La présentation du discours du budget pour l’exercice financier 2017/18, se déroulant sur fond de l’award de Rs 5 milliards au groupe Bhunjun dans l’affaire Betamax, aurait pu être marquée par un boycott. C’est ce qu’a appris Le Mauricien de sources autorisées au sein de l’opposition. Mais ce projet de strapontins vides au sein de l’hémicycle ne s’est pas matérialisé avec l’objection à une telle démarche venant du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval. À ce matin, très peu d’indications étaient disponibles quant aux derniers détails à être inclus dans le Budget Speech du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, vu la conjoncture, qualifiée de « difficile » pour le gouvernement par les observateurs politiques. Certes, il y a la marge de manoeuvre améliorée avec l’assistance financière de l’Inde de Rs 18 milliards mais les « casseroles politiques » ne cessent de s’accumuler dans « lakwizinn » de l’hôtel du gouvernement. Alors que le Grand Argentier est attendu au tournant avec l’allocation de cette ligne de crédits de Rs 18 milliards, il va de soi que la problématique de l’endettement public assumera une importance grandissante lors des débats sur le budget, démarrant dès lundi prochain. Un autre dossier épineux, à savoir le scandale financier de l’écroulement du groupe BAI, préoccupe plus d’un en marge de la présentation du budget avec pour ambition de faire la «bouche doux» dans le contexte politiqure.
Une proposition à l’effet que les députés siégeant dans les rangs de l’opposition soient appelés à boycotter la séance de l’Assemblée nationale de cet après-midi avec le discours du budget « comme pour marquer la colère profonde dans le pays », n’a pas fait l’unanimité. De ce fait, il faudra s’attendre à voir House Full pour le Budget Speech, qui sera lu en présence de la Speaker de la Lok Sabha, qui dirige une délégation officielle à Maurice ces jours-ci. Interrogé à cet effet, le leader de l’opposition a confirmé qu’une des composantes de l’opposition avait tenté de « canvass » l’idée d’un boycott de la séance parlementaire du jour.
« Je confirme qu’il y a une proposition qui m’a été faite à cet effet personnellement et formellement. Mon point de vue est que plus la situation est difficile dans le pays, plus le gouvernement est affaibli, plus l’opposition doit se montrer présente et percutante. Mo pa kapav pa la pou diskour bidze. Après quand nous allons acculer le gouvernement sur sa faillite, ses lacunes et ses écarts, ils nous demanderont où nous étions au moment du discours. L’opposition doit répondre présent sur tous les fronts et ne laisser au gouvernement aucun pouce du terrain politique », a fait comprendre Xavier-Luc Duval ce matin.
À l’hôtel du gouvernement, ce matin, l’heure était aux derniers détails de la version finale du discours du budget en prévision de la Special Budget Cabinet Meeting de cet après-midi à partir de 16 heures. À cette occasion, Pravind Jugnauth devrait dévoiler l’ossature de la stratégie adoptée pour l’exercice financier 2017/18. L’une des préoccupations, que ce soit au sein du gouvernement que dans les rangs de l’opposition ou les milieux d’affaires, porte sur l’utilisation de ces Rs 18 milliards obtenues de l’Inde.
« Au chapitre des projets, l’on ne devrait pas s’attendre à de nouvelles annonces. Tous les gros investissements publics dans le domaine de l’infrastructure sont archiconnus, et n’ont pas encore démarré. Certes, le ministre des Finances peut apporter des précisions sur le projet de Metro Express, qui fait du sur place depuis la pose de la première pierre du 10 mars dernier. Toutefois, la population suivra avec attention redoublée la partie du discours ayant trait aux Rs 18 milliards », notent des observateurs politiques et économiques avertis. Ils ajoutent qu’il ne faudra nullement être étonné de voir la problématique de l’endettement public prendre une plus grande importance lors des débats sur le budget à partir de lundi prochain.
Un autre scénario possible est que le Premier ministre pourrait opter pour une approche en vue de tenter de renverser la tendance sur le pan politique. « La succession de scandales, allant de l’award de Rs 5 milliards dans l’affaire Betamax aux secousses avec des démissions en série à la Financial Services Commission avec le spectre d’Alvaro Sobrinho resurgissant sur la State House, demande à être conjurée. Mais la mise à exécution du Plan Marshall, dont les détails ont été jalousement gardés, ou encore la générosité sur le plan de la fiscalité dans le cadre du budget seront-elles suffisantes pour redorer le blason du gouvernement ? » se demandent ces mêmes sources à quelques heures de la présentation du budget.
En tout cas, dans le camp des Policy Holders du Super Cash Back Gold et de la Bramer Asset Management Ltd, toute allusion dans le budget à une formule en vue de les rembourser sera suivie avec attention. À hier après-midi, l’option d’inclure des paragraphes à sujet dans le discours faisait encore l’objet de discussions et d’évaluation…