La seconde tranche du Question Time de la séance parlementaire d’hier après-midi a vu le ministre des Pêches, Prem Koonjoo, acculé sur le barachois des Boygah de la firme Mauricoast Ltd. Il a été soumis à un feu roulant d’interpellations supplémentaires fusant de toutes parts des bancs de l’opposition. Pourtant, au tout début de sa réponse à la double Parliamentary Question des députés Rajesh Bhagwan et Shakeel Mohamed, il a tenté de désamorcer le dossier en affirmant que « there is no lease or concession involved. Et il n’y a aucun paiement de fees par les promoteurs ». Mais c’était mal connaître les députés de l’opposition, trouvant dans cet élément de réponse une plateforme pour rebondir. Un autre élément de controverse a été la légèreté avec laquelle le ministre des Sports, Yogida Sawmynaden, a traité la question de la contestation des prochains Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI), prévus à Maurice en 2019. La prise de position du ministre n’a pas laissé insensible le leader de l’opposition, Paule Bérenger, qui s’est permis d’intervenir pour faire comprendre que son attitude attise le problème au lieu d’ouvrir une voie vers une solution. Entre-temps, le chef de file du Labour, Shakeel Mohamed, ne s’est épargné aucun effort pour s’infiltrer dans les échanges portant sur les Fees réclamés par les anciens Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Parties, Mushtaq Osman et Raj Busgeet de PwC. En pas moins de trois reprises, il s’est appesanti sur les Crazy Numbers des réclamations de Rs 136,9 millions soumises par le duo de PwC.
En termes d’ambiance, des députés de l’opposition ont pris un malin plaisir à taquiner le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui répondait à l’unique interpellation qui lui était adressée par le député Raffick Sorefan. Comble de malchance pour le chef de la diplomatie, la PQ portait sur le traité de non-double imposition entre Maurice et la Russie avec Paul Bérenger rappelant au ministre qu’il intervenait « with a KGB in his back » en montrant le ministre Roshi Bhadain, dont la place est littéralement dans le dos de Vishnu Lutchmeenaraidoo. Et au député Veda Baloomoody de rajouter « pena enn ros dan so lame », en allusion à la déclaration virulente de Vishnu Lutchmeenaraidoo contre Roshi Bhadain avant son interrogatoire Under Caution à l’Independent Commission Against Corruption, jeudi dernier.
Tout comme dans la matinée, le ministre des Affaires étrangères était absent dans l’hémicycle quand Roshi Bhadain répondait à la Private Notice Question du leader de l’opposition sur le projet de Heritage City. Aussitôt après avoir répondu à la PQ de Raffick Sorefan, il devait quitter son siège. « Ala li ale ! To pa kontan KGB mem, toi », devait lâcher le leader de l’opposition. La coïncidence de la séquence des PQs a voulu que l’interpellation subséquente soit adressée à Roshi Bhadain et porte sur les fees des anciens Special Administrators de BAI.
Abordant la controverse au sujet du barachois de Poudre-d’Or, couvrant une superficie de 52 hectares, dont six hectares de terre à la compagnie Mauricoast Ltd des Boygah, le ministre Koonjoo a avancé comme parade initiale que « since January 2015, no lease has been granted or renewed by my ministry. Néanmoins, le ministère a retenu des projets d’aquaculture de quatre promoteurs. As such, no lease or concession has been granted to Mauricoast Ltd at Poudre d’Or ». Il a établi la chronologie des faits avec une demande logée en date du 22 juin de l’année dernière pour un projet d’aquaculture à Poudre-d’Or. Les promoteurs sont intéressés à développer la culture de concombres de mer, d’huîtres et de crabes. Pour les besoins de ce projet, ils ont embrigadé les services d’un spécialiste, le Dr D. Vythilingum de la Malaisie.
« Le ministère compte assurer un Monitoring de ce projet, qui a été confié à Mauricoast avec l’autorisation du gouvernement le 17 septembre de l’année dernière. Toute une série de conditions ont été imposées à cet effet », a déclaré le ministre des Pêcheries, qui a énuméré les dix conditions arrêtées par les autorités. « Mauricoast will have to seek all necessary clearances from the relevant authorities. There is no lease or concession involved. Il n’y a pas de paiement de fees », ajoute-t-il.
