Nouvelle tempête pour les ministres Anil Baichoo, Mireille Martin et Rajesh Jeetah. Le premier a eu beaucoup de mal à s’en sortir lors de la Private Notice Question (PNQ) que lui a adressée Alan Ganoo sur la situation de plus en plus chaotique à la Compagnie Nationale de Transport (CNT) et la seconde a été soumise à un feu roulant de questions sur les abus sexuels à l’encontre des enfants au sujet duquel elle ea pu fournir très peu de réponses précises à fournir. Quant à Rajesh Jeetah, ministre de l’Enseignement supérieur, responsable de la Tertiary Education Commission et donc de l’Eastern Institute of Integated Learning in Management, c’est suite à de pressantes interpellations de l’opposition qu’il a été contraint d’avouer qu’il est toujours un «trustee» de cette branche universitaire.
«In view of the fact that the Vice-Prime Minister, himself, has painted a very dark picture of the CNT, the way the CNT has been managed, would the Minister agree — at least, the population knows he has been at the helm of this Ministry since 2005, even before — a Minister must assume responsibility. He is paid out of public funds. I think honestly, Mr Speaker, Sir, in the public interest, in the interest of the consumers, those who pay the tickets, it is time for the Minister to go, to resign in the public interest ! The way he has managed the CNT, he must resign ! «
C’est ce qu’a demandé Rajesh Bhagwan au ministre des Infrastructures publiques dans une question supplémentaire suivant la PNQ du leader de l’opposition sur les derniers développements survenus à la CNT. Mais comme ce fut le cas lors de précédentes demandes dans ce sens après les inondations du 30 mars et l’accident de Sorèze, Anil Baichoo a, une nouvelle fois, rejeté cette option même s’il l’a exprimé dans un indescriptible brouhaha, où les réactions en défense du ministre venant des rangs du gouvernement couvraient celles des élus de l’opposition en soutien à la démarche de leur «whip».
Compte tenu de la situation, le début d’une grève de la faim entamée par un employé de la CNT pour protester contre la privatisation de certaines routes qui sont très rentables et une grève en soutien qui était en gestation, Anil Baichoo a été mis sur le gril. Et ses réponses n’ont convaincu personne, entre autres celle-ci que ses nominés politiques, lui-même et son gouvernement ne sont pas responsables de la débâcle de la CNT.
Le ministre a reconnu qu’il y a des emplois surnuméraires à la CNT qui compte une main-d’oeuvre totale de 2,200 personnes, que sur les 519 autobus qui composent la flotte que dispose la compagnie, il y en a toujours une centaine qui restent au garage pour une raison ou une autre, que la compagnie est confrontée à un manque de pièces de rechange et que la privatisation de quelques routes est strictement temporaire et qu’elle prendra fin une fois que la CNT aura acquis ses nouveaux autobus.
La saga des appels d’offres avec des critères décidés puis revus
Cette affaire d’acquisition avortée est, avec raison, de nouveau revenue sur le tapis avec le leader de l’opposition déposant des documents tendant à démontrer que c’est l’ingérence politique dans les procédures d’appel d’offres et à tous les niveaux qui a mené la CNT là où elle se trouve aujourd’hui. Pravind Jugnauth s’est aussi mis de la partie pour rappeler que le Central Procurement Board avait déjà donné son feu vert lorsque la CNT a décidé de revoir les critères des offres.
«I do not poke my nose in the NTC», s’est contenté de répondre le ministre non sans avoir confirmé, comme le suggérait le leader de l’opposition, que le président du conseil d’administration de la CNT, Ashwin Dookun, s’est opposé à la modification des offres. Pour contenir la salve de l’opposition sur cet aspect délicat du dossier, Anil Baichoo a répondu que la CNT va se doter de nouvelles unités avec les 114 bus qui vont être achetés du Japon et les 65 autres qui le seront incessamment.
Quelques moments de tension durant cette tranche avec ce «gro barik» lancé des bancs du gouvernement à l’adresse du député du MSM, Mahen Jhugroo. Le Speaker a de nouveau dû user de toute sa diplomatie pour maintenir l’ordre dans l’hémicycle. Quant à Anil Baichoo il a semblé très mal prendre le fait que Alan Ganoo a utilisé la métaphore «corbillard» pour désigner les autobus de la CNT. Mais l’auteur de l’expression incriminée ne s’est pas laissé démonter et a dit qu’elle sied à une situation où les bus «déraillent» et qu’ils prennent feu.
Autre tranche qui n’a pas été de tout repos pour le ministre des Infrastructures publiques, celle de la question du Dr Raffick Sorefan sur les contrats que la National Development Unit à la compagnie Best Construction Ltd. Si Anil Baichoo avait pensé que sa réponse liminaire à l’effet que la réponse est en préparation et qu’elle sera déposée aussitôt prête aurait mis fin à l’exercice, il se sera lourdement trompé puisqu’il a été soumis à un barrage de questions, lequel aura finalement permis de savoir que cette compagnie a probablement obtenu 25 contrats pour une somme de Rs 400 millions.
Autre ministre sur le gril, Mireille Martin qui s’est vu confrontée à trois questions, l’affaire d’enfants handicapés qui auraient subi des abus sexuels, l’affaire du Collège Hamilton et, last but not least, le dossier MITD. Sur les deux premières interpellations, la ministre de l’Égalité du Genre n’aura réussi qu’à mettre en évidence ses propres faiblesses.
Un peu plus informative sur le dossier MITD, elle annoncera la tenue d’une rencontre à son bureau avec la victime présumée de pédophilie qui a réclamé un soutien psychologique et également en compagnie de ses parents. Ce n’est que suite à une question supplémentaire de Pravind Jugnauth que la ministre a reconnu que le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree était présent à la réunion et, ce, à la demande des parents de la jeune fille, a-t-elle précisé.
La séance du Question Time a aussi été marquée par cet aveu arraché du ministre de l’Enseignement Supérieur Rajesh Jeetah qu’il est toujours un «trustee» de l’Eastern Institute for Integrated Learning Management, branche universitaire dirigée par son frère Sunil Jeetah. C’est suite à des questions supplémentaires de Rajesh Bhagwan et de Reza Uteem qu’il a dû reconnaître qu’il était associé à cette branche universitaire même s’il a précisé qu’il ne se mêle pas de son fonctionnement et qu’elle ne bénéficie d’aucune faveur.