Accusé devant les Assises d’avoir importé 1149 grammes d’héroïne le 17 octobre 2006, le Sud-Africain Pieter Goossen a plaidé coupable hier devant la juge Saheeda Peeroo. Il a soutenu qu’il est prêt à témoigner contre d’autres personnes impliquées dans le business. La juge doit rendre sa sentence demain.
S’il a plaidé coupable à l’accusation d’importation de drogue, Pieter Goossen nie être un trafiquant de drogue. La valeur de la drogue saisie s’élève à plus de Rs 11 millions.
Le ministère public, représenté par Me Shakeel Bhoyroo, a appelé huit témoins à la barre. Témoignant pour la poursuite, le Customs Officer Rohan a assuré que personne n’a eu accès à la drogue saisie. L’accusé, dit-il, est arrivé de Johannesburg avec un sac en cuir noir. L’officier devait y découvrir 11 sachets contenant de l’héroïne. Le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) en date du 23 octobre 2006 devait déterminer que la pureté de la drogue était de 68 %, soit 13 fois supérieure à celle sur le marché. Le FSL Officer Beeharry appelé à la barre des témoins a souligné que « la pureté de l’héroïne sur le marché est d’environ 5 % ».
L’inspecteur Seebaluck de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) a déclaré que Pieter Goossen a coopéré avec les autorités. Le Sud-Africain a donné des détails sur les événements et sur sa condition dans son pays. Il raconte qu’il est technicien dans la télécommunication et a deux enfants. Cet homme âgé de 58 ans dit avoir été approché par un Nigérian prénommé Mike, qui lui a proposé de se faire de l’argent facile avec de la drogue. Pieter Goossen soutient qu’il lui a dit qu’il devait réfléchir parce qu’il avait peur. Comme il était au chômage et avait besoin d’argent, il dit avoir accepté la proposition. Mike l’a alors présenté à un autre Nigérian qui répondait au nom de Jackson. Selon le Sud-Africain, c’est Jackson qui serait le chef du business.
Pieter Goossen a également témoigné sous serment pour sa défense. Il a expliqué qu’il a un cancer et a besoin de traitements. En détention préventive depuis environ 63 mois, il a exprimé des remords devant la cour. Il a affirmé qu’il n’avait d’autre alternative à l’époque. Il a imploré la clémence de la Cour pour pouvoir un jour retourner dans son pays.
Me Bhoyroo : Vous êtes conscient des conséquences qu’aurait engendrées cette drogue à la société mauricienne ?
Pieter Goossen : Oui.
Me Bhoyroo : Répondrez-vous présent si l’État a besoin de vous pour témoigner contre d’autres personnes impliquées dans cette affaire ?
Pieter Goossen : Oui.
L’avocat de la poursuite a déclaré que la sentence minimale pour ce genre de cas est de 20 ans de servitude pénale.
Lors de sa plaidoirie sur la sentence, Me Nawshad Malleck, l’avocat du Sud-Africain, a expliqué que son client a coopéré avec la police depuis son arrestation. L’avocat a soutenu que son client a donné des détails et des informations aux autorités. « Il a donné des numéros de téléphones de ses contacts et a participé à un exercice pour coincer les contacts locaux », a souligné l’homme de loi. Il a ajouté que son client est malade et a un casier judiciaire vierge. « Il a également affirmé qu’il sera à la disposition de l’État pour témoigner contre d’autres personnes », affirme l’avocat.
La juge des Assises Saheeda Peeroo a fixé sa sentence pour demain.