Le secteur du transport est en plein bouillonnement. Les actions syndicales et rencontres se succèdent ces derniers temps, la dernière en date étant une assemblée générale spéciale convoquée par la Plateforme Travayer Syndicats CNT au Tamil Hall hier soir. Plus tôt durant la journée, a eu lieu une réunion de travail avec le ministre Shakeel Mohamed en présence des sept regroupements syndicaux du transport qui demandent la publication et la mise en application des recommandations du National Remuneration Board (NRB) pour l’industrie.
Ils étaient environ 150 employés de la CNT qui ont fait le déplacement hier pour entendre les explications des responsables de la plateforme Travayer Syndicats CNT regroupant la Transport Industries Workers Union (TIWU), la National TRransport Corporation Employees Union (TCEU), la Transport Corporation Employees Union (TCEU) et la Bus Industries Transport Union (BITU). Les animateurs de cette assemblée, dont Reeaz Chutoo, le porte-parole, ont exposé la situation actuelle prévalant au sujet de la « contrainte » de la loi. Le syndicaliste a expliqué aux employés que l’accord collectif signé entre les compagnies et le ministère pour la révision des salaires en juin 2013 garantit les négociations pour la révision des salaires chaque trois ans alors que la mise en vigueur d’un Remuneration order est décidée par les autorités. Il leur a fait comprendre qu’il fallait attendre la fin de l’accord, soit en 2016 pour négocier à nouveau. Les employés ont par la suite procédé à un vote à mains levées et décidé d’adopter la position de wait and see, c’est-à-dire d’attendre la publication du Remuneration Order pour décider de la marche à suivre.
Plutôt, lors d’une rencontre avec le ministre du Travail Shakeel Mohamed et les syndicalistes, chaque partie a exprimé son point de vue concernant la situation actuelle. Si le ministre du Travail et le syndicaliste Reeaz Chuttoo sont d’accord sur le fond concernant les contraintes légales tant qu’un accord collectif est en vigueur, Ashock Subron et ses pairs sont sortis de la réunion l’air irrité. « Le ministre raconte des salades pour ne pas payer l’augmentation salariale du NRB », devait déclarer Ashock Subron à sa sortie de la salle de négociations à la Victoria House. Et de préciser que l’accord avait été signé par quelques compagnies et pas au niveau du secteur dans son ensemble.
Reeaz Chuttoo, qui s’est exprimé à son tour, entouré des représentants de la Plateforme, s’est dit conscient de l’état des choses, mais se prononce contre l’article 95 de l’Employment Rights Acts. « Il y a la loi et l’esprit de la loi », dit-il en rejetant cet amendement qui estime-t-il n’est « moralement pas correct ». Toutefois, il s’est dit satisfait qu’un premier objectif a été atteint : « Le ministre a accepté qu’il y a des choses à revoir et que la loi n’était pas parfaite. »
Reeaz Chuttoo devait faire comprendre que c’est aux travailleurs de décider de leurs actions d’où la raison d’être de l’assemblée générale hier. Quoi qu’il en soit, il a fait comprendre que le choix se portera sur l’option qui proposera le taux le plus élevé de salaires. Roy Hemraj, président de la TIWU, devait préciser qu’aucune directive n’avait été donnée à ce stade pour une grève.
Shakeel Mohamed, s’adressant à la presse, s’est montré une fois de plus critique envers Ashok Subron qui, pour lui « n’est pas concerné par ce que la loi dit » et qui a pour ambition de « mener une grève pour menacer la stabilité du pays et l’emploi des travailleurs ». « Je n’ai pas eu le temps de présenter le rapport du NRB au Cabinet que M. Subron a commencé à organiser des ballots pour décider d’une action syndicale », a-t-il déploré. La veille, ce dernier a déclaré qu’il avait les mains « liées » et qu’aucune loi ne lui permet de changer les clauses d’un accord pendant que celui-ci est en vigueur. « Cela équivaut à mettre un couteau sous la gorge du gouvernement… Nous n’accepterons aucune menace pareille », a déclaré Shakeel Mohamed. Selon le ministre, Ashok Subron n’a pas informé les travailleurs des implications de l’accord collectif. « C’est de la mauvaise foi ».
Le ministre a une nouvelle fois fait comprendre que la raison pour laquelle les employés du transport ne peuvent bénéficier des recommandations du NRB, c’est que l’accord collectif est toujours en vigueur.