La seconde tranche des travaux de l’Assemblée nationale, soit celle avant la fin des débats sur le projet de loi relatif à la violence domestique, a été marquée par des exercices de recadrage et de précision de la part des membres du gouvernement. Ainsi, le vice-Premier ministre et ministre du Hadj, Showkutally Soodhun, a profité du Statement Time d’hier après-midi pour répondre de manière catégorique au député de l’opposition Reza Uteem au sujet du coût du billet d’avion pour le prochain pèlerinage du Hadj. Il n’a pas digéré le fait que le député de l’opposition ait osé le défier sur un billet d’avion à meilleur marché que les Rs 35 000 négociées avec Emirates. Il a été aux renseignements auprès d’Air Seychelles et Etihad Airways pour soutenir que le deal avec Emirates reste encore profitable pour les pèlerins de Maurice.
De son côté, le vice-Premier ministre et ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo, a exigé de nouvelles dispositions de la Central Water Authority (CWA) pour mieux ventiler les projets de remplacement de tuyaux sur le réseau de distribution d’eau. Cette démarche fait suite aux critiques formulées la semaine dernière lors de la Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur les opérations du Build Mauritius Fund. À cette occasion, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, avait révélé à la Chambre que le seul contrat alloué jusque-là par la CWA avec le financement du Build Mauritius Fund porte sur le remplacement de huit kilomètres de tuyaux seulement.
Toujours en ce qui concerne les Services publics, Ivan Collendavelloo n’a pas été très tendre envers les promoteurs de projets de Smart Cities. Il leur a fait comprendre que faute d’investissements dans des sources d’énergies nouvelles et renouvelables dans ces projets, le central Electricity Board pourrait élaborer un tarif spécial pour les Smart Cities, « loin du tarif de Rs 2 le kilowattheure ».
En dernier lieu, faute d’excuses de la rédaction en chef du magazine Weekly suite à un précédent éditorial sur le déroulement des travaux parlementaires, Madam the Speaker, Maya Hanoomanjee, a pris la décision d’interdire à la responsable de cette publication l’accès à la galerie de la presse pour quatre séances à partir de la prochaine. C’est l’une des rares fois où l’Assemblée nationale adopte de telles sanctions contre des membres de la presse assurant la couverture des travaux parlementaires.
La polémique entre le vice-Premier ministre et ministre des Terres, Showkutally Soodhun, et le député Reza Uteem se poursuit. Cette fois-ci le terrain est le coût du billet d’avion pour le prochain pèlerinage du Hadj. Il a repris à rebrousse-poil le député de l’opposition, qui avait déclaré la semaine dernière que le prix d’un billet d’avion sur Etihad Airways, le transporteur des Émirats Arabes Unis, est de Rs 31 000 en passant par les Seychelles. « As minister responsible for Hadj, I counter-checked the figures mentioned by the Honourable Member. And I wish to share the information that has been imparted to me by the Chief Executive Officer of Air Seychelles/Etihad Airways », a-t-il dit en guise de préambule aux précisions suivantes :
Air Seychelles/Etihad ne peut prévoir qu’un maximum de 200 places aux éventuels pèlerins pour Jeddah entre le 28 août et le 4 septembre 2016 avec retour entre le 21 et le 30 septembre,
le coût du billet démarre à Rs 37 867. Des brouhahas se font entendre avec des parlementaires de la majorité goguenardant le député Uteem et ce dernier demandant au VPM de déposer le document sur la table de l’Assemblée nationale. « Je le ferai », rétorquera Showkutally Soodhun. Le prix du billet d’avion peut atteindre Rs 53 196 pour la période de pointe quand le nombre de sièges deviendra extrêmement limité. « I am informed that the above mentioned fares apply for travel to Jeddah, from Mauritius via Seychelles with a further stop at Abu Dhabi », ajoute le vice-Premier ministre.
« Complex project »
Showkutally Soodhun est revenu sur l’accord obtenu avec Emirates Airlines, soit un billet d’avion à Rs 35 000 « avec un potentiel de 1 500 pèlerins à être transportés pour le Hadj », souligne-t-il en déposant la correspondance émanant du CEO d’Air Seychelles/Etihad Airways à cet effet.
Toutefois, l’on notera une baisse de la tension lors des échanges précédents avec le vice-Premier ministre et ministre des Terres ciblé lors du Question Time. Répondant au député Kavi Ramano, il a concédé que « the Digital State Land Register is a major and complex project which involves data capture and the system design. The capture of all State Land Parcels data involves scrutinizing some 20 000 case files and hundreds of old plans. This is being done for the first time and is a highly technical exercise ».
