La Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur le scandale de la contrebande de bois de rose, une essence contrôlée et interdite d’exportation à Madagascar, a eu pour effet d’en épaissir le mystère. Alors que l’affaire de l’enregistrement d’une conversation téléphonique impliquant un politicien mauricien, brandie par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, la semaine précédente au sein de l’hémicycle, attend toujours confirmation officielle, Paul Bérenger est revenu à la charge avec un véritable pavé dans la mare. Il s’est intéressé à obtenir confirmation de l’identité des contacts mauriciens de ce « big businessman » malgache, sous une interdiction formelle de quitter Madagascar, mais qui a pu prendre le vol d’Air Mauritius du 13 juillet 2011 pour débarquer à Maurice. Aucun élément d’information émanant des bancs du gouvernement, sauf une fébrilité à peine dissimulable du vice-Premier et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, poussant le Whip de l’opposition, Rajesh Bhagwan, à se demander si « qui s’excite, s’accuse ».
Un autre ministre du gouvernement Ramgoolam, Tassarajen Chedumbrum-Pillay, a été soumis à un feu roulant de questions sur les dépenses encourues lors de l’organisation de la BPO/ICT Conference d’octobre de l’année dernière. Face aux efforts conjugués des députés Mahen Jhugroo et de Rajesh Bhagwan, le ministre s’est évertué à souligner que les procédures pour l’allocation des contrats ont été suivies, et que les paiements effectués relèvent du « pa mwa, li sa », en repoussant les responsabilités dans camp de l’Accountant General.
Mais Tassarajen Chedumbrum-Pillay ne s’attendait pas à être repris au tournant par le leader de l’opposition avec des paiements d’allowances à des membres de la VIPSU affectés à sa sécurité. Fort de son expérience, Paul Bérenger a rappelé au ministre que ses justifications pour ces paiements ne tiennent pas la route.
Le dossier de la contrebande du bois de rose de Madagascar est loin d’être clos. En pas moins de deux reprises, Paul Bérenger s’est appesanti sur un grave manquement au contrôle, avec le débarquement à Maurice d’un important homme d’affaires malgache, pourtant interdit de quitter son pays.
« May I know from the Honourable Prime Minister whether the Police enquiry has
looked into the following : my information is that a very important businessman, who was subject to an interdiction de sortie du territoire malgache en date du 7 juillet. I have the reference and everything. I am sure the Police should have it. Therefore, this big businessman, who was subject to an interdiction de sortie du territoire en date du 7 juillet this year, in fact, left Madagascar on 13 July at 15.00 hours in the afternoon to come here to Mauritius. Can I know whether the Police is aware of that, whether statements have been taken from that person ? Whether we know what he was up to and who he met, here, in Mauritius ? » a demandé avec lucidité Paul Bérenger à Navin Ramgoolam.
Les éléments de réponse pour élucider cette zone d’ombre dans le scandale du bois de rose n’ont pas été éloquents, avec le Premier ministre trouvant comme parade que « first of all, we need to know how he was able to leave Madagascar when he was supposed not to have left Madagascar and all these people involved are being questioned ». Il a ajouté qu’à sa connaissance cet homme d’affaires malgache n’a pris contact avec aucun membre de l’Assemblée nationale.
Démenti formel
L’affaire de l’enregistrement d’une conversation téléphonique, impliquant un politicien mauricien, en possession de BIANCO, la commission de lutte contre la corruption à Madagascar, a rebondi lors des échanges. Suite à la déclaration du Premier ministre à l’effet que son information à ce sujet émane de la presse malgache et non des autorités malgaches, Paul Bérenger a tout simplement avancé que « the Honourable Prime Minister will agree with me that today he has admitted that it is not BIANCO who said that, but a press article reported BIANCO as being in presence of such a recording ».
Pour conclure ce chapitre, le leader de l’opposition a fait allusion au démenti formel du directeur général de BIANCO faite à Radio-Plus après la déclaration de Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale le mardi précédent. Le Premier ministre se contente toujours d’ajouter que « I have also mentioned the General Ravalomanana, he also mentions, I think, I quoted it just now. He is the Chef de Gendarmerie d’Analamanga region. He conveyed information that a list of coordonnées téléphoniques and other information regarding persons involved in this matter, including people here and for obvious reasons, I have said this cannot be made public at this stage, but enquiry is going on about this, whatever telephonic conversation there has been ».
1er-Mai : Meeah mécontent de son temps d’antenne
En attendant la prochaine étape du Question Time, en particulier sur les dépenses pour la conférence BPO/ICT d’octobre de l’année dernière, c’est la couverture des rassemblements politiques du 1er-Mai par la station de radio et de télévision nationales, la MBC, qui était à l’ordre. Le Premier ministre a tenté de justifier les changements d’horaire dans la programmation des bulletins d’informations, alors que le député Bhagwan s’en prenait à M. Ciseaux sévissant dans les studios de la MBC.
Mais la critique la plus virulente de la couverture des meetings a été formulée par le leader du FSM, Cehl Meeah. Il soutient que son parti n’a bénéficié que de 54 secondes de reportage à la télévision dans le bulletin d’informations principal du Prime Time du 1er mai. Comme pour bien faire comprendre la mise sous tutelle de la MBC, il a enfoncé le clou en se demandant : « Does the Honourable Prime Minister find it proper that my party obtained only 54 seconds coverage on the 1st of May, and that some comics hanging themselves in public obtained 1 minute and 54 seconds ? »
Presque en fin de séance du Question Time, le ministre des Technologies, de l’Information et des Communications a été soumis à un véritable barrage de questions supplémentaires des députés de l’opposition, Mahen Jhugroo et Rajesh Bhagwan, qui n’ont pas lâché prise sur les dépenses encourues pour l’organisation de la BPO/ICT Conference d’octobre 2011. Le ministre Chedumbrum-Pillay s’est contenté de répéter que les contrats ont été alloués selon les critères et procédures établis pour le Procurement et que les paiements ne sont pas sous sa responsabilité mais bien sous celle de l’Accountant General.
« The National Audit Office is presently carrying out an audit exercise and it is the prerogative of the National Audit Office to state whether all steps were followed. I can assure the House that I have not given any instruction whatsoever as mentioned and in insofar as the procurement which is being concerned, I am prepared to table all the tender procedures which have been carried out with the hotels for purchase of articles », a-t-il ajouté.
Toutefois, quelques instants auparavant, le ministre fut pris au dépourvu avec une interpellation supplémentaire du leader de l’opposition au sujet des allocations spéciales versées à des membres de la VIPSU affectés à sa sécurité.
« Did I hear the Honourable Minister correctly saying that it is in order for a VIPSU police officer attached to a Minister to be paid for services provided to other people ? », s’est demandé Paul Bérenger, avec le ministre affichant la même parade : « The Honourable Member should know better. I am not responsible in any manner insofar as administrative issues are concerned. If any payment is to be effected, those payments were effected, as I said, by the Accountant General after obtaining the green light from administration. »
Au député Rajesh Bhagwan de lancer la flèche du Parthe, avec l’interpellation supplémentaire suivante : « We have been Ministers. When people attached to us are being asked to work for other division, for the police, the courtesy would be that the Honourable Minister should be aware. Has the Honourable Minister been made aware or was his approval sought ? Was the Minister’s authority sought for the use of his VIPSU at any point in time in the conference ? When the VIPSU attached to him was working at the conference, what was happening to his security ? Was other VIPSU officer or police officer delegated to ensure
his security ? »