Au cours d’une rencontre avec la presse ce midi au Centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis, Jack Bizlall a énoncé ses trois attentes de Navin Ramgoolam dans le cadre du discours programme de la nouvelle session de l’Assemblée nationale le lundi 16 avril. Il a annoncé son retrait du syndicalisme, « l’effacement volontaire » du Mouvement Premier Mai, mais son engagement plus poussé en politique en faveur d’un changement du système dans le cadre d’une deuxième République.
« Le Mouvement Premier Mai (MPM) attend Navin Ramgoolam le 16 mai sur trois items : la fracture sociale, la vente de nos terres à des étrangers et le contrôle de nos banques commerciales. »
Concernant la fracture sociale, Jack Bizlall a soutenu que la misère et l’endettement des foyers ont augmenté dans le pays. Dans ce contexte, il a lancé une mise en garde contre une autre émeute comme celle que la pays a connue en février 1999 mais « d’une ampleur sans précédent ». Il a déclaré qu’il connaît personnellement des cas de misère. « Ena enn risess kriard dan pei : nou espere ki Ramgoolam pou amen enn rektifikatif ek amen bann dimounn kontribie au redresman nasyonal selon zot moyen », a-t-il affirmé.
Par rapport à la politique de vente de nos terres aux étrangers, Jack Bizlall a affirmé que les villas des Integrated Resorts Schemes sont louées à des touristes qui désertent les hôtels et des hypermarchés ; elles sont ainsi construites pour satisfaire leurs besoins en produits importés, ce qui met à mal d’abord notre capital foncier, puis notre industrie touristique et enfin nos réserves en devises et notre balance des paiements. « Nou atann ki Ramgoolam aret vann nou later ek etranzer ek ki li reget nou politik moneter, notama bess Repo Rate ki fer taux dintere vinn amba linflasyon, puiz dan savings ti dimounn pou anrisi bann labank », a-t-il expliqué.
Un meilleur contrôle des banques commerciales est la troisième attente du Mouvement Premier Mai dans le cadre du discours-programme du 16 avril. « Bann labank pe vampiriz bann resours ki ti bizin pe al pou prodiktion », a-t-il dit.
Jack Bizlall a fait remarquer que le Premier ministre ne manque aucune occasion de se vanter d’être le fils de SSR. « Me li pe detrwuir tou seki so papa inn constrwuir ! Navin tue SSR ! », s’est-il écrié en se référant entre autres à la politique de privatisation des corps paraétatiques du gouvernement de Navin Ramgoolam. « Ki li retourn lor baz pou lekel nou papa finn lager pou fer sa pei la zordi », a-t-il lancé. « Lontan ti dir ena 13 fami pe kontrol lekonomi, zordi ena 4 ki kontrol tou lekonomi Moris. Eski ou pe fer demokratisasyon de lekonomi kan ou pe fer enn de ou azan gagn kiksoz ? », s’est-il demandé.
« Navin Ramgoolam pa kapav atann kado de lapar bann dimounn ki pe oule enn sanzman system dan pei », a expliqué Jack Bizlall comme pour justifier les attentes susmentionnées.
Jack Bizlall a annoncé dans ce contexte que le MPM va « s’auto-effacer pour permettre l’émergence d’une force politique unitaire regroupant entre autres les intellectuels, les jeunes, les petits planteurs et les femmes. »
Auparavant, Jack Bizlall avait dénoncé la « présence illégale » des policiers en civil à la récente marche du samedi 10 mars à Port-Louis. « La police n’a pas le droit de venir jouer aux provocateurs. C’est dangereux pour la démocratie », a-t-il avancé. Et de souligner avoir écrit au Commissaire de Police pour réclamer une enquête indépendante sur cet incident.
Jack Bizlall a aussi annoncé la publication du premier chapitre d’une deuxième Constitution pour Maurice. « Li neseser ki adapte nou Konstitisyon pou met li azour ek bann realite de la vie modern », a-t-il expliqué. Il a exhorté la population à débattre d’une nouvelle Constitution. Il a aussi annoncé avoir envoyé au Premier ministre les propositions du MPM dans le cadre de la réforme électorale dans un livret intitulé « Pour un système électoral alternatif ».