Les inondations du 30 mars provoquent toujours des débordements dans l’hémicycle
Un total de 1,372 plaintes reçues à un comptoir spécialement organisé à cet effet par la Banque de Maurice dont 1,213 contre White Dot pour un montant de Rs 530 millions, 154 pour Sunkai (Rs 39 millions) et 5 autres formulées contre les compagnies Je T’aime Marketing et Emidore Ltée (Rs 4 millions). Les chiffres du Ponzi Scheme dont les dessous défraient la chronique ont été révélés par le ministre des Finances en réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Alan Ganoo, mardi dernier à l’Assemblée Nationale.
Autres chiffres mis en avant, les saisies effectuées par les tribunaux suite à des demandes dans ce sens du Directeur des Poursuites Publiques. Dans le cas de White Dot, les saisies concernent 37 véhicules, 11 motocyclettes, un coffre-fort dans une banque commerciale, 56 comptes bancaires des suspects totalisant Rs 11 millions, 2 portions de terres et, dans le cas de Sunkai, un terrain, 3 appartements, 18 comptes, 3 véhicules et 363 chèques de compagnie d’une valeur de Rs 128 millions.
Plus surprenant le fait que le ministre a dit que les autorités ont agi lorsqu’il y a eu le premier Suspicious Transaction Reporting (STR) en avril 2012 mais qu’elles n’ont rien trouvé d’illégal, ce qui a provoqué de vives réactions des bancs de l’opposition.
Si l’opposition a dénoncé la faillite des institutions et leur incapacité à prévenir ce genre d’arnaque à grande échelle, le ministre, lui, a sorti une parade, des amendements apportés à la loi en 2003 qui ont retiré certains pouvoirs à la Bank of Mauritius (BOM) pour les confier à d’autres organismes. Cela dit, Xavier Duval a, en quelque sorte, apporté de l’eau au moulin de l’opposition en disant que le FMI sera appelé à la rescousse pour voir plus clair dans ces escroqueries.
Le Ponzi Scheme décortiqué, place ensuite aux inondations meurtrières du 30 mars. Il y avait plusieurs questions pour le Premier ministre sur ce drame de triste mémoire dont celles de Mahen Seeruttun sur le National Disaster Management. À ce sujet, le chef du gouvernement a expliqué qu’il y a deux comités, celui présidé par le Commissaire de Police qui s’est réuni 8 fois depuis le début de l’année et le comité cyclone que préside Suresh Seebaluck et qui a tenu 3 réunions.
Navin Ramgoolam s’est même emporté après que le député de l’opposition Rajesh Bhagwan a, en citant les propos tenus par son propre ministre Shakeel Mohamed, insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de policiers sur le terrain au moment de ces événements tragiques, mais Navin Ramgoolam a affirmé que les agents de l’ordre étaient en imperméable, ajoutant à l’adresse de l’auteur de la question supplémentaire « si, lui se balade nu sous la pluie! »
Il n’était pas, non plus, content que Joe Lesjongard lui dise que le Parlement s’est réuni en 104 occasions depuis que le Juge Domah a, dans son rapport sur les inondations de mars 2008, préconisé une structure légale pour ce centre qui doit s’occuper de la gestion des catastrophes. Le PM a commencé par rappeler que c’est lui qui a mis sur pied ce comité avant d’ajouter que, puisque c’est un dossier compliqué, l’expertise étrangère a aussi été sollicitée.
Zéro question pour l’opposition
Autre question sur les inondations qui ont provoqué un indescriptible brouhaha dans l’hémicycle, celle de Nita Deerpalsing sur le déplacement à l’étranger du Lord-maire Aslam Hosenally. C’est Deva Virahsawmy, ministre suppléant des Administrations Régionales, qui a répondu indiquant que c’est sur décision du conseil municipal que ce voyage a été décidé et qu’il a été autorisé par le ministère.
Le Lord-maire, a-t-il indiqué, est parti le 29 mars pour une conférence du comité exécutif de l’Association Internationale des Maires Francophones qui s’est déroulé du 1er au 3 avril à Ventiane au Laos. Ce fut ensuite une bordée de supplémentaires de la députée travailliste, très orientées avec les réponses que l’on pouvait deviner.  À sa question de savoir où était Aslam Hosenally le 30 mars, Deva Virahsawmy, qui, pour un suppléant, avait toutes les réponses dans son dossier, a dit que le Lord-maire était encore à Kuala Lumpur.
Déjà très électrique, l’ambiance devait devenir encore plus tendue avec cette question de Nita Deerpalsing demandant si le Lord-maire ne pouvait pas rebrousser chemin et rentrer. Le leader de l’opposition a fait valoir que les Standing Orders ne permettent pas des questions basées sur des hypothèses mais le Speaker a réagi en annonçant qu’il viendra avec une clarification à ce sujet tout en autorisant la question supplémentaire hypothétique. Deva Virahsawmy ne s’est pas fait prier pour dire que le Lord-maire aurait du rentrer « s’il était une personne responsable. »
Ce qui a déclenché de nouvelles hostilités avec plusieurs députés de l’opposition insistant pour qu’ils aient le droit de poser, eux aussi, des questions supplémentaires. Steve Obeegadoo devait, d’ailleurs, souligner que « from my understanding of parliamentary practice, and I have been in the House for a good many years, when somebody from this side of the House puts a question, supplementary questions from backbenchers of the majority are allowed. I would like to know whether the reverse does not apply, that is, when a question is put by a backbencher of the majority, nobody on this side of the House – the Opposition – is entitled to a supplementary question? »
Cet élégant plaidoyer n’a eu aucun effet et Adil Ameer Meea, debout pour poser une supplémentaire, a dû se rasseoir, le Speaker ayant décidé de passer à la question suivante, ce qui a passablement énervé le député qui a lancé « unfair, partisan » à la ronde, le Speaker déclarant avoir « taken note of your comments. »  Toujours est-il que sur cette interpellation de la députée Nita Deerpalsing, il y a eu zéro supplémentaire de l’opposition.
Les « cadeaux » à Sarako, compagnie du frère du ministre Seetaram
L’affaire Sarako, compagnie de Shyam Seetaram, est revenue sur le tapis, cette semaine encore, avec le député Joe Lesjongard qui a versé de nouvelles pièces à ce dossier qui prend des allures de scandale, de favoritisme basé sur la connexion politique, d’autant que Rajesh Bhagwan a remis ça en affirmant que le contrat alloué à Sarako était une condition du passage de Jim Seetaram du MSM au PTr mais le Deputy Speaker Pradeep Peetumber a refusé cette supplémentaire.
Après avoir, la semaine dernière, révélé que les subsides accordés à Sarako devraient totaliser Rs 748 millions sur 20 ans, Joe Lesjongard s’est, cette semaine, attardé sur plusieurs autres aspects de ce dossier, dont la cession de 80 arpents de terres à Bambous pour le projet de ferme solaire de 15 mégawatts, alors qu’il est établi que pour la production de 2 mégawatts, il faut un arpent et que ce sont seulement 30 arpents qui auraient dû être attribués à ce projet. Le député a également soutenu que Shyam Seetaram et son partenaire allemand, TS Almeria, n’ont absolument aucune expérience de l’énergie solaire. Rashid Beebejaun qui, la semaine dernière, avait annoncé qu’une lettre d’intention avait été délivrée à Sarako, a répété que les négociations sur le prix de vente de l’énergie et autres aspects techniques du projet sont toujours en cours avec le CEB.
Fête du Travail oblige, même si l’alliance gouvernementale sera absente, pas de séance parlementaire le 30 avril, les travaux ayant été ajournés au 7 mai prochain.