Le député du Front Solidarité Mauricien s’est exprimé hier sur le discours-programme gouvernemental 2012-2015. Tout en félicitant le gouvernement pour son projet de démocratisation de l’économie, Cehl Meeah a fait un appel pour un nouveau système économique qui amènerait une plus grande justice sociale dans le pays. Il a aussi profité de l’occasion pour commenter l’affaire de trafic d’armes et déplorer la « timide réaction » du gouvernement sur le sujet.
« La richesse est entre les mains d’une poignée de personnes. Depuis 1968, les gouvernements successifs ont tenté sans succès d’apporter plus de justice sociale. L’actuel semble cependant être déterminé à démocratiser l’économie. Pour cela, il faut d’abord changer de mentalité », explique Cehl Meeah. Le leader du Front Solidarité Mauricien (FSM) soutient que le capitalisme n’est ni plus ni moins qu’une « manipulation de la vie » et que ses effets se font aujourd’hui sentir dans l’Europe en crise. Pour une vraie démocratisation de l’économie, a-t-il ajouté, le pays doit aller vers un nouvel ordre économique. « C’est la raison même de ma présence dans cette chambre. Il nous faut être courageux. »
Dans le même souffle, le député du FSM a invité le gouvernement à encourager l’Islamic Banking. Cehl Meeah s’est dit en faveur d’un partenariat renforcé avec les pays émergents tels que le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud. Il a aussi avancé pouvoir obtenir le soutien des pays du Golfe pour aider le gouvernement dans ses projets. À ce sujet, il regrette que l’État refuse de lui accorder un terrain pour la construction de 500 logements sociaux. « Je ne vous demande pas de l’argent car j’en apporterai de l’étranger. »
Cehl Meeah a également commenté les récents incidents dans les médias, notamment l’arrestation du directeur du Sunday Times, Imraan Hosany, et l’intervention d’un conseiller du bureau du Premier ministre à l’Information Technology, Communications and Telecommunications Authority (ICTA) pour vérifier le nombre d’appels reçus lors d’une émission radiophonique. Le député du FSM considère cela comme une atteinte à la liberté d’expression.
Sur le plan politique, Cehl Meeah a fait un appel pour ne pas changer le Best Loser System. Il regrette également la « timide réaction » du gouvernement dans l’affaire de trafic d’armes où le nom d’un ministre est cité. « Si c’était mon nom qui avait été cité dans une telle affaire, les hélicoptères auraient survolé ma maison, la police aurait barricadé le quartier, toute la machinerie aurait été mise en marche pour démasquer Cehl Meeah le trafiquant », a-t-il dit, provoquant un éclat de rires dans l’hémicycle.