Le Fashion and Design Institute (FDI) Bill a été voté à l’Assemblée nationale hier, en dépit des réserves de l’opposition. Ce projet de loi vise à permettre à l’institution, actuellement sous l’égide de l’Université de Technologie, de devenir autonome et délivrer ses propres diplômes. Mais pour Steve Obeegadoo, cette démarche vise à créer une cinquième université publique et une « énième tentative » de se focaliser sur le nombre plutôt que sur la qualité.
Le Fashion and Design Institute (FDI), créé en 2008 suite à la fusion du School of Design de l’IVTB, du département de Textiles Technology de l’Université de Maurice et du Textile and Apparel Development Centre d’Enterprise Mauritius, obtient le statut d’université. Cela fait suite à l’adoption du FDI (Amendment) Bill voté à l’Assemblée nationale hier.
Au cours de cette deuxième lecture du projet de loi, le ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah a rappelé que le FDI a été créé pour permettre le développement de creative skills et de compétences professionnelles pour le secteur du textile. Toutefois jusqu’ici, l’institution offrait des diplômes d’Edexcel du Royaume-Uni.
Le ministre estime que le FDI a suffisamment grandi et acquis de l’expérience pour délivrer aujourd’hui ses propres diplômes. La clause (4) de la loi donne ainsi le pouvoir à l’institution de délivrer des certificates, diplomas, degrees et honorary degrees.
Avec son nouveau statut, le FDI devra remplacer son Academic Committee par un Academic Council. Celui-ci sera composé, entre autres, de représentants du Mauritius Examinations Syndicate, du ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs, de la Tertiary Education Commission et d’un external examinator.
Rajesh Jeetah ajoute que le secteur du design et de la création est en pleine expansion. Outre le textile, il a cité celui de la publicité et de la bijouterie. Le FDI offrira dorénavant des cours dans les domaines suivants : BA (Hons) Interior Design, HND Art & Design, BA (Hons) in Product Design, BA (Hons) Interactive Media, BA (Hons) Fashion Design et BA (Hons) Graphic Design.
S’exprimant à son tour, le député MMM Steve Obeegadoo a tout de suite fait ressortir que contrairement à 2008, l’opposition n’allait pas soutenir ce projet de loi. Selon lui, cette démarche comporte de grands risques. Il s’est demandé si ce n’est pas « l’obsession du nombre » qui pousse le ministère de l’Éducation tertiaire à créer une nouvelle université publique.
Le député de Curepipe/Midlands s’est demandé quelle sera la garantie de la qualité de ces diplômes. Il a aussi exprimé son inquiétude quant à l’absence d’un représentant du ministère de l’Éducation à l’Academic Council. Il a souligné l’importance de faire le lien entre le upper secondary et l’enseignement supérieur, comme c’est le cas, notamment, à Singapour.
Par ailleurs, Steve Obeegadoo est d’avis que la création d’une nouvelle université nécessitera davantage de fonds, puisqu’il y aura de nouveaux postes comme des Heads of School, qui seront créés. Il s’est demandé si tout ceci est nécessaire pour une institution qui accueille environ 400 élèves. « Combien cela coûtera-t-il à l’État et dans quel but ? »
Faisant référence à Betamax et à l’EIILM University, il a émis le souhait que les proches du ministre ne se retrouvent pas dans des postes importants au sein de la nouvelle université.
Steve Obeegadoo considère également « inquiétantes » certaines dispositions du FDI (Amendment) Bill, notamment l’article 7 (a) qui stipule que le ministre aura un pouvoir d’enquête à l’institution. « Quel sera alors le rôle de la Tertiary Education Commission ? », a-t-il demandé, avant de préciser que les universités publiques se plaignent déjà d’ingérence ministérielle.
En dépit de toutes ces réserves de l’opposition, le projet de loi a été voté sans amendements hier soir.