Pour la troisième journée des Assises de l’éducation les participants ont délaissé le curriculum pour se pencher sur les difficultés de la vie scolaire. L’indiscipline, la violence et l’absentéisme, entre autres, ont animé les débats. La responsabilité des enseignants et le rôle des leçons particulières ont aussi été évoqués. L’idée d’introduire une loi pour contrôler cette pratique comme c’est déjà le cas pour certaines classes du primaire a aussi été émise.
Entre ceux qui considèrent les leçons particulières comme un des maux de notre système et ceux qui le défendent comme un droit fondamental, il y a un grand écart. Hier ce sujet est revenu inévitablement au menu des discussions, même s’il ne figurait pas à l’agenda du jour. Comment aborder le problème d’absentéisme au secondaire, particulièrement au troisième trimestre, sans faire le lien avec les leçons particulières ?
À cette période, c’est connu, certains étudiants préfèrent manquer les classes pour se consacrer aux révisions. « Mais c’est encore plus grave quand les enseignants s’absentent pour donner des leçons particulières », ont fait ressortir des participants.
Alors que depuis des années, le ministère de l’Éducation assiste impuissant à cette vague d’absence au cours du troisième trimestre, l’idée d’introduire une loi pour contrôler les leçons particulières au secondaire, comme c’est déjà le cas pour certaines classes du primaire, a été émise. Il reste à savoir si le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, aura le courage d’aller de l’avant avec un tel projet, face au lobby syndical et la pression des parents, déjà qu’il est sévèrement critiqué par certains syndicats pour avoir interdit les leçons particulières en Std IV. Il n’est un secret pour personne, non plus, que ces leçons continuent de plus belle, malgré la loi.
Des participants ont également proposé d’inscrire le nombre d’absences en un an sur le leaving certificate, pour encourager les élèves à continuer à venir en classe au troisième trimestre.
Au primaire, l’absentéisme a un tout autre visage. La plupart du temps, ce sont les raisons socio-économiques et les problèmes familiaux qui privent les enfants de leurs droits d’aller à l’école. D’où la nécessité d’établir une passerelle entre l’école et la famille. Cette réalité est d’autant plus présente dans les ZEP. S’exprimant sur ce sujet, le Head Master de l’école Emmanuel Anquetil à Roche-Bois a expliqué comment à travers le dialogue et la disponibilité, il a pu gagner la confiance des parents et des enfants.
Pour ce qui est de la violence et de l’indiscipline, les professionnels s’accordent à dire qu’ils doivent être traités en prenant en considération l’environnement familial et l’influence sociale. L’idée de réintroduire le “discipline master” pour aider à responsabiliser les enfants a également été évoquée.