À sa sortie de l’hôpital SSRN le vendredi 13 janvier 2006, Avinash Ramgotee avait été informé par la Major Crime Investigation Team qu’il allait être placé en détention car il était le prime suspect dans double meurtre des belles-soeurs Jhurry à Lallmatie. Son homme de loi avait ce jour-là indiqué que son client se présenterait le lundi qui suivait pour les besoins de l’enquête, mais, Avinash Ramgotee devait à son arrivée à la MCIT commencer à relater les événements. Sa déposition a été présentée en Cour d’assises ce matin. Dans sa première version des faits, le suspect avait affirmé que « letan mo pann trouv personn dan lakaz, monn gagn lide kokin ».
Appelé à la barre des témoins ce matin, l’inspecteur Ranjitsingh Jokoo a indiqué que la MCIT était concernée par cette affaire dès qu’elle en a eu connaissance. Le policier avait, le 6 janvier 2006, une première fois rendu visite à l’accusé à l’hôpital de Flacq, ce dernier y était admis car il avait reçu un coup de couteau au ventre. L’inspecteur de la MCIT ne lui avait toutefois pas parlé.
L’inspecteur Jokoo a confirmé à la cour que l’accusé était alors sous surveillance policière et que seuls ses proches étaient autorisés à le voir. L’enquêteur de la MCIT a aussi confirmé que son oncle Rajesh Ramlogun et son épouse lui avaient rendu visite à l’hôpital. Le témoin a également soutenu avoir vu des journaux locaux avec l’accusé lorsqu’il l’avait rendu visite à l’hôpital SSRN, là où il avait été transféré quelques jours après.
L’inspecteur Jokoo a ainsi affirmé que c’est à sa sortie de l’hôpital le vendredi 13 janvier 2006 que la MCIT est allée le voir pour lui parler pour une première fois. L’accusé était accompagné de son homme de loi, qui était alors Me Jim Seetaram, et de ses proches. « We informed him that he would be detained as he was the prime suspect in this murder case. The accused and his barrister were already aware of that », a déclaré l’inspecteur Jokoo. Cependant, a-t-il poursuivi, l’homme de loi de l’accusé avait fait comprendre aux enquêteurs qu’il se présenterait pour les besoins de l’enquête le lundi suivant car, le samedi 14 c’était la fête Sankranti. L’inspecteur a aussi déclaré à la cour que la MCIT était en possession de certaines informations au sujet du suspect, qui avait été vu quittant la maison des Jhurry dans la soirée du 5 janvier 2006.
En arrivant dans les locaux de la MCIT, a indiqué le témoin, l’accusé a commencé à relaté les événements volontairement. Or, selon lui, il était important que les enquêteurs lui expliquent ses droits et enregistrent sa déposition malgré l’absence de son homme de loi. Une copie de cette déposition, soit la première fois que l’accusé a donné des détails sur l’événement, a été produite en Cour. L’accusé avait dans cette première déposition raconté comment il s’est retrouvé dans la maison des Jhurry. Après avoir fait la découverte des deux cadavres, avait-il déclaré, « letan mo pann trouv personn dan lakaz, monn gagn lide kokin ». C’est là que l’accusé a indiqué avoir forcé la porte et fouillé les armoires qui se trouvaient dans la chambre à coucher et dans la salle à manger. Mais selon lui, il n’avait rien trouvé et c’est quelques minutes après qu’il a aperçu son oncle dans la cuisine tenant un couteau. La séance s’est poursuivie avec les témoignages des autres officiers de police qui avaient escorté les cadavres à l’hôpital pour l’autopsie et avaient récupéré des objets pour être envoyés à des fins d’analyses à la FSL. Ces objets ont été présentés pour identification ce matin. Il s’agit des vêtements que portaient les victimes le jour du drame.