauritius Turf Club qui s’est tenue vendredi après-midi au siège du club. Alain Noël qui briguait un nouveau mandat, est arrivé en tête des suffrages suite au décompte des 557 bulletins avec 300 voix devant Donald Payen (294 voix) qui siègeront pour trois ans sur le board des administrateurs qui sera dirigé par Gilbert Merven, reconduit à une sixième présidence. Jean-Michel Giraud, qui n’avait jamais été battu à cet exercice auparavant, termine troisième avec 258 voix, tandis que Daniel Nairac a récolté 255 voix.
L’administrateur sortant Jean Michel Giraud et son colistier misaient sur la présence physique de l’oppostion silencieuse, tandis que l’autre camp avait abattu un travail de longue haleine en vue de récolter un maximum de procurations en leur faveur. Ce document, aurait-on appris, aura pesé lourd dans la balance lors des votes pour donner l’avantage à Alain Noël et Donald Payen annoncés comme les candidats de Gilbert Merven. On s’attendait à une arrivée dans un mouchoir de poche et le nul, donc la continuité, était un scénario auquel se serait satisfait une bonne partie des membres dans les deux camps.
Des pétarades
Cependant après le décompte de 200 bulletins, Alain Noël était déjà en tête avec 108, soit 3 de plus que Donald Payen, tandis que Daniel Nairac était troisième (85) devant Jean-Michel Giraud (82). Au fil des minutes, l’atmosphère s’est détendue dans le camp des futurs élus, et c’est au son des pétarades que le 2-0, et la victoire de Alain Noël et Donald Payen a été annoncée. Alain Noël s’est dit très satisfait des résultats qui, selon lui, sont la preuve du bon travail effectué depuis les trois ans où il faisait partie du board.
Avec des chiffres positifs à l’appui, il a parlé de continuité en ce qu’il s’agit du travail des administrateurs et s’est dit ouvert à des suggestions de la part des membres du club. «Je suis très heureux d’accueillir Donald Payen qui apportera certainement son expérience pour aider à l’avancement des courses à Maurice. S’agissant d’un éventuel nouvel hippodrome, le sujet reste d’actualité. Cependant, la priorité actuelle est la consolidation des finances du club qui est passé en une année, grâce aux efforts de tous et à la vision de notre équipe, du rouge au vert».
Donald Payen qui, tout comme Daniel Nairac, était un néophyte dans la course aux votes pour un poste d’aministrateur, était également heureux de son élection et il espère apporter son soutien à l’équipe dirigeante du MTC. «Je remercie ceux qui ont voté pour Alain Noël et moi. Les urnes ont parlé et maintenant il est l’heure de se mettre au travail autour du président Gilbert Merven. L’ancienne équipe a déjà fait du bon travail et on va bosser pour projeter le club dans le futur», dira le cadre d’Air Mauritius.
C’est sportivement que Daniel Nairac et Jean-Michel Giraud ont pris leur défaite. Le premier nommé a demandé aux administrateurs de travailler sur trois points dont il avait fait son cheval de bataille lors de sa campagne. «Il faut oeuvrer pour la bonne gouvernance, l’intégrité du club doit être assurée et la crédibilité du club en tant qu’organisateur et régulateur des courses doit être défendue au maximum», a soutenu Daniel Nairac. Jean-Michel Giraud n’était visiblement pas surpris des résultats en dépit du fait qu’il essuyait sa première défaite à ce genre d’exercice qui était, pour la première fois, supervisé par la Prime Partners. «J’ai eu les voix auxquelles je m’attendais. Il n’y a plus grand-chose qui me retient au MTC. Je vais d’avantage prendre mes distances du Champ de Mars», a-t-il déclaré.
Sans surprise
En ce qu’il s’agit de l’élection pour le poste de président, c’est sans surprise que Gilbert Merven a été reconduit au fauteuil qu’il occupe pour la sixième fois après 2007, 2008, 2009, 2012 et 2013. C’est sans doute fort de son nouveau «coup» au Champ de Mars et sans doute aussi libéré de son stress, Gilbert Merven s’est lâché contre une partie de la presse. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que ses piques étaient en direction de Week-End sans avoir eu le courage ni la décence de nous nommer. Il a notamment qualifié ceux qui écrivent contre son système de journalistes « kamikazes » et qui aurait, selon lui, “orchestré une campagne infecte à l’occasion de l’élection de deux nouveaux membres au board d’administrateurs pour la saison 2014”.
« C’est tout d’abord un honneur d’être le président du MTC pour la sixième fois. Je félicite les deux élus mais je suis chagrin pour Daniel Nairac et Jean-Michel Giraud. C’est ça la démocratie. Nous avons plusieurs projets et le principal sera de garder la tête hors de l’eau et ne pas connaître les mêmes expériences qu’en 2013. Nous pourrons compter sur Donald Payen pour la communication, alors qu’Alain Noël est déjà affecté à un travail au niveau du board. Je regrette la campagne infecte de certains et, là, je dois faire ressortir que certains journalistes et journaux ont agi comme kamikazes», a soutenu le président du MTC entouré de sa garde rapprochée qui l’attendait pour la fête de la rue St-Denis.
Dans son rapport sur la saison 2013, l’homme fort du MTC a souligné l’exploit de son équipe qui grâce à la rigoureuse mise en application d’un plan stratégique, a transformé le déficit qui s’élevait à Rs 28.5 m à un surplus de Rs 11m. Cet exploit financier a été réussi grâce, entre autres, à des augmentations des recettes provenant des Bookmakers (Rs 15M) et de Telebook et SMS Pariaz (Rs 11m) ou encore des profits de l’ordre de Rs 3.1M enregistrés par le Studio. Cela malgré la hausse de certaines dépenses comme les salaires de Rs 54.6m à Rs 57.8m.
Pas une AG de tout repos
Notons aussi que cette assemblée n’a pas été de tout repos pour le président du MTC qui n’a pas su quoi répondre face aux demandes du Dr Abdullah Atchia sur un proxy qui porte sa signature et qui aurait été utilisé à son insu. Le président Gilbert Merven a été incapable de répondre à cette question, comme il a été incapable d’expliquer sur les  frasques du Ian Paterson en tant que président de la chambre des commissaires des courses. A une question de Santos Gujadhur qui a invité le board à considérer le fait si Ian Paterson mérite ses salaires malgré tout ce qui a été dit par les différents boards d’appel durant 2013, le président du MTC a été plus qu’évasif.
Sur la question d’une augmentaion de plus de Rs 3 millions (Rs 4,7 millions) des bad debts du club, le président a été aussi incapable de répondre tant sur l’augmentation de cette somme ou encore les moyens mis en oeuvre pour récupérer ladite somme. Aveu de taille du président Gilbert Merven qui est venu dire devant l’assemblée que malgré sa vente depuis l’année dernière, le laboratoire est toujours sous la tutelle du MTC malgré qu’il a été vendu depuis l’année dernière à une compagnie privée.