Les Assises de l’enseignement supérieur se sont tenues les 30 et 31 octobre à Ébène. Cette première rencontre du genre avait pour but d’offrir une plateforme de discussions aux partenaires du secteur, afin de mieux planifier l’avenir.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de tutelle, Rajesh Jeetah, a rappelé la vision du gouvernement visant à faire du knowledge sector un pilier de l’économie. Il s’est dit toutefois conscient que la recherche devrait occuper une plus grande place dans ce domaine.
Au cours de ces assises, l’employabilité des jeunes et les problèmes liés à la lenteur de la connexion internet, notamment, ont aussi été abordés. Outre les représentants des différentes universités, des professionnels du secteur privé ainsi que des universitaires étrangers ont aussi participé à cet échange d’idées. Intervenant au cours de cette session, le Professeur Dhanraj Jhurry a souligné le lien entre la recherche, l’innovation et la croissance économique. Il a appelé le secteur privé, les institutions supérieures et le gouvernement à travailler en collaboration afin de développer davantage le potentiel de recherche. Il a cité l’exemple de pays étrangers comme la Finlande où il existe des politiques d’innovations nationales qui permettent de soutenir la croissance et les développements socio-économiques.
S’exprimant sur le même sujet, le professeur Nikos Donos, directeur de la recherche à l’Université de Londres, a parlé des avantages multiples d’une intégration entre les études – incluant la recherche – et les services de santé. Un tel système, a-t-il expliqué, augmenterait l’employabilité des étudiants. Il a cité l’exemple de l’Eastman Dental Institution où l’enseignement, la recherche et la formation sont intégrés.
De son côté, le Dr Sabrina Dyall de l’Université de Maurice a parlé des différentes possibilités de recherche à l’institution. Cependant, a-t-elle souligné, souvent les projets sont limités en raison du manque de fonds, d’infrastructure et d’équipements. Un investissement accru dans ces domaines permettrait davantage de répondre aux besoins de la recherche. Elle est aussi d’avis qu’il faudrait commencer à introduire des notions de recherche au primaire afin de développer cette culture.
Le Dr Suddhoo du Mauritius Research Council a, lui, mis l’accent sur l’importance de l’innovation. Plus que la science ou la technologie, la capacité des chercheurs à innover joue un grand rôle dans ce domaine, a-t-il souligné.
Au cours du premier jour des discussions, les participants s’étaient penchés sur les opportunités pour Maurice avec la globalisation de l’enseignement supérieur. Le ministre Jeetah a émis le souhait d’accueillir jusqu’à 25 000 étudiants étrangers tout en garantissant la qualité de la formation. Toutefois, un obstacle de taille se dresse à la perspective de la globalisation : la lenteur de la connexion internet. Plusieurs professionnels ont souligné cette faiblesse et la nécessité d’y remédier si Maurice veut devenir un knowledge hub. La question de l’employabilité des jeunes et l’écart entre l’université et le monde du travail ont aussi été abordés. Le Professeur Roland Dubois a parlé du Youth Empowerment Programme comme une des initiatives visant à combler ce fossé. Rajesh Jeetah a émis le souhait que ces assises de l’enseignement supérieur deviennent un événement annuel. Aux questions de la presse sur les nombreux scandales ayant secoué le secteur de l’enseignement supérieur cette année et qui pourraient ternir l’image du pays, il a tout simplement répondu qu’il y a des institutions régulatrices qui doivent faire leur travail. Concernant la nomination d’Ashok Kumar Bakshi à la tête de la Tertiary Education Commission, il a répondu que c’est le board de l’institution qui a procédé au recrutement et pas lui. Il s’est dit toutefois satisfait de ce choix malgré les critiques à son égard.