La deuxième journée des Assises de l’Éducation, hier, avait pour thème Re-engineering Basic Education. Dans ce contexte, les discussions ont été principalement axées sur la réforme du CPE. Il a été suggéré que l’examen écrit soit comptabilisé sur 75% alors que les 25% restants soient attribués lors d’exercices de contrôle continu depuis la Std V. Quoi que cette idée ait été bien accueillie, les participants n’ont toutefois pas caché leurs craintes par rapport à l’objectivité de l’enseignant chargé d’attribuer ces points. Par ailleurs, le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree n’a pas caché sa déception par rapport à l’absence de propositions concrètes sur la manière d’appliquer le nine year schooling.
Plusieurs changements ont été annoncés dans le projet de réforme du CPE depuis l’année dernière. Parmi, figurent de nouvelles méthodes d’évaluation sur trois niveaux : Knowledge and Understanding qui comportera 40 % des points ; Application and Interpretation avec 40 % également et Analysis and Evaluation avec 30 % des points. Le continuous assessment avait aussi été évoqué depuis le dernier exercice de CPE Review Forum.
Hier, Sandhya Chakowa, Principal Research Officer du MES, a donné plus de détails sur la manière dont ces nouvelles mesures seront appliquées. Il est prévu que 75 % des points de l’examen écrit seront retenus alors que les 25 % restants seront attribués à travers des contrôles continus depuis la Std V.
Pour le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, une telle méthode éviterait de pénaliser les enfants qui ont la crainte des examens. Une idée que semble bien accueillir la majorité des participants à ces Assises, sauf que des questions subsistent sur la manière dont ces contrôles continus seront menés tout comme l’objectivité de l’enseignant.
La Principal Research and Development Officer du MES précise que ces contrôles seront intégrés dans le processus d’apprentissage. « Par exemple, la capacité à s’exprimer oralement a été longtemps négligée dans notre système. Or, elle est importante pour évaluer les langues. » Elle a aussi suggéré la mise en place de petits laboratoires dans toutes les écoles primaires pour des expériences simples de la classe de Science. « Il est connu que learning by doing est très efficace chez les enfants. Ces derniers pourraient également être évalués lors de tels exercices. »
Si tout cela semble intéressant, la mise en pratique pourrait s’avérer plus compliquée, ont souligné les participants. « Jusqu’à quel point l’enseignant sera-t-il objectif dans son évaluation ? Qui va s’assurer que l’évaluation se fasse dans les meilleures conditions », ont-ils demandé. Une participante est même allée plus loin en évoquant les « préférences » des enseignants pour certains élèves.
Une remarque qui a interpellé le ministre de l’Éducation qui a réagi en se demandant comment cela pourrait être possible. Le Secrétaire de la General Purpose Teachers Union (GPTU) est alors intervenu pour expliquer qu’avec l’existence des leçons particulières, l’enseignant risque de favoriser ceux qui prennent des leçons avec lui. De son côté, Vinod Seegum, de la Government Teachers Union, s’est dit sceptique quant à la volonté des parents d’accepter un tel système.
Plus tôt, il avait défendu les leçons particulières comme un « droit fondamental » et avait laissé entendre qu’en interdisant ces leçons en Std IV, le ministère avait créé une discrimination entre les riches et les pauvres. « Les riches peuvent toujours payer le prof pour venir à domicile alors que le pauvre se voit contraint de rester en classe pour l’enhancement programme. »
Toujours dans le sillage de cette réforme, il est prévu que l’éducation physique et l’art soient inclus comme sujets d’examens. Tout en comptant pour la réussite (certification), ils ne seront toutefois pas pris en considération pour la sélection en vue de l’attribution des collèges nationaux.
Les mathématiques et l’anglais seront les deux matières obligatoires. Pour réussir son CPE, il faudra impérativement obtenir un pass en anglais et maths, plus les deux meilleurs sujets dans un autre groupe, français, science, histoire/géographie, langues asiatiques et kreol ou éducation physique et arts.
Par ailleurs, l’idée d’étendre l’écolage sur neuf ans n’avance pas beaucoup. Même si certains participants se disent en faveur d’un tel système, ce qui éliminerait automatiquement le CPE, rien n’a encore été décidé sur sa mise en application. Dans une déclaration à la presse Vasant Bunwaree a laissé entendre : « J’attends des propositions concrètes sur la manière d’implémenter le nine year schooling. Faut-il ajouter trois années au primaire, continuer à envoyer les enfants au collège ou créer une structure séparée ? J’ai mes idées, mais je ne veux pas les imposer. C’est pour cela que nous avons organisé ces assises afin de donner la chance à tous les partenaires d’exprimer leurs points de vue. »
Il a également annoncé la mise en place d’un comité pour travailler sur la question ainsi que d’autres points soulevés lors de ces assises.