« To pe vende rêve… »
Meea : Gagn sa pu kado do !
Mohamed : Si le ministre peut éclairer ma lanterne. Pourquoi son ministère n’a pas cru nécessaire d’informer les promoteurs de cette possibilité d’exploitation de barachois ? A-t-il informé les membres du public à cet effet ?
Koonjoo : Barachois is the property of government. Tous ceux qui veulent assurer son exploitation sont les bienvenus.
Rutnah : Le ministre peut-il révéler le nombre d’emplois créés et le montant des investissements étrangers engagés dans ce projet ?
Cette interpellation du backbencher de la majorité fait sourire le leader de l’opposition.
Koonjoo : La mise à exécution de ce projet nécessitera des investissements de Rs 100 millions. We can’t say how many jobs will be created. Il peut être d’une vingtaine. We’ve got other promoteurs, même des étrangers, qui sont intéressés. Récemment, nous avons signé un MOU avec des intérêts sud-africains. Ils vont investir Rs 1,4 milliard. Il y a des négociations pour un autre MOU avec Rs 200 millions d’investissements. We have local companies, like Mauricoast, interested to launch aquaculture. They are waiting for clearances.
Bhagwan : Je reviens avec l’interpellation de mon collègue Shakeel Mohamed. Pourquoi n’a-t-il pas informé le public de cette possibilité ? Pourquoi d’autres promoteurs n’ont pas été invités à soumettre des offres pour l’exploitation du barachois de Poudre-d’Or de 52 hectares ? It is the duty of the ministry to do that. Il ne peut échapper à son devoir.
Koonjoo : They are investing a lot of money. Cela ne veut pas dire que nous avons fermé ce potentiel d’exploitation. Nous travaillons sur des Blue Loans pour la communauté des pêcheurs…
Mohamed (sans crier gare) : A des intérêts de 1,5 % (comme pour faire allusion à l’Euro-Loan Saga du ministre Lutchmeenaraidoo).
Jhugroo : Rs 200 millions (comme pour rappeler les déboires de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam).
Jhuboo : Le ministre nous fait croire que les promoteurs vont investir Rs 1 milliard dans un projet pour cinq ans seulement ?
Koonjoo : It can be renewed after five years.
Meea : Rs 100 millions pour 52 hectares, dont six hectares de terre pour une période initiale de cinq ans ; no fees chargeable…
Osman : Les 100 millions représentent de l’Equity Finance ou les terres vont être transformées en collatéraux ?
Koonjoo : As at now, I can’t answer what equity. Il y a quelqu’un qui compte investir.
Sorefan : Y a-t-il un exercice de Financial Due Diligence de ces Rs 100 millions. What about the proof of funding ?
Mohamed : Its not a lease. But it can be renewed ? I fail to understand ; je demande à être éclairé comment ce barachois a été alloué à des promoteurs, qui sont proches du parti du ministre ? S’est-il penché sur la Proof of Funds ? Ces Rs 100 millions existent-ils ou non ? Did the committee look at the proof of funds ? Peut-il déposer le document sur la table de l’Assemblée nationale ?
Koonjoo : Je crois que mes officiers ont dû entreprendre cet exercice de Due Diligence…
Mohamed : To pe vende rêve…
Speaker : No comment from a seating position.
Koonjoo : We are here to create jobs. De l’autre côté ce sont des faux prétextes…
Bhagwan : Le ministre peut-il confirmer que cette compagnie a bénéficié de cette faveur et de ce traitement favorable parce que le promoteur est proche d’une PPS du gouvernement ?
Bérenger : Dir Yes !
Meea : Orange party.
Bhagwan : Zot donn barachois moufta…
Speaker : Silence et écoutons la réponse…
Bérenger : Avoy KGB dans barachois…
Koonjoo : We are determined to go ahead, to move our project. The person is M. Boygah not Mrs Boygah ; he has all the right to invest…
Bancs du GM : Akoz to appelle Boygah to pa gagn drwa…
Initiatives diplomatiques
Le dossier des prochains Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI), dont l’organisation a été confiée à Maurice, a frisé l’incident diplomatique. Devant la réponse du ministre des Sports, plaçant toute la responsabilité du litige à être réglé sur le dos des Comores, le leader de l’opposition est intervenu pour demander de ne pas continuer à jeter de l’huile sur le feu au lieu d’aider à trouver une solution.
