Certains s’attendaient peut-être qu’ils détaillent le contenu de ses discussions avec le MMM. Le Premier ministre ne l’a, évidemment, pas fait. Il a, par contre, bien fait languir ceux qui s’étaient déplacés pour les toutes dernières informations concernant la réforme électorale en abordant ce sujet à la toute dernière partie de son intervention sur le Discours-Programme, vendredi, en soirée. Navin Ramgoolam a, au moins, eu le mérite d’être clair à ce sujet en annonçant que le texte y relatif en préparation sera présenté dès qu’il sera prêt et que s’il faut rappeler l’Assemblée Nationale pour en discuter, ce sera fait.
Le chef du gouvernement était le dernier intervenant sur le Discours-Programme 2012-2015 présenté le 16 avril dernier. Il a attaqué le sujet de la réforme électorale et du financement des partis politiques en rappelant que la constitution demande à être modernisée 44 ans après l’accession du pays à l’indépendance en vue d’assurer plus de justice, de favoriser la construction d’une vraie nation et de promouvoir une meilleure représentation de la femme.
« Nous ne prétendons pas tout savoir, c’est pourquoi il y a eu la commssion Sachs entre 2000 et 2005 et que moi-même j’ai fait appel au Professeur Carcassonne dont les observations ont été une ‘surprise’ pour nous », a reconnu le PM. Le rapport Sachs était bon, mais il y a eu toutes sortes de comités et de débats. « Je ne crois pas dans les comités parce que c’est la meilleure manière de tuer un projet », a enchaîné Navin Ramgoolam.
Il a, d’ailleurs, rappelé que tout leader de l’opposition qu’il était entre 2000 et 2005, il n’avait pas hésité à affirmer être favorable à une réforme électorale. Le gouvernement d’alors disposait d’une majorité pour mener à bien cette réforme, mais il y a avait un parti, le MSM qualifié de « backward looking » qui était contre toute modification du système.
Le chef du gouvernement a profité pour commenter le phénomène des 60/0, surtout le tout premier de 82 dont certains commentateurs étrangers, rappelle-t-il, avaient observé que c’est unique au monde qu’un peuple opte pour un « one party state ». Aussi, croit-il qu’un système équitable doit pouvoir prévoir ce qui n’est peut-être pas prévisible. Il n’y pas de solution parfaite, ajoute-t-il, tout en disant que l’on peut toutefois arriver à un système plus juste.