Dans un premier temps, la saisie des données a été exécutée sur une base de projet pilote pour la région de Savanne et cet exercice est étendu à d’autres districts. « Consultations and discussions are being carried out in respect of the proposed system design and its relevant scope of works with all stakeholders, namely the Central Informatics Bureau, the State Law Office and the Procurement Policy Office, among others », fait comprendre le vice-Premier ministre et ministre des Terres.
« The Digital State Land Register system will eventually be linked with the existing Land Administration, Valuation and Information Management System (LAVIMS) of my ministry », a-t-il assuré en annonçant que les membres du public auront accès à des modules appropriés du registre. « I would also like to point out that my ministry has already prepared a Policy Framework for the allocation of State Land. This will encourage transparency and accountability regarding allocation of State Land », a-t-il conclu dans sa réponse liminaire.
Ramano : Le vice-Premier ministre peut-il confirmer si un contrat séparé a été alloué pour cet exercice ou si ce travail fait partie des attributions du ministère ?
Soodhun : We have set up a special unit.
Bhagwan : Qu’en est-il du monitoring des Industrial Leases, qui ont été alloués avec aucun développement ?
Soodhun : Nous avions quelque 20 000 dossiers à dépoussiérer…
Ramano : La réalisation du projet LAVIMS a coûté quelque 20 millions de dollars. Maintenant, on a un autre projet pour les terres de l’État. On nous avait fait comprendre que LAVIMS concerne les propriétés foncières privées aussi bien que les State Lands ?
Soodhun : We are dealing with 20 000 cases. It will take nearly one or two years to be completed.
Meea : LAVIMS a coûté aux fonds publics Rs 800 millions. LAVIMS devait inclure des terrains publics et privés et des State Lands. Why is that now we need another software ? What is the time frame ?
Dans un autre ordre d’idées, le VPM et ministre du Logement et des terres a révélé que depuis janvier de l’année dernière, la National Housing Corporation a alloué 16 contrats pour un montant de Rs 623 millions. « I am tabling the list of the contracts awarded together with the respective contract value, the location, the name of the contractor and the bid amount submittted », devait-il ajouter en réponse à l’interpellation parlementaire d’Aadil Ameer Meea.
Pour sa part, le VPM et ministre des Services publics n’a pas tardé pour prendre le taureau par les cornes au niveau de la CWA. Les échanges entre le ministre des Finances et le leader de l’opposition suite à la PNQ sur le Build Mauritius Fund l’ont poussé à exiger à la CWA de prendre des mesures. « I am making a statement on the water supply projects being implemented by the CWA under the Build Mauritius Fund. Following the PNQ of 7 June 2016 pertaining to the water pipe replacement works, I requested the CWA to compile a comprehensive directory of all its pipe replacement and water supply improvement projects », a déclaré Ivan Collendavelloo lors du Statement Time. Il a déposé sur la table de l’Assemblée nationale une copie de ces relevés des travaux en cours et des projets « in the pipeline » de même que le calendrier de travail. « I have also asked the CWA to allow it directory to be open at its premises for public consultation. A soft of the directory will also be made available to members of the House », a-t-il ajouté, comme quoi le contrat de huit kilomètres seulement de la PNQ a dû faire mal.
Auparavant, Ivan Collendavelloo n’a pas hésité à sortir le rotin contre des promoteurs de Smart Cities réfractaires à des investissements dans des sources d’énergie nouvelles et renouvelables. Répondant au député rouge Osman Mahomed au sujet des demandes en énergie électrique pour les projets de Smart Cities, il a révélé que les demandes consignées au Central Electricity Board sont les suivantes :
Mon Trésor Smart City : 20 MW
Azuri Phase II : 10 MW
Médine Smart City : 12 MW
Pailles Smart City : 16 MW
Heritage City : 35 MW
« The Smart Cities Guidelines provide that smart cities should include measures which to the extent possible generate their own requirements through eco-friendly mechanisms such as solar plants and wind farms. The CEB is therefore expected to supplement their electricity requirements and provide backup facilities », dit-il.
Au tableau de l’offre, le VPM et ministre des Services publics a énuméré une série de projets, dont :
– la centrale thermique de Saint-Louis avec une capacité additionnelle de 68 MW à partir de septembre 2017 ;
– le projet de Combined Cycle Gas Turbine de Fort-George avec une capacité potentielle de génération de 80 MW en 2018 et de 40 MW en 2019 ;
Condition sine qua non
– Alteo prévoyant une contribution additionnelle de 26 MW en période d’entrecoupe ;
– et le projet de Waste-To-Energy avec 30 MW à partir de 2019/20.
