Le juge Benjamin Marie Joseph, siégeant aux Assises, a mis le jugement de Prithviraj Deepchund en délibéré après avoir écouté la plaidoirie de la défense et le réquisitoire de la partie civile. L’accusé est poursuivi pour trafic d’héroïne entre Madagascar et Maurice. Il aurait causé l’importation d’environ 619 grammes de cette drogue sur le sol mauricien. Rijanirina José Alain Andriamanga, un passeur malgache appréhendé par l’ADSU avec 62 boulettes d’héroïne en juin 2010, l’a identifié en cour comme étant « le patron ».
Prithviraj Deepchund est poursuivi devant la cour d’assises pour trafic de drogue. Il a plaidé non coupable et est défendu par Mes Gyansham Bhanji-Soni, Kevin Lukeeram et Sulakshna Gigabhoy. Le Senior State Counsel Me Jean-Michel Ah Sen et la State Counsel Me Kevina Poollay-Mootien représentent le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) devant le juge Benjamin Marie Joseph.
Me Gyansham Bhanji-Soni, Leading Counsel de la défense, a commencé sa plaidoirie en soutenant que son client est passé par des moments douloureux durant ces deux années en détention préventive. Selon lui, le dossier à charge de la poursuite ne prouve rien contre Prithviraj Deepchund. Il avance aussi que la police n’a pas daigné vérifier son alibi. « Pourtant si la police l’avait vérifié en 2010, tout aurait été plus simple. Personne n’a vérifié si la dénommée Nirina existait vraiment », a-t-il soutenu. La police aurait aussi demandé à deux fonctionnaires de ne pas perdre de temps à vouloir venir témoigner.
« Pensez-vous vraiment que si l’accusé était le cerveau de cette organisation, il serait venu à Maurice alors que la police a arrêté le courrier (Rijanirina José Alain Andriamanga) ? Aurait-il utilisé son numéro de téléphone personnel ? Comment le cerveau d’un trafic de cette envergure ne saurait pas cacher son numéro ? », s’est interrogé Me Gyansham Bhanji-Soni. L’avocat a souligné que quand José Andriamanga a été appréhendé, la police n’avait même pas de traducteur. Le passeur parlait tout le temps en malgache à ses contacts. « La police a erré dans le noir lors de ses conversations », a-t-il souligné.
Me Ah Sen est d’avis que les témoins à charge sont crédibles. « Ils ont témoigné et ont résisté au contre-interrogatoire de la défense », a-t-il soutenu. Le représentant de la partie civile est convaincu qu’il y a assez de preuves pour que Prithviraj Deepchund soit trouvé coupable.
Le passeur malgache José Andriamanga avait été appelé à la barre des témoins mercredi. Il a soutenu qu’une certaine Nirina l’a approché pour faire un voyage à Maurice afin de faire passer de la drogue. Il aurait avalé 62 boulettes d’héroïne avant de prendre l’avion. Intercepté le 20 juin 2010 par les éléments de l’ADSU, il a coopéré avec la police. Le Malgache a aussi identifié Prithviraj Deepchund comme le « patron ». Cet habitant d’Hermitage opérant un magasin dans la Grande île serait derrière l’importation d’environ 619 grammes d’héroïne.