L’inspecteur Ranjit Johkoo a été appelé hier par la poursuite à produire les dépositions de Sen Chocalingum. Me Mohana Naidoo du State Law Office a procédé à l’interrogatoire du témoin. La défense a demandé que le contre-interrogatoire de l’enquêteur soit fixé à aujourd’hui « in the interest of justice ». L’examination in chief du Detective Inspector Gérard suivra.
Les auditions ont repris hier devant les Assises dans le procès qu’intente le directeur des poursuites publiques (DPP) à Jeevadessen Chocalingum, plus connu comme Sen Chocalingum. Ce dernier est accusé d’avoir prémédité le meurtre de sa mère, Daivannai Chocalingum, sous les articles 215, 216 et 217 du Code criminel. L’assassinat a été commis dans la nuit du vendredi au samedi 24 février 2007 au domicile de la victime alors âgée de 73 ans et habitante de Pamplemousses. Il a plaidé non coupable et nie en bloc les accusations de son complice présumé Madunlall Noyan.
L’inspecteur Johkoo a consigné trois dépositions de l’accusé en mars 2007. Dans celle en date du 1er mars 2007, Sen Chocalingum fait état de soucis familiaux avec ses soeurs. L’inspecteur lui avait demandé s’il était en bons termes avec la victime. Celui-ci devait répondre que oui. « Mo ti koze me pa ale vini akoz mo ban ser. »
Sen Chocalingum raconte dans son statement qu’il se rappelle qu’il y avait un cyclone la veille : Gamède. Le prévenu affirme avoir pris trois verres avant de rentrer. « Monn manze ek bwar trwa grog ankor… Kan monn senti mwa impe sou lerla monn al dormi », explique-t-il dans sa déposition. Il a aussi déclaré que sa femme et sa fille étaient présentes ce jour-là. L’accusé a soutenu qu’il a dormi jusqu’au matin et que c’est l’un de ses neveux qui est venu l’informer du décès de sa mère.
Selon la version de Madunlall Noyan, le prévenu lui aurait dit qu’il devait s’acquitter d’une « tâche » chez Daivannai Chocalingum. Il soutient qu’ils ont bu une bière avant d’aller chez la victime ce soir-là. « Ti al kasiet dan so lasam avan ki li vini », précise-t-il dans sa déposition.
Le complice présumé explique que le prévenu a giflé sa mère et lui a donné des coups de pied. La victime a, quant à elle, griffé au cou son agresseur. « Mama mo bizin kass… Mo finn trime pou twa ». C’est ce que l’accusé aurait déclaré au moment des faits, selon Madunlall Noyan.
Sen Chocalingum, pour sa part, a déclaré qu’il connaît Madunlall Noyan depuis son enfance. « Dimounn inn bizin dir li dir sa ! Li enn latet fatigue li ».
L’enquête policière, menée par les limiers de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) sous la supervision du Detective Inspector Gérard et l’inspecteur Johkoo, a mené à deux suspects : Sen Chocalingum et Madunlall Noyan. Ce dernier a déjà comparu devant l’instance criminelle de la Cour suprême en juin et a été condamné à 15 ans de servitude pénale. Sa charge initiale d’assassinat a été requalifiée en manslaughter sous l’article 215 du Code pénal par le DPP. Il a déclaré qu’il regrettait son geste car la victime était comme une mère pour lui.
Sen Chocalingum est représenté par Mes Bala Padiachy, Vidaya Jugurnath et Avineshwur Dayal. L’Assistant DPP Mes Mohana Naidoo et le state counsel Abdool Raheem Tajoodeen représentent le ministère public. Les auditions se poursuivent aujourd’hui.