Le VPM et ministre des Services publics a aussi fait état de 75 MW additionnels pendant la journée avec des projets de Solar PV et 39 MW à partir des fermes éoliennes de Plaine-des-Roches et de Plaine-Sophie.
Osman Mahomed : Les dernières statistiques officielles confirment la tendance à la hausse dans la consommation d’énergie électrique. Le vice-Premier ministre sait pertinemment bien que le Board of Investment ne fait qu’encourager les promoteurs de Smart Cities à se lancer dans des projets de sources d’énergie Eco-Friendly. Ce n’est pas une condition sine qua non. It’s not a mandatory requirement. Est-il confiant de pouvoir satisfaire la demande venant des Smart Cities ?
Collendavelloo : Deux questions en une. La première porte sur l’Overall Capacity sur le plan national. Il y a une augmentation dans la demande. Il y a un accroissement dans la capacité de génération en dépit des obstacles que certains veulent placer sur notre chemin. Certes, pour les Smart Cities, on encourage les promoteurs à s’engager dans la voie de la génération, qui soit Eco-Friendly. S’ils ne veulent pas être Smart et s’ils croient pouvoir s’appuyer sur les transformateurs désuets du CEB ou les vieilles pompes de la CWA, ce sera à leurs risques et périls.
À ce stade, le député Alan Ganoo intervient pour demander s’il n’y a pas lieu d’imposer un seuil en termes de pourcentage pour la génération d’énergique électrique, qui soit eco-friendly, pour les Smart Cities. Le vice-Premier ministre répondra qu’un comité technique a été institué pour se pencher sur cet aspect.
Mahomed : Je reviens sur le fait que les promoteurs ne sont qu’encouragés. Nous savons aussi que les investissements dans des sources d’énergie renouvelables sont onéreux avec une tendance d’avoir recours au système en vigueur ?
Collendavelloo : I don’t believe in imposing things. Ce n’est pas mon genre. Je les encourage. Mais je leur dis que s’ils n’investissent pas dans des formules Eco-Friendly, leurs factures d’énergie seront très élevées, voire extrêmement lourdes. Il y a un tarif spécial pour eux. Ils ne pourront pas bénéficier du kWh à Rs 2. Ça, c’est sûr.
Le ministre de la Santé, Anil Gayan, a confirmé que le gouvernement ne compte pas s’immiscer dans la problématique de la certification Halal pour les produits alimentaires. « Halal and vegetarian certification si not a public health issue », a-t-il déclaré en citant l’exemple de la Malaisie en réponse à une interpellation du chef de file du Labour, Shakeel Mohamed.
Mahomed : Une précédente fois, le ministre avait laissé entendre qu’à ce sujet les autorités se laisseront guider par ce que déclareront les Muftis. Peut-il révéler quand il a rencontré les Muftis et les responsables de la Jummah Mosque à ce sujet.
Gayan : Je n’ai pas les dates avec moi. Je dis qu’il y a des instances religieuses qui s’occupent de cette affaire et que c’est mieux de les laisser faire. L’un des responsables de la Jummah Mosque, qui est également un homme d’affaires, m’a fait comprendre que la Jummah Mosque a décrété Pepsi Cola comme étant Halal. Dans les commerces partout, vous avez des panneaux signalant les produits Halal. Des officiers de mon ministère ont rencontré des Muftis et moi le président de la Jummah Mosque.
Shakeel Mohamed : Madam The Speaker, when you were the minister of Health…
Speaker : Ne me mêlez pas…
Mohamed : De préférence, je dirai que sous une précédente ministre de la Santé, des règlements avaient été élaborés à cet effet après des consultations avec des autorités religieuses ; le State Law Office avait été impliqué dans cet exercice. Il y a même eu le feu vert du State Law Office. Aujourd’hui, nous apprenons que cette affaire de Halal Certification n’est pas une Public Health issue. What has changed ?
Meea : Gayan inn vini…
Gayan : The very fact is that it could not be done. It is not a public health issue. It’s only a certification issue…
Mohamed : Depuis 2010, il y a eu différents comités et de nombreuses réunions à ce sujet. Est-il disposé à déposer sur la table de l’Assemblée nationale les procès-verbaux de ces délibérations de même que l’ébauche du projet de loi avec le sceau du State Law Office ?
Gayan : The Honourable member has been a minister in the last government. Il avait toute la latitude de faire adopter ces règlements. Pourquoi cela n’a pas été fait ? It was for obvious reason. It can’t be done.