Le travailleur social Eddy Sadien a entamé depuis 6 h hier une grève de la faim avec, en toile de fond, un litige légal concernant un terrain de 485 mètres carrés situé à Tranquebar. Sur ce terrain, obtenu à bail par le Diocèse de Port-Louis de l’État depuis septembre 1987, se trouve un centre communautaire, le Tranquebar Rotary Village Corps, dans lequel l’association culturelle de Tranquebar a élu son siège.
Selon le Diocèse de Port-Louis, l’Association culturelle de Tranquebar, représentée par Eddy Sadien, occupe les lieux « en toute illégalité ». Sur ce terrain a été érigé en 1988 le centre communautaire, le Tranquebar Rotary Village Corps. Le bail obtenu par le Diocèse en 1987 a ainsi été renouvelé en janvier 2014 et expire en juin 2032. Le Diocèse a fait servir à l’Association culturelle de Tranquebar en octobre 2014 une mise en demeure lui donnant un délai de 14 jours afin qu’elle évacue le centre. Eddy Sadien a choisi de répliquer sur le plan légal. Depuis s’ensuit une bataille légale afin que le Diocèse récupère le terrain et le bâtiment en question.
Interrogé ce matin, le vicaire général du Diocèse de Port-Louis, le père Jean-Maurice Labour, a expliqué que c’est le Rotary Club de Port-Louis qui a financé la construction de ce centre communautaire et que Eddy Sadien utiliserait ce centre à des fins qui dépasseraient le cadre du social et de la formation, dont le projet a été initialement conçu au départ, et qu’en sus le travailleur social utiliserait les lieux pour son « profit personnel ».
Toutefois, Eddy Sadien réfute les points du vicaire général en soutenant que le centre est utilisé en faveur du développement communautaire. Il dénonce une « injustice » commise à son égard. « Le Diocèse est dans l’erreur », déclare-t-il. Il confie que le bâtiment a été construit par les habitants de Tranquebar et que le Rotary Club de Port-Louis a fait don de matériaux de construction.
Selon le vicaire général, qui a commenté la grève de la faim, celle-ci n’a pas sa raison d’être étant donné que l’affaire est en Cour. « Cette affaire doit être réglée devant la justice et non pas par une grève de la faim », est d’avis le père Jean-Maurice Labour. Il y voit une tentative d’« influencer » l’opinion de la Cour à travers cette grève. Eddy Sadien estime, pour sa part, être « juste » et conçoit qu’il « ne compte pas se laisser marcher sur les pieds ». Le travailleur social mettra fin à son mouvement de grève vendredi. En attendant, il a adressé une requête au ministère des Terres et du Logement pour suspendre le bail, le temps qu’une « full enquiry » soit initiée par le ministère.