La fin déclarée de tractations politiques ouvertes entre le Parti travailliste et le MMM en vue d’une alliance électorale devra déboucher sur une conséquence politique majeure. En effet, à partir de cette semaine, la pression pour un rappel de l’Assemblée nationale, qui a été prorogée de manière forcée le mardi 14 avril, soit il y a dix semaines, devra monter crescendo. Dès samedi après-midi, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a d’ailleurs clairement fait comprendre que l’heure du retour des parlementaires au sein de l’hémicycle a sonné.
Paul Bérenger a été rejoint par Rezistans ek Alternativ, qui réclame la reprise de l’Assemblée nationale avec pour item prioritaire inscrit à l’agenda le Constitutional Electoral Reform Amendment (CERA) Bill ou au pis-aller les Transitional Provisions, présentées comme le mini-amendement à la Constitution pour respecter la recommandation du Comité des Nations unies pour les Droits de l’Homme en vue d’un Effective Remedy au problème de déclaration ethnique des candidats à des élections générales.
Du côté de l’hôtel du gouvernement, l’équation pour le rappel de l’Assemblée nationale dans les plus brefs délais ne se présente pas aussi simplement que cela. Avec le départ des trois parlementaires du PMSD, dont le N° 3 en la personne du vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ne préside qu’une majorité gouvernementale avec une voix de différence par rapport à l’opposition au Parlement.
En ce début de semaine, le rapport des forces est de 35/34 mais rien n’empêche que dans les jours à venir, des changements puissent intervenir. Le leader du FSM, Cehl Meeah et le leader du MMSD, Éric Guimbeau, sont présentés comme des voix éventuellement susceptibles de soutenir le gouvernement PTr/MR. Très peu d’indications sont disponibles quant à l’état des contacts pour concrétiser cette nouvelle configuration parlementaire.