Après l’adoption du Criminal Code (Amendment) Bill autorisant l’avortement dans certains cas, les compagnies d’assurance ont eu des discussions préliminaires concernant la prise en charge. Même si aucune décision finale n’a été arrêtée, tout laisse croire que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en serait exclue.
Selon les dispositions du Criminal Code (Amendment) Bill, l’avortement sera autorisé dans quatre cas seulement : chez les mineures de moins de 16 ans, en cas de malformations sévères du foetus, en cas de viol et si la santé de la maman est en danger. Ces interventions se feront dans les hôpitaux publics ou dans les cliniques privées agréées. L’Attorney General, Yatin Varma, a indiqué qu’une liste des centres de santé où l’avortement pourrait être pratiqué dans les conditions précitées sera rendue public avant la mise en application de la loi.
Entre temps, des discussions préliminaires au niveau des compagnies d’assurance ont relevé que dans les trois premiers cas, il n’y a aucune maladie et la prise en charge d’une IVG pratiquée dans ces conditions est à exclure, sous les polices actuelles.
Toutefois, les assurances médicales pourraient considérer les cas où la maman est en danger. Sylvain Pascal, responsable de l’Association of Private Health Plans and Administrators, explique : « La maman étant assurée, elle pourrait être éligible d’une prise en charge si l’IVG est pratiquée pour des raisons médicales. »
Ce dernier précise qu’il faudra attendre les règlements du gouvernement à ce sujet pour prendre une décision finale. « Chaque compagnie y travaillera à son niveau. Peut-être que certains modifieront leurs polices d’assurance. Il nous faut attendre la publication des règlements du gouvernement. »
Selon les tarifs pratiqués actuellement, un curetage – qui cache souvent un avortement – coûte entre Rs 15 000 et Rs 20 000 dans une clinique privée. Si cette intervention est déclarée par le médecin comme étant nécessaire en raison d’un problème médical, la prise en charge est assurée.
Par ailleurs, dans les pays comme la France où l’IVG est légale, la prise en charge est assurée à 80 %. Tout laisse croire que tel ne sera pas le cas à Maurice.