Le procès intenté à Jean-Claude Nestor pour trafic de drogue s’est poursuivi aux Assises devant le juge Benjamin Joseph hier. L’avocat de l’accusé et celui de la poursuite ont soumis leur réquisitoire dans lequel ils sont revenus sur les événements entourant l’arrestation de Jean-Claude Nestor.
L’avocat de la poursuite a débuté son réquisitoire en soulignant qu’il y a eu quelques fautes de frappe et quelques omissions dans les transcriptions. Me Bhoyroo à ensuite commencé par affirmer que les témoins appelés à la barre ont prouvé clairement que l’accusé a transporté de la drogue illicitement sur le bateau Glory 1 et que de ce fait il a été prouvé sans doute aucun que l’accusé est un trafiquant de drogue. L’avocat de la poursuite a pris en compte le fait qu’une fouille effectuée dans la cabine de Jean-Claude Nestor n’avait rien donné. Cependant, l’accusé, après quelques questions posées par les officiers en charge de l’enquête, a admis qu’il avait pris de la drogue avec trois ressortissants malgaches pour les donner à Alain Rose. Me Bhoyroo a souligné que l’accusé n’avait pas été mis en garde pour une accusation de trafic de drogue et qu’on ne lui avait pas expliqué ses droits à ce moment vu qu’il n’y avait pas encore de preuves évidentes portées contre lui. Me Bhoyroo a expliqué que c’est après avoir été questionné par l’Enquiring Officer que Jean-Claude Nestor a admis avoir transporté de la drogue sur le bateau et que c’est après avoir été informé de ses droits constitutionnels que l’accusé a décidé de coopérer avec la police et d’accepter la charge retenue contre lui. Pour Me Bhoyroo, le fait que l’accusé ait clairement dit à la police qu’il ne savait pas quelle quantité de drogue se trouvait dans le sac en raphia prouve qu’il connaissait le contenu du sac. L’avocat de la poursuite a renchéri en déclarant que l’accusé ne s’est jamais plaint de maladie ou de fatigue lors de son enquête et que ce n’est que dans sa déposition en Cour qu’il a affirmé avoir été malade le jour de celle-ci. Le fait que l’accusé ait expliqué qu’il avait été oppressé et qu’il avait été forcé à signer car il ne savait pas lire est une fausse allégation que la Cour ne devrait pas prendre en considération, dit-il.
L’avocat de l’accusé, Me Saulick, a pour sa part allégué que son client a subi des mauvais traitements. Il a déclaré que l’enquête menée par les officiers de l’ADSU n’a pas été faite selon les règlements. Me Saulick déplore que l’Enquiring Officer n’ait pas questionné le capitaine du bateau et les 94 membres d’équipage quand ils l’ont inspecté, que la police se soit tout de suite tournée vers l’accusé et que pendant plus de trente minutes elle l’ait oppressé pour qu’il admette sa culpabilité dans cette affaire. Me Saulick a aussi déclaré que son client avait passé quatre jours en mer et qu’il n’a pas eu le temps de se reposer avant d’être questionné par la police. Questionné sur deux jours, il n’aurait reçu à manger et à boire qu’une seule fois. Me Saulick a demandé à la Cour de bien prendre en considération les raisons pour lesquelles les policiers devaient impérativement questionner l’accusé alors qu’il semblait fatigué après son périple en mer. Me Saulick a aussi insisté sur le fait que son client est à son premier délit et qu’il ne connaît pas les procédures d’arrestation, qu’il a été mal guidé par les officiers qui lui auraient ordonné de faire tout ce qu’ils lui demandaient. Me Saulick a aussi déclaré que son client connaissait les moindres recoins du bateau et qu’il serait illogique de sa part de placer le sac en raphia dans le store, au vu et au su de tous les membres d’équipage. L’avocat de la défense a terminé en soulignant que son client n’a pas eu d’éducation, qu’il a été vulnérable face aux policiers et qu’il n’a jamais eu son mot à dire. Après les réquisitoires, le Juge Benjamin Joseph a reporté le jugement à une date ultérieure.