Appelé par le député Franco Quirin à commenter le walk-out de la délégation des Comores lors de la dernière réunion du Conseil international des Jeux, le ministre des Sports s’est contenté de déclarer que c’était le troisième walk-out des Comores depuis les derniers JIOI. Il devait ajouter que la confirmation pour la participation à des JIOI intervient en principe à un an des Jeux et qu’il faudra attendre pour les Comores.
Cette approche du ministre a été dénoncée par Paul Bérenger, qui affirme que cette attitude ne résout nullement le problème. « Des élections présidentielles viennent de se dérouler aux Comores. Un nouveau gouvernement sera mis en place. L’objectif est de pouvoir organiser des JIOI qui soient un succès. Il doit y avoir des initiatives diplomatiques conjointement avec Madagascar et les autres pays de la région pour résoudre l’équation des Comores », a-t-il fait comprendre.
« Les prochains JIOI seront les 10es et marqueront les 40 ans des JIOI. There are no sign that Comoros will not participate. Actuellement, la question ne se pose pas car la confirmation de la participation vient une année avant les Jeux. Puis c’est le troisième walk-out des Comores depuis les derniers JIOI », a ajouté le ministre.
Dans un premier temps, Yogida Sawmynaden devait être repris par le chef de file du Labour. « It shows a total disregard towards a friendly country in the Indian Ocean. Comme un ministre de la république peut faire preuve d’une telle attitude ? » s’est demandé Shakeel Mohamed.
Bérenger : The tone I just heard and used by the minister is not correct. Ce qu’il faut savoir c’est que la Charte des JIOI a été violée par la France et La Réunion (aux dépens des Comores).
Sawmynaden : Actually it’s the CIJ. C’est le CIJ qui en est responsable. So what can we do. What can we say.
Un autre rendez-vous hebdomadaire demeure l’écroulement de l’empire Rawat avec un Ponzi-Like Scheme de Rs 25 milliards, chiffre révélé par le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi. La vedette de la séance d’hier était les anciens Special Administrators de BAI Co (Mtius) and Related Entities, le tandem Osman/Busgeet. Répondant à une interpellation du député Reza Uteem, le ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, a confirmé que le tandem de PwC avait logé des réclamations de Rs 85 millions mais que la Financial Service Commission les a « capped » à Rs 27,6 millions. « Mais en sus de ces réclamations de Rs 85 millions, les anciens Special Administrators avaient également présenté une facture de Legal Fees de Rs 51 millions pour le compte de Clarel Benoit Chambers. Ce qui fait que le total des réclamations est de Rs 136 915 250 avec seulement Rs 36,6 millions réglées. De leur côté, les fees réclamés par BDO sont de Rs 12,1 millions avec seulement Rs 6,2 millions payées à ce jour. Les Legal Fees d’ENS Africa avec les services de l’avoué Thierry Koenig sont de Rs 4,7 millions pour deux dossiers, soit le procès de réclamations à la Mauritius Union Assurance et l’autre où Me Mohamed assure les intérêts de Laina Rawat-Burns ».
Uteem : Y a-t-il eu des paiements pour des travaux de sous-traitance ?
Bhadain : Autant que je sache non. Ce sont les détails qui m’ont été communiqués par la Financial Services Commission.
Uteem : BDO a été nommé Financial Transaction Advisor pour le compte de la National Insurance Company. Peut-on savoir le pourcentage qui sera versé à BDO lors de la vente des avoirs de la NIC ?
Bhadain : La question était axée sur les fees des Special Administrators sous l’Insurance Act. La question de Transaction Advisor ne relève pas de ces autorités…
Bérenger : Pou BDO pa konn ditu sa…
Mohamed : The minister has been talking about those crazy numbers (pour les fees des ex-Special Administrators). These have been capped by the FSC. Puis-je obtenir confirmation si le Capping de ces fees est intervenu avant ou après la soumission des réclamations ?
Bhadain : La Letter of Engagement faisait état de la possibilité d’ajuster les fees. La FSC a pris les décisions qui s’imposent. I fully endorse the move.