Poursuivi pour l’assassinat de sa mère, Rashida Noorah, 65 ans, l’ex-constable Ziaoudeen Noorah, 33 ans, a comparu hier devant le juge Benjamin Marie-Joseph aux Assises. Bien que l’accusé affirme avoir retenu les services de Me Rama Valayden, ce dernier n’était pas présent en cour. Ce qui a suscité une remarque de l’avocat de la poursuite, Me Shakeel Bhoyroo, qui a déclaré que le procès de Ziaoudeen Noorah « a déjà été renvoyé à trois reprises en raison de l’absence de son avocat ». Son procès, cette fois, a été fixé au 27 juin.
Ziaoudeen Noorah devra cependant être présent en cour avec son homme de loi le 6 juin pour finaliser les affaires préliminaires avant le procès, qui devrait se dérouler devant un jury, l’ex-constable ayant l’intention de plaider non coupable. Me Shakeel Bhoyroo a souligné que « tous les documents relatifs à ce procès avaient été communiqués à l’accusé » et que l’avocat de la défense devra être en contact avec le bureau du DPP pour la communication des dossiers. L’ex-constable soutient que toutes ses déclarations prises par la police étaient « by deception ». Son procès a été renvoyé à trois reprises car il n’avait pas d’avocat.
Cette affaire remonte à octobre 2011. L’accusé ne supportait pas que sa mère soit à la base de plusieurs conflits, dont sa séparation avec son épouse. Affecté au poste de police de Vacoas et comptant 11 ans de service, l’ex-constable aurait laissé mourir sa mère alors qu’elle dormait à poings fermés. Il avait avoué avoir mis le feu à sa chambre suite à une dispute concernant son couple. L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Sudesh Kumar Gungadin, avait attribué le décès à une asphyxie causée par l’inhalation excessive de fumée.
Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2011, la police et les pompiers ont été mandés à Riverside, Phoenix. Ils croyaient avoir affaire à un incendie accidentel, mais ont senti une odeur de pétrole dans la maison. De plus, seule la chambre de la mère était en feu. L’enquête avait ainsi débouché sur l’arrestation du fils de la victime, Ziaoudeen Noorah.
Arrêté par la MCIT de Curepipe, le policier avait avoué les faits. Il a fait part de sa « torture » provoquée par sa mère, qui n’avait « jamais accepté » son mariage. Ce père de deux enfants avait déclaré à la police qu’il « ne pouvait plus supporter cette situation ». Il a soutenu que, depuis son mariage, sa mère n’avait cessé d’importuner son épouse pour des broutilles, étant donné qu’elle était possessive à son égard. Il avait donc quitté la maison maternelle pour aller vivre avec sa femme et ses enfants à Vacoas. Quelques mois plus tard, sa mère serait venue le voir pour lui demander de rentrer à la maison. Ziaoudeen Noorah aurait alors abandonné sa famille pour retourner vivre chez sa mère. Et c’est à partir de là que les choses auraient commencé à se détériorer. Malgré le retour de son fils, Rashida Noorah aurait continué à lui mener la vie dure, car il gardait contact avec son épouse et ses enfants. Raison pour laquelle, selon l’accusé, il aurait commis l’irréparable quelque mois plus tard.