Outre ses préoccupations sur les amendements à la Gambling Regulatory Act, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a relevé une série de changements dans différentes lois qui pourraient avoir, selon lui, des « conséquences négatives pour le pays ». Parmi ces derniers figurent les amendements à la Public Debt Management Act, pour lequel il réclame un débat séparé, ainsi que ceux liés à la Corporation Social Responsibility et la déclassification des sites du patrimoine national.
Le leader de l’opposition s’interroge sur la pertinence des amendements visant à permettre à la Banque de Maurice (BoM) d’investir dans les devises étrangères. Il a rappelé que les réserves en devises « n’appartiennent pas » à la BoM. « C’est comme un pari qu’on fait et, en cas de perte, cela coûtera cher au pays. » Il a également souligné que l’objectif de la BoM est de « préserver les réserves en devises, et non pas de faire des profits », poursuivant : « Il faut aussi prendre en considération que les intérêts les plus forts sont toujours accompagnés des plus hauts risques. »
Parlant de la dette publique, il a fait ressortir que celle-ci est à 66,1% du PIB, soit au-dessus de la limite, qui est à 65%. Or, le gouvernement garantira USD 630 millions. Si on y ajoute les Rs  5 milliards à payer à Betamax, la dette passer de 66,1% à 71,5%, selon lui. « Cela représentera une hausse énorme de la dette publique. C’est pour cela que je souhaite que cet amendement à la loi sur la dette publique soit débattu séparément du Finance Bill. La dette publique n’est pas un jeu, il faut dire la vérité. »
Xavier-Luc Duval s’est dit également « très concerné » par les amendements de la loi régissant la Corporate Social Responsability. Il a rappelé que jusqu’ici, les entreprises pouvaient investir leurs fonds dans différents projets, dont « certains sont très valables ». Avec les amendements, a-t-il ajouté, elles devront verser 50% de leur budget au National CSR Foundation dans un premier temps, puis 75%. « Ce qui est inquiétant quand on sait que la fondation a été un désastre. Beaucoup d’Ong ont été contraintes de fermer. Ce n’est qu’en août qu’on déboursera une partie de l’argent et les Ong devront par la suite faire une nouvelle application. » L’actuel système, a ajouté Xavier-Luc Duval, a profité à des dizaines de milliers de personnes.
Le leader de l’opposition a également exprimé des réserves sur les procédures concernant la Negative Income Tax. Il dit noter que c’est l’employeur qui devra enregistrer ses employés qui doivent en bénéficier. « Mais que peut faire le petit travailleur si le patron décide de ne pas l’enregistrer ? »
Par ailleurs, il considère les amendements prévus à la National Heritage Fund Act comme étant « inacceptables ». Il est d’avis que les conditions avancées pour déclasser un bâtiment comme patrimoine national, soit que celui-ci se trouve dans un état de décrépitude nécessitant un investissement trop onéreux, équivalent à une invitation à laisser les bâtiments tomber en ruine. « Ce sera trop facile par la suite de trouver la nécessité de les raser pour construire de nouveaux bâtiments à la place. C’est une invitation à la disparition du patrimoine. »