Samuel Compty (en médaillon) trouve dommage que le football se retrouve aujourd'hui dans une telle situation

Samuel Compty : « Nous avons toujours dénoncé le fait que la fédération est dans l’illégalité »

Les problèmes internes pourrissent depuis un bon bout de temps déjà le paysage du football local et force est de constater que les choses ne sont pas prêtes de se décanter. Et pas plus tard que lors de la semaine dernière, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a décidé de suspendre toutes ses subventions à la Mauritius Football Association dans le sens où cette dernière ne s’est toujours pas mis en conformité avec le Registrar Of Association. L’actuel secrétaire de l’Union sportive de Beau-Bassin-Rose-Hill (USBBRH) et du comité régional des villes sœurs qui avait soulevé la question dans ces mêmes colonnes ne s’est nullement étonné des récents développements.

C’est décidé. La MFA ne bénéficiera pas de subventions du MJS tant qu’elle ne sera pas en règle avec les lois sportives du pays. En effet, l’instance footballistique n’est, non seulement toujours pas enregistré avec le Registration of Associations Act, mais également questionnée sur les procédures concernant l’organisation de son assemblée générale élective du 8 juin dernier. De ce fait, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, a décidé de laisser le soin au Parquet (State Law Office) de trancher dans cette affaire. Samuel Compty, faisant partie d’un des clubs contestataires, n’est guère étonné. « C’est dommage qu’on en soit arrivé là, alors que la MFA avait pourtant obtenu une dérogation en décembre de l’année dernière, pour être conforme aux règlements. Malheureusement, elle n’a rien fait pour changer les choses », fait-il ressortir.

Ce qui l’interpelle dans cette affaire, c’est que la MFA était bien au courant de la situation après les rappels du Registrar of Associations, régulateur de toutes les associations. « Le MJS a reçu les dirigeants de la MFA. Mais la question que je me pose est de savoir comment le MJS peut-il recevoir une fédération qui n’a pas respecté les lois sportives du pays et qui, par conséquent, est dans l’illégalité ? », se demande-t-il.

Selon lui, cette démarche est complètement absurde et aberrante. « Les deux instances parlent de trouver une solution à ce problème, alors que le mal est déjà fait. Qui plus est, le plus gros souci demeure les fonds disponibles des caisses de la MFA et qu’elle continue à dépenser. Je me demande aussi comment est-il possible qu’une fédération qui n’est pas conforme avec les règlements puissent obtenir des prêts et autres overdrafts ? C’est incompréhensible. Je suis stupéfait », précise-t-il avant d’ajouter que la situation aurait pu être régularisée depuis très longtemps, si ceux en place à la MFA avait fait preuve de bonne volonté. « Les statuts avaient pourtant été amendées en 2012. Malheureusement, la MFA n’a pas fait le nécessaire pour être conforme auprès du Registrar. »

La MFA n’a rien d’une structure

D’autre part, le problème de terrains auquel fait face la MFA, pour organiser les championnats nationaux, a également été abordé mardi dernier. Il nous revient que le MJS aidera la fédération à trouver des terrains alternatifs. D’ailleurs, les championnats devraient démarrer le mois prochain. Les stades Anjalay, George V, Auguste Vollaire, Germain Comarmond et St-François Xavier étant actuellement fermées pour cause de rénovation en prévision des prochains Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) l’année prochaine.

Selon Samuel Compty, c’est la MFA qui s’est une fois encore, mis dans une situation compliquée, en prenant beaucoup trop de temps à réagir. « J’estime que l’on aurait pu éviter toute cette cacophonie. La MFA était au courant que les stades allaient être en réfection et était consciente qu’il fallait trouver d’autres alternatives. Il est maintenant trop tard, pour courir de droite et à gauche pour tenter de tirer la tête hors de l’eau », fait-il remarquer.

Il est d’ailleurs d’avis que c’est par manque d’une bonne structuration que la MFA est dans l’impasse. L’absence de professionnalisme, n’a-t-il pas manqué de préciser, a fait que ce sont les clubs qui sont aujourd’hui pénalisés. « Avec tous ces problèmes, le champion de Maurice, Pamplemousses, aussi bien que Grande-Rivière-Sud-Est Wanderers, pourraient bien manquer les échéances africaines. Ce qui est dommage par rapport aux efforts consentis » soutient-il. Désormais, les décisions d’ordre politique risquent de changer la donne pour ces deux clubs.
Avec les stades indisponibles, il nous revient que la fédération effectuera quelques retouches sur le terrain de Trianon, afin d’être en mesure d’accueillir quelques matchs. Par ailleurs, il nous revient que le MJS ne verrait pas d’un très bon œil que le sélectionneur national, le Brésilien Francisco Filho, ne soit pas au pays, pour encadrer le Club M, étant basé en France. D’autant que depuis l’arrivée de l’ex adjoint de Sir Alex Ferguson, les résultats sont loin de faire l’unanimité. Dans les milieux concernés, on avance que c’est un fils du sol qui devrait prendre ce poste et c’est le nom d’Akbar Patel qui serait le plus cité.

Andy Berthelot