Janine Grant, présidente de l’Association : « Depuis le début de l’année scolaire en janvier, nous attendons toujours la contribution de la National Social Inclusion Foundation (NSIF) »

L’Association d’Alphabétisation de Fatima, qui gère deux écoles à Triolet, lesquelles accueillent quelque 166 jeunes, est dans le doute concernant l’avenir de ses deux écoles. Janine Grant, présidente de l’Association, déplore que « depuis le début de l’année scolaire en janvier, nous attendons toujours la contribution de la National Social Inclusion Foundation (NSIF) ».

Depuis le début du lockdown, les responsables de l’Association de Fatima s’inquiètent pour l’avenir de leurs deux écoles et de leurs 166 élèves, explique Janine Grant dans une correspondance adressée au Mauricien. Cela fait 31 ans que l’Ecole de Fatima accueille des jeunes qui n’ont plus leur place dans les écoles dites formelles. « La mission de l’Association d’alphabétisation de Fatima est de remettre nos élèves en confiance, de leur apprendre à lire, écrire, calculer, développer leurs nombreux talents afin qu’ils aient le goût de l’effort et surtout qu’ils découvrent un métier qui leur permettra d’intégrer le monde du travail. Tout cela leur permet de retrouver leur dignité et de devenir des citoyens mauriciens à part entière », souligne Janine Grant.

Convaincue de cette mission, l’Association de Fatima s’est développée en accueillant de plus en plus d’élèves. En 1996, elle a ouvert une école pré primaire au centre de la Résidence Mère Teresa, à Triolet. Cette école aide les enfants de la cité à mieux s’adapter au cycle primaire et donc à avoir plus de succès à la fin du cycle. De nouvelles classes ont été construites pour accueillir de plus en plus de jeunes.

L’association assure une formation continue de ses éducateurs. « Nous avons modernisé notre enseignement et donc investi dans les nouvelles technologies… Nous pouvons être fiers des centaines de nos anciens élèves qui témoignent de leur réussite au travail et en famille aujourd’hui et qui ont trouvé leur dignité », souligne Janine Grant.

Depuis janvier dernier, l’école de Fatima a sous sa responsabilité 143 jeunes, âgés entre 12 et 18 ans, alors que l’école pré primaire de la Résidence Mère Teresa en accueille 23. L’Association dispose d’un  personnel de 20 enseignants et non-enseignants et bénéficie également de l’aide de 20 bénévoles. « Notre parcours a été long et semé d’écueils. Chemin faisant, nous avons acquis un ‘knowhow’ et une équipe d’enseignants entourée de pédagogues, d’une assistante sociale et d’un psychologue. Nous donnons beaucoup d’importance à l’accompagnement individuel, à l’écoute et à un soutien inconditionnel. Nous avons réussi à parcourir tout ce chemin grâce à une synergie et à une solidarité exceptionnelles depuis ces 31 dernières années : des bénévoles qui s’investissent gratuitement avec tant de générosité et mettent leur connaissance au service de l’Association », explique-t-elle.

“Donner un avenir à des milliers de jeunes Mauriciens”

Afin de faire fonctionner nos deux écoles, poursuit Janine Grant, notre budget annuel est devenu important. « Au départ, nous avons été aidés par plusieurs particuliers et parrains, firmes et groupes hôteliers. Ces dons ont été officialisés à travers le Corporate Social Responsibility (CSR )à partir de 2009 », dit-elle. Depuis 2017, l’Association reçoit l’aide de l’Etat à travers la CSR Foundation, qui est devenue maintenant la National Social Inclusion Foundation (NSIF).  « Nous remercions sincèrement tous ceux qui ont fait confiance à notre cause et qui nous ont ainsi permis de donner un avenir à des milliers de jeunes Mauriciens », affirme Janine Grant.

Toutefois, depuis le début de l’année scolaire en janvier, l’association attend toujours la contribution du NSIF. « Nos projets ont été soumis dans les délais demandés depuis novembre 2019. Au début du mois de mars (soit 4 mois d’attente), nous recevons une correspondance que nos projets sont toujours en considération et que nous recevrons un Interim Allowance pour permettre à l’école de fonctionner. Nous avions 24 heures pour accepter cette offre. Nous le faisons tout de suite. Jusqu’ici, le 15 avril, nous n’avons rien reçu. Les implications sont sérieuses car, depuis janvier, nous devons nous assurer du fonctionnement de l’Ecole, des salaires de 16 membres du personnel enseignant et de quatre non-enseignants et cela pour les mois à venir », explique Janine Grant.

« Nous sommes conscients que les firmes qui nous ont aidés jusqu’ici ne pourront plus le faire dans un avenir proche. Est-ce que la NSI Foundation va honorer leur engagement ? Est-ce que la NSI Foundation va considérer nos projets remis et restés sans réponse depuis fin 2019 ? » se demande la présidente de l’Association d’alphabétisation de Fatima. « Une autre question que nous devons nous poser aujourd’hui est : est-ce que l’Ecole de Fatima, qui s’est occupée de milliers de jeunes depuis 31 ans, aura un avenir après l‘épisode COVID-19 ? », se demande Janine Grant.

Elle observe que l’École de Fatima a tous les ans sur ses registres une liste d’attente de plusieurs dizaines d’élèves. « Ces jeunes se sentent accueillis et compris dans cette structure qui a su adapter ses programmes et ses activités afin de privilégier leur développement intégral. Cette réalité est concrète grâce à nos centaines de jeunes qui peuvent témoigner de leur réussite et de leur contribution à la société. La pandémie de coronavirus remet beaucoup de choses en question mais ne cesse de nous rappeler l’importance de l’entraide, de travailler tous ensemble pour un monde meilleur. Ces valeurs constituent l’ADN de notre Association et nous devons continuer à accueillir nos élèves. L’Association de Fatima a réussi ce challenge grâce au travail de tous ces partenaires motivés par la générosité, le respect et l’amour. Quel sera l’avenir de nos 166 élèves? », conclut-elle.