Vu le ton adopté de part et d’autre sur le vol perpétré au campement du Premier ministre à Roches-Noires, il semble évident que cette affaire a été évoquée uniquement pour l’évacuer une fois pour toutes et qu’elle correspondait surtout à un besoin du leader de l’opposition de montrer qu’il ne ménage pas Navin Ramgoolam maintenant qu’il a conclu son remake avec Sir Anerood Jugnauth. C’est ainsi que l’on a rien appris de vraiment nouveau sur cette affaire, si ce n’est que le Premier ministre a affirmé que ce vol n’est pas lié à celui qui a valu à Anand Kumar Ramdanee d’être arrêté pour recel et qu’il a ensuite été retrouvé pendu dans une cellule policière de Rivière-du-Rempart.
L’opposition a éprouvé des difficultés à obtenir des réponses précises sur d’autres aspects de cette affaire comme les procédures et autres conditions attachées à la location d’un bungalow dans la mesure où le Speaker a limité leur interpellations en les renvoyant par exemple  à la Mauritius Revenue Authority (MRA).
Navin Ramgoolam qui, au nom de la sécurité, a refusé de donner des détails sur les conditions de sa présence sur les lieux dans la soirée du délit, le 3 juillet 2011, a eu un seul petit moment d’énervement puisqu’il a dit à Paul Bérenger qu’il n’était pas intéressé, lui, à savoir ce qu’il faisait durant son temps libre.
Comme c’est la question de Stéphanie Anquetil sur le trafic de bois de rose entre Madagascar et Maurice dont le dernier cas remonte à juin 2011 qui venait juste après, les délibérations ont alors pris une autre tournure. Le PM a certes fait l’historique de cette affaire, connue de tous, mais c’est lorsque, suite à une question supplémentaire de la même députée sur l’existence d’un enregistrement téléphonique qui impliquerait un parlementaire dans cette affaire, que l’atmosphère s’est sensiblement dégradée.
« The BIANCO which is a Malagasy anti-corruption bureau, has forwarded that copy and they say they are in possession of a recording of a phone conversation implicating a Mauritian politician in this smuggling case », a déclaré sur un ton des plus catégoriques le chef du gouvernement. S’en est suivie une série de questions supplémentaires du leader de l’opposition sur le rôle joué par certains et leurs « tantine » dans certains trafics avec Madagascar qui a, finalement, suggéré l’institution d’un Select Committee du Parlement présidé par le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, pour faire la lumière sur toute cette affaire.