Le verdict est tombé ce matin en Cour d’assises : condamné en 2009 par la première instance à 32 ans de prison pour possession de 285,8 g d’héroïne, Josian Kenneth Fabre avait obtenu un nouveau procès après avoir fait appel de sa condamnation. Contrairement à la première fois, Josian Kenneth Fabre avait cette fois plaidé coupable. Tenant compte de plusieurs facteurs, notamment le retard du procès, le juge Benjamin Marie Joseph a ramené sa condamnation à 15 ans de prison, durée dont seront déduites les sept années qu’il a déjà passées en prison.
Lors de ce deuxième procès, la Cour a en effet pris en considération le point avancé par la défense, à savoir que beaucoup de retard a été accumulé dans le déroulement du procès. Le fait que l’accusé ait cette fois plaidé coupable, exprimé des remords et expliqué les circonstances dans lesquelles il était tombé dans la drogue ont joué en sa faveur. Sa condamnation de 32 ans de prison a ainsi été ramenée à 15 ans. Lors de sa plaidoirie, Me Rama Valayden, son avocat, s’était adressé à la Cour pendant presqu’une heure pour la convaincre que son client – qui, avait-t-il souligné, avait « très peu participé » dans cette affaire de drogue – devrait « avoir une chance ». L’avocat de la défense s’était attardé sur le rôle de Josian Kenneth Fabre dans ce « triangle of drugs ».
Rappelons que Josian Kenneth Fabre a été arrêté par la police le 18 avril 2005 et relâché sous caution le 20 mars 2006. L’acte d’accusation a été logé le 9 août 2007 et le procès a été appelé le 28 février 2008. En 2009, il a été condamné à 32 ans de prison. En avril, le Full Bench de la Cour suprême avait ordonné un nouveau procès après qu’il avait interjeté appel.
Les faits remontent à avril 2005, date à laquelle la douane de l’aéroport SSR reçoit une boîte en provenance d’Afrique du Sud. Celle-ci est destinée à une certaine Jenneth, une Sud-Africaine résidant dans un pensionnat de Grand-Baie. Les officiers décident alors d’ouvrir le colis suspect, qui contient des vêtements. Mais en essayant d’ouvrir les côtés de la boîte, les douaniers tombent sur une enveloppe contenant deux sachets d’héroïne. La police monte alors une opération pour coincer les trafiquants. Le colis est par conséquent livré chez la Sud-Africaine, à Grand-Baie, avant que celle-ci soit arrêtée. Dans sa déclaration, cette dernière indique à la police qu’elle était censée remettre le colis à une autre personne, qui devait l’attendre sur le parking de l’hypermarché Super U, à Grand-Baie. Une autre opération est alors montée pour savoir à qui était destinée la drogue. Et c’est là que la police tombe sur Josian Kenneth Fabre, venu réceptionner le colis. En voyant la police, l’homme a essayé de prendre la fuite mais a vite été rattrapé. Dans sa déposition, Josian Kenneth Fabre avait catégoriquement nié les faits, soutenant qu’il n’était au courant de rien. Mais cette fois, il a plaidé coupable.