Pour Paul Bérenger, en dépit d’une amélioration de l’économie mondiale et de l’aide généreuse de l’Inde, le budget 2017-2018 n’apportera pas de croissance. Malgré « les chiffres et les faits » avancés, dit-il, il n’y a pas de plan relance économique viable dans la durée. Revenant sur les prévisions de la croissance dans le budget 2016-2017, il a fait ressortir que le chiffre de 4,1 % avait été avancé, avant d’être ramené à 3,9 %. Même là, selon lui, le chiffre réel est encore plus bas. « Pour le présent budget, on prévoit un GDP Growth de 4.1 %, qui risque à nouveau de ne pas être atteint ».
La cause principale de cette situation, soutient Paul Bérenger, est l’insuffisance du budget de développement de l’État et sa sous-utilisation. « En 2016-2017, 43 % de ce budget n’ont pas été développés. Les raisons sont le besoin de contenir le déficit budgétaire et les lenteurs administratives ». Il est d’avis que le même scénario se produira pour le budget 2017-2018. « On avait prévu un miracle économique, mais c’est le marasme économique ».
Paul Bérenger a également attiré l’attention sur le fait que « la sonnette internationale » commence à retentir lorsque le déficit dépasse 3 % du GDP. Selon lui, avec la dette liée aux deux lignes de crédit avec l’Inde, le remboursement des clients de la BAI et le dommage à payer à Betamax, la situation risque de se compliquer. Il a souligné que tout cela doit être inclus dans la dette et que le FMI fait exception seulement sur certaines conditions.
Par ailleurs, le leader du MMM trouve inacceptable que le budget ne fasse pas mention du Brexit alors que 40 % des exportations, principalement le textile et le thon, sont vers la Grande Bretagne. Idem pour le changement climatique et le secteur financier, où des jours difficiles sont prévus avec les règlements de l’OCDE et l’impact du nouvel accord de traité fiscal avec l’Inde, d’ici 2019.
Sur le plan social, Paul Bérenger affirme que le budget 2016-2017 avait apporté de l’espoir avec la subsistance allowance, mais qu’il y a eu beaucoup de déceptions. De même, aucune mention du salaire minimum n’a été faite. Il fait ressortir que la Negative Income Tax ne concerne que les personnes employées à plein-temps.
Pour Paul Bérenger, l’annonce de la création d’une Mauritius National Investment Authority est inquiétante. « Rs 130 milliards des fonds du NPF et du NSF, ainsi que les Surplus funds sont concernés, sans que les salariés et les syndicats ne soient consultés. Qui va gérer cette instance et qui va faire les nominations ? Quelle sera son indépendance ? » s’est-il demandé.
Le député mauve a également réclamé que le rapport singapourien sur le métro léger soit rendu public. Concernant Agaléga, il a fait état « d’inquiétudes » sur la manière du Premier ministre de répondre aux questions à ce sujet. « Quand j’étais PM, l’accord avec l’Inde concernait une piste d’atterrissage seulement. Navin Ramgoolam est venu dire par la suite que l’Inde imposait des conditions qu’il n’avait pas acceptées mais que le présent Premier ministre aurait acceptées. Il est important que la population sache quelles sont ces conditions ».
Paul Bérenger est aussi revenu longuement sur l’affaire BAI et l’affaire Sobrinho, relevant que les différents procès contre l’homme d’affaires angolais, notamment concernant le détournement de fonds auprès d’une banque au Portugal, risquent de faire du tort à la crédibilité de Maurice et à son secteur financier.