Graduellement, les parlementaires qui font leurs premières armes au sein de l’hémicycle commencent à en maîtriser les rouages pour ajouter du “peps” aux échanges, à l’image du député Rughoobur, deuxième député de la circonscription No 6 (Grand-Baie/Poudre-d’Or), qui n’a pas hésité à rabattre le caquet du “vétéran” Shakeel Mohamed au sujet de l’éthique parlementaire (voir détails plus loin). Mais la séance du Question Time d’hier a été marquée par la griffe d’Ivan Collendavelloo. Certes un habitué de l’Assemblée nationale de par son expérience, c’est néanmoins la première fois qu’il chausse des pointures ministérielles au cours de sa carrière politique.
Dans la matinée, le ministre des Services publics avait eu à digérer la première Private Notice Question (PNQ) de sa carrière face à un leader de l’opposition aguerri à ce genre d’exercices de manière systématique au cours de ces dix dernières années. Le sujet évoqué, la centrale électrique au charbon de CT Power à Pointe-aux-Caves, était des plus explosifs. Sa prise de position sur ce dossier a toutefois séduit les militants anti-charbon, réconforté l’opposition parlementaire et presque mis KO les derniers partisans de CT Power. Pour le reste du Question Time (QT), le vice-Premier ministre, ministre des Services publics et leader du Muvman Liberater (ML) a été mis à contribution, non seulement pour les dossiers tombant sous sa responsabilité, mais également en tant que suppléant au ministère du Tourisme en l’absence du Premier ministre adjoint Xavier-Luc Duval, en mission à l’étranger. Au point où le leader de l’opposition, Paul Bérenger, n’a pu s’empêcher de lui lancer, sur un ton des plus badins, « ki tonn al fer ladan twa ? », pour ne pas cacher son étonnement de voir l’ancien leader adjoint du MMM répondre à des interpellations sur le tourisme, dont celle portant sur le musée de la Special Mobile Force (SMF).
Lors de la seconde tranche des interpellations parlementaires, Ivan Collendavelloo a de nouveau dû croiser le fer avec l’opposition sur le projet avorté de centrale thermique de CT Power suite à une PQ du Whip de l’opposition Rajesh Bhagwan. Celui-ci voulait savoir si le vice-Premier ministre et ministre des Services publics envisageait de réclamer une “Full Forensic Inquiry” sur les promoteurs de CT Power par rapport aux actionnaires et aux transferts de fonds à Maurice. Sans prendre d’engagement, Ivan Collendavelloo a fait comprendre que sa priorité était de s’attaquer à la dimension contractuelle de ce dossier avant de considérer la possibilité de solliciter le ministère de la Bonne gouvernance pour une enquête.
Le vice-Premier ministre a révélé que CT Holding Ltd de Malaisie comprend deux actionnaires, un dénommé Soopramanien à 90% et un autre Chung, à 10%. « CT Holding holds CT Power. L’actionnariat de Mauritius CT Power comprend CT Holding à 58% avec des actions de catégorie A, la CEB Investment Company a 26% avec des actions de catégorie B et CT Holdings Ltd a 16% avec des actions de catégorie C. La participation de la CEB Investment Company n’est effective qu’une fois l’“Implementation Agreement” signé entre les parties concernées. This has not been done yet », devait-il déclarer, en ajoutant qu’aucun fonds n’avait fait l’objet de transfert à Maurice.