« Est-ce une banque pour les PME ou pas ? Où vont les fonds de la banque ? ». C’est la question qu’a posée le responsable du dossier économique au MMM, Reza Uteem, ce matin à l’Assemblée nationale après la présentation, en deuxième lecture, du Supplementary Appropriation Bill 2015-2016 de Rs 4,1 milliards par le nouveau ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Le député mauve a remis en question les Rs 1,6 milliard appelées à être votées pour la MauBank, dont le but initial était de financer les PME. Or, à aujourd’hui, devait souligner le député, « Rs 3 milliards ont été injectées à la MauBank et Re 0 aux PME ! ». Reza Uteem a de plus dénoncé le fait que, depuis octobre 2015, la compagnie de Rakesh Gooljaury, qui doit Rs 564 M à la MauBank, selon lui, avait des manquements. « Et qu’est-ce que la MauBank a fait ? Elle lui a accordé Rs 32 M de prêts et zéro aux PME. En avril 2016, Rs 16 M de prêts lui ont été accordées. »
Juste après la présentation du Supplementary Appropriation Bill aujourd’hui par le ministre des Finances, Reza Uteem devait déclarer qu’une fois de plus, selon le député mauve, « nous sommes appelés à voter des items de dépenses en dehors du Budget », ajoutant : « Nous sommes mis devant un fait accompli. » Il devait citer le Fonds monétaire international (FMI) qui, dit-il, « a tiré la sonnette d’alarme sur nos dettes », qui ont augmenté en 2015, passant de 6% par rapport au GDP en 2013 à 65% à juin 2016. Les deux facteurs mentionnés par le FMI, et qui ont mené à la détérioration de nos dettes, selon lui, « sont l’intervention du gouvernement dans le secteur financier et l’injection de fonds dans deux banques », nommément la NCB et la MPCB, qui ont désormais convergé en une seule entité, soit la MauBank.
« Nous ne sommes pas contre les items de dépenses citées aujourd’hui : Rs 100 M pour les élections municipales, qui n’étaient pas prévues dans le dernier Budget. D’autre part l’item de dépense sous le ministère de la Sécurité sociale… » Il a rappelé que c’est « grâce à une remarque du leader de l’opposition que les retraités, les veuves et orphelins ont eu une augmentation de Rs 250 ». S’agissant des dépenses supplémentaires liées aux recommandations du PRB, il a demandé si l’augmentation salariale des ministres et parlementaires est incluse.
Mais le « gros morceau » de ce Bill, dit-il, « c’est bien les Rs 1,6 milliard prévues pour la MauBank ». Il a fait un rappel du but initial de cette banque et la manière dont elle opère actuellement. « Lors du Budget 2015-2016, le ministre des Finances d’alors avait dit que ce serait une banque pour les PME. Rs 10 milliards avaient été votées et approuvées, plus un “seed capital” de Rs 200 M. Mais juste après le Budget, il y a eu la révocation du permis de la Bramer Bank. Le ministre avait donné l’assurance que les fonds publics ne seraient pas utilisés mais, le 8 septembre 2015, en réponse à une de mes questions sur la banque des PME, le ministre avait alors affirmé qu’une banque pour les PME n’était pas une solution. Le gouvernement a jugé plus approprié de réunir les deux banques sous lesquelles il y aurait un département pour les PME. Quand il a été pressé de questions par le leader de l’opposition quant à ce qui se passerait avec les “toxic loans”, le ministre des Finances avait déclaré qu’on éliminerait tous les “toxic assets”. »
Rs 1,7 milliard de “toxic assets”
Selon le ministre, aucun “toxic assets” ne serait transféré à la MauBank. Poursuivant, Reza Uteem devait rappeler qu’en septembre 2015, le ministre des Finances d’alors avait déclaré que Rs 4,4 milliards avaient été injectées pour augmenter la “capital base” et « viabiliser la MauBank ». Et qu’en novembre 2015, le ministre avait dit que « nous avons déjà injecté Rs 1,7 milliard, soit Rs 1 milliard à la MPCB et Rs 700 M à la NCB ». Il poursuit : « En janvier 2016, le ministre avait lancé que la MauBank serait “le nouveau fer de lance du nouvel élan que le gouvernement veut apporter au secteur des PME”. Dans une conférence de presse conjointe avec le ministre Bholah en janvier, le ministre a dit que la MauBank remplace la MPCB et que les fonds seraient utilisés pour les PME et qu’elle n’a pas de “toxic assets”. » Reza Uteem poursuit : « En avril, dans une interview, le ministre Bholah devait indiquer que Rs 135 M ont été “released” à la MauBank pour les PME et que la naque avait reçu 20 demandes à travers MyBiz et que deux de ces demandes, à hauteur de Rs 4,2 M, avaient été approuvées. Mais même pas ces Rs 4,2 M n’ont été déboursées et nous parlons de nations d’entrepreneurs ! » La question, dit le député, est de savoir « ce qui se passe avec l’argent de la MauBank ? ». Et de poursuivre : « Depuis qu’elle est en opération, il n’y a eu aucun déboursement pour les PME. Pour moi, c’est un cri du coeur : on avait promis aux entrepreneurs du financement et aucun déboursement ! »
Il devait rappeler que « le premier ministre lui-même » avait confirmé, le mois dernier, que « Rs 3 milliards ont été injectées à la MauBank et rien n’a été déboursé » aux PME. « Selon le Premier ministre, en avril 2016, il y avait “Rs 1,7 billions toxic loans serviced by MauBank”. Et l’ancien ministre des Finances avait assuré qu’aucun “toxic loans” ne serait transféré. Seulement Rs 337 M ont été payées. Donc, il reste encore Rs 1,3 milliard de “toxic assets” ! Est-ce une PME Bank ou pas ? Où va l’argent ? ».
« Aussi loin qu’octobre 2015 », selon Reza Uteem, la compagnie de Rakesh Gooljaury comportait « des failles ». Et de reprendre : « Qu’est-ce que la MauBank a fait ? Elle lui a accordé Rs 32 M et Re 0 aux PME. En avril 2016, elle lui a accordé un loan de Rs 16 M et nous parlons d’un client qui doit Rs 564 M à la MauBank. » Alors que, sur la brochure de MyBiz, un taux d’intérêt de 3,5% est mentionné, « qui en bénéficie ? » demande-t-il. Avant de rappeler que « la semaine dernière, dans la presse, on a appris que M. Barbara, l’époux de la députée Bhoygah, a cherché à avoir un SME Certificate de la SMEDA pour bénéficier de ce taux préférentiel ». Reza Uteem a exhorté le ministre Pravind Jugnauth à porter « un regard attentif » sur cet item de la MauBank.