Le juge Eddy Balancy, siégeant aux Assises dans l’affaire du meurtre de Daivannai Chocalingum, a rendu un ruling en faveur de la poursuite hier, suite à la motion de la défense d’abus de procédures pour un « stay of proceedings ». Madunlall Noyan, complice présumé dans l’affaire, a été appelé à témoigner.
Jeevadessen Chocalingum, plus connu comme Sen Chocalingum, a comparu hier devant le juge Eddy Balancy. Le DPP (directeur des poursuites publiques) lui intente un procès devant les Assises pour l’assassinat de sa mère Daivannai Chocalingum en vertu des articles 215, 216 et 217 du Code criminel. L’instance criminelle de la Cour suprême a rendu un ruling suite aux débats de mercredi sur la motion d’abuse of process soulevée par la défense, menée par Mes Bala Padiachy, Vidaya Jugurnath et Avineshwur Dayal. Le juge Eddy Balancy a statué qu’il est d’accord avec les arguments du ministère public représenté par Mes Mohana Naidoo (Assistant DPP) et Abdool Raheem Tajoodeen (State Counsel), et a rejeté la motion de la défense.
La poursuite a alors appelé le main witness de l’affaire, Madunlall Noyan. Ce dernier a été traduit devant la même instance en juin et a été condamné à 15 ans de servitude pénale par la juge Saheeda Peeroo, sa charge initiale d’assassinat ayant été requalifiée en manslaughter sous l’article 215 du Code pénal. C’est lui qui a incriminé Sen Chocalingum dans cette affaire, affirmant que c’est l’accusé qui a tout organisé. Il a avancé qu’il tenait les pieds de la victime pendant que l’accusé étranglait « Amaï », sa propre mère. Noyan a précisé qu’il n’a rien déplacé dans le salon la nuit du meurtre et n’a rien pris dans la maison.
Me Mohana Naidoo : Ti ena enn lafnet sa salon ?
Madunlall Noyan : Wi…
Me Mohana Naidoo : Ou ti remarke si ti ena baro ladan ?
Madunlall Noyan : Non…
Me Naidoo a alors dit à la Cour que le témoin se contredit et a demandé la permission au juge de lui lire une partie de la déposition du 28 février 2007 où celui-ci raconte qu’il avait utilisé une scie pour couper une barre de fer. Interrogé par Me Mohana Naidoo, le témoin à charge a affirmé que ce qu’il y a dans son statement est exact en précisant que c’est Sen Chocalingum lui-même qui lui aurait demandé de la couper. « Sen inn dir mwa donn li feray la pou li zett li dan bwa ! »
Me Mohana Naidoo : Kan ou ti koup sa avek lasi kouma ou finn fer ?
Madunlall Noyan : Avek lapins monn dekal li.
Me Mohana Naidoo : Apre kinn fer ?
Madunlall Noyan : Linn rant dan lakaz…
Le complice présumé a expliqué qu’il faisait noir dans la maison ce jour-là. Madunall Noyan a souligné que le prévenu avait une torche noire à la main. Selon lui, ils ont attendu que la sexagénaire se rapproche d’eux avant de commettre l’irréparable. Il a raconté qu’il n’y avait pas d’électricité chez « Amaï » ce soir-là car « Sen ti koup take Central ».
Me Mohana Naidoo : Eski ou ti zwenn akize lendemin ?
Madunlall Noyan : Non…
L’avocate de la poursuite a fait part que « the witness is departing » de sa déposition. Madunlall Noyan avait dit à la police que « Sen inn koz ar mwa ek nou finn al kot so garaz ». Le témoin a déclaré qu’il avait bien dit cela à la police. Il a affirmé que l’accusé lui parlait quand ils étaient « on remand ».
Me Mohana Naidoo : Ki li ti pe dir ou ?
Madunlall Noyan : Li ti pe dir mwa pran sarz la.
Me Mohana Naidoo : Dan lakour zordi eski ou pe koz laverite ?
Madunlall Noyan : Wi.
Me Mohana Naidoo : Ou konn lir ou ekrir ?
Madunlall Noyan : Non
Me Bala Padiachy a demandé à la Cour le transcript de l’interrogatoire de Madunlall Noyan après la fermeture du « case for the prosecution » par Me Mohana Naidoo.