Le juge Benjamin Marie-Joseph a tranché hier. Bien qu’ayant plaidé non-coupable de trafic de drogue devant les Assises, l’homme d’affaires Walter Wang Teh a néanmoins été reconnu coupable des faits. Fréderick Philippe Fernandez Gimenez, un coiffeur français qui avait élu domicile à Madagascar, avait, lui, plaidé coupable d’importation de drogue. Leurs avocats feront leur plaidoirie avant que le juge ne prononce sa sentence le 26 septembre.
Les faits remontent au 12 février 2013. Des douaniers de l’aéroport SSR ainsi que des membres de l’ADSU avaient alors interpellé Fréderick Fernandez en provenance de Madagascar avec 278 g d’héroïne, 4,7 g de cocaïne et une tablette de Subutex, le tout pour une valeur marchande de Rs 4 251 000. Questionné par des officiers de l’ADSU, le ressortissant français avait indiqué être venu à Maurice sous les instructions d’un Malgache du nom de Ayed Abdou avant de préciser que son contact local avait pour nom « Jet ».
L’ADSU avait alors mis sur pied une opération de surveillance afin d’interpeller ledit contact lors de la livraison. La transaction s’était déroulée à l’hôtel Voila, à Bagatelle. Le passeur français, qui avait déjà une chambre réservée, aurait ainsi attendu que son contact mauricien arrive sous la supervision de la police. Ce n’est que le lendemain matin qu’une femme de chambre avait remis une enveloppe au passeur, laquelle contenait une somme d’argent et une note qui lui était adressée. Et c’est ainsi qu’en visionnant les images des caméras de surveillance de l’hôtel, les policiers ont réussi à intercepter l’homme d’affaires tentant de placer un colis sous la porte de la chambre du passeur français. Arrêté, Walter Wang Teh a admis avoir importé de la drogue car ayant « des difficultés financières ».
Le ressortissant français a plaidé coupable de deux charges d’importation de drogue alors que Walter Wang Teh avait, lui, plaidé non-coupable de trafic de drogue. Il lui est reproché d’avoir commandité l’importation de drogue par l’intermédiaire du ressortissant français. Fréderick Philippe Fernandez Gimenez a, lui, soutenu dans ses dépositions à l’ADSU qu’il n’a « été qu’un pion qui a été manipulé » car on lui aurait fait croire « qu’on allait l’embaucher dans un salon de coiffure dans un hôtel 5 étoiles à Maurice ».
Dans son jugement rendu hier, le juge Benjamin Marie-Joseph devait confirmer les accusations portées contre les deux accusés, soutenant que Walter Wang Teh avait usé d’un « subterfuge » afin de tenter de dissimuler le fait qu’il importait de la drogue à Maurice. Le juge a reconnu qu’il a « utilisé » le ressortissant français et qu’il avait tout organisé « avec précaution » pour ne pas éveiller les soupçons. Le juge les a ainsi reconnus coupables des faits reprochés. Leurs avocats, Mes Ali Hajee Abdoula et Samad Golamaully, feront leur plaidoirie avant que ne soit prononcée la sentence, le 26 